Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Economiquement, une sortie de la Grande Bretagne de l’Europe pourrait ne pas créer de bouleversement sur le long terme.   Mais au-delà du débat britannique, l’Europe est placée au pied du mur ...

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Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

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La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.   En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une ...

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Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.   Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.   Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour ...

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Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Face au risque de dislocation de l’Union européenne après le Brexit, les objectifs de la Communauté originelle refont surface.   Le chef de l’Etat relance l’idée d’une harmonisation fiscale, bien plus ...

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La face cachée de la dette d’EDF

La face cachée de la dette d’EDF

La gymnastique comptable permet d’inscrire une partie de la dette dans les fonds propres.   Mais l’endettement réel est plus important qu’il n’apparaît.   Selon le rapport financier semestriel du 30 juin 2015, ...

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Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Pour revenir à la situation de mi-2012, il faudrait que le nombre de chômeurs baisse d’un quart en un an. Impossible, même avec un plan massif pour l’emploi, bien tardif mais ...

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Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme ...

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Economie : et la confiance, bordel ?

Economie : et la confiance, bordel ?

Au moment où la mécanique économique semble pouvoir être relancée, la France se crispe sur de vieux antagonismes entre les salariés et les entreprises qui ont pourtant partie liée.   Le ...

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Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Depuis le temps que les Etats disent vouloir s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, le shadow banking n’a cessé de se développer, offrant de nouvelles opportunités de fraude et ...

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L’Europe a-t-elle un problème avec le Grand Duché ?

L’Europe a-t-elle un problème avec le Grand Duché ?

Après la révélation d’un nouveau fichier d’exilés fiscaux français, belges et allemands au Luxembourg, des questions se posent sur la politique du Grand Duché avant qu’il ait consenti à la ...

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Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.   Ailleurs dans l’Union, l’Europe est ...

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Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Même si la courbe du chômage s’inverse, le recul de l’attractivité de la France pénalise la création d’emplois.   Dommage. C’est lorsque l’Insee fait état de statistiques plutôt encourageantes pour l’économie française ...

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Emmanuel Macron : un bilan encore virtuel pour un ministre de passage

Emmanuel Macron : un bilan encore virtuel pour un ministre de passage

Une carrière fulgurante, des résultats mitigés. Maintenant, Emmanuel Macron va devoir convaincre qu’il peut être un leader politique autrement qu’avec des petites phrases douces et assassines.   Macron président ? Que l’ex-ministre de ...

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Social

La réforme des retraites des fonctionnaires fait partie des programmes de certains candidats à l’élection présidentielle, mais elle a été engagée dès 2003 et fut ensuite poursuivie.

 

Si, comme l’a démontré la primaire de la droite, l’objectif pour le prochain locataire de l’Elysée consiste à alléger le poids de la fonction publique dans la gestion de l’Etat, la réduction du nombre de postes de fonctionnaires est l’une des pistes privilégiées.

 

On l’a vu avec François Fillon, vainqueur de cette primaire : il fixe un objectif de 500.000 postes en moins sur un quinquennat, soit près de 10% des 5,4 millions d’agents publics, fonctionnaires ou titulaires, qui représentent 20% de l’emploi total en France (soit, selon l’OCDE sur la… SUITE

Les périodes pré-électorales sont propices à l’émergence de revendications que les futurs candidats auront à cœur de satisfaire.

 

Bien que leurs dossiers n’interpellent pas directement le gouvernement, les chauffeurs de VTC qui bloquent les aéroports et les autocaristes dans leur récente opération escargot, ouvrent le bal.

 

A l’occasion des fins de mandat, les groupes de pression réfléchissent toujours à réactiver leurs revendications, dans l’espoir que l’équipe sortante au pouvoir sera bienveillante à leur égard pour éviter des conflits qui nuiraient au résultat de leur écurie à la prochaine élection. C’est l’époque des concessions qui n’ont pas été accordées auparavant, des chèques en blanc dont la future équipe supportera le poids, des cadeaux fiscaux qui ponctionnent les caisses de… SUITE

Enjeu politique à l’approche de l’élection présidentielle, le déficit de la Sécurité sociale pose avant tout un problème économique auquel il convient de restituer sa réelle dimension. 

 

En 2016, les pertes de la Sécu ne représentent que 1 à 1,5% des dépenses, selon le périmètre considéré.

 

Que penser d’une communication politique qui, un jour, prône des remises en question radicales pour manifester un engagement sans faille auprès des militants les plus engagés, avant le lendemain d’édulcorer le projet afin de ratisser plus large et rassembler des électeurs bien au-delà d’un noyau dur ? Ce fut celle de François Fillon qui, après avoir voulu se démarquer de ses adversaires à la primaire de la droite sur la base d’une réforme… SUITE

Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.

 

En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une dynamique d’adhésion.

 

Bien qu’un certain nombre de syndicats, CGT et FO en tête, se dressent contre l’adoption de la loi Travail, celle-ci serait pourtant de nature à mettre fin au paradoxe français qui tient au faible taux de syndicalisation en France rapporté à la capacité de mobilisation des fédérations.

 

Peu d’adhésions mais une forte capacité de mobilisation

 

Alors que les accords conventionnels négociés par les syndicats couvrent plus de 90% des salariés, la France est quasiment le pays où le taux de syndicalisation est le plus… SUITE

En contournant Guillaume Pépy pour négocier une sortie de crise avec les syndicats, le gouvernement torpille l’autorité du président de la SNCF pour préparer la libéralisation du chemin de fer à laquelle ces syndicats s’opposent.

Guillaume Pépy peut-il rester à la tête de la SNCF ? De quelle autorité peut-il encore se prévaloir pour faire évoluer l’entreprise après les propos tenus par Manuel Valls, amplifiés par ceux d’Alain Vidalies, secrétaire d’Etat aux transports ?

« M. Pépy ne peut pas avoir de problème avec le gouvernement », a rétorqué le Premier ministre à ceux qui s’étonnaient que le secrétaire d’Etat ait pu concéder aux syndicats de cheminots des dispositions contraires à celles que le patron de la SNCF voulait introduire dans le projet de… SUITE

La loi Travail, même réécrite avec la CFDT, est devenue un marqueur pour les radicaux de la CGT qui veulent exhumer l’esprit de la lutte des classes.

 

Un mois de juin à haut risque se profile pour le gouvernement.

 

Quelle est la stratégie de la CGT avec le blocage de l’économie ? Passons sur le fait que certains responsables de la centrale affirment, pour ne pas se mettre à dos l’opinion publique, qu’ils ne cherchent pas à créer de la gêne pour les Français. Comprendra qui pourra… ! Mais en l’occurrence, le blocage n’est qu’un moyen. Quelle est en réalité l’objectif poursuivi par la confédération ? Le retrait sans condition de la loi Travail, affirme-t-elle après l’avoir décryptée. Mais… SUITE

Même si les préavis de grèves n’ont pas tous le même objet, ils font courir un risque de blocage de l’économie.

 

L’heure n’est plus à la pédagogie, mais à la recherche d’une solution d’apaisement.

 

La contestation sociale s’emballe. Après les grèves tous azimuts lancées à partir de cette semaine dans les transports par la CGT, FO et SUD-Rail, la CFDT et l’UNSA ont décidé à leur tour de déposer des préavis de grève reconductible à partir du 31 mai.

 

Dans le détail, les motifs sont distincts : les deux derniers syndicats cherchent seulement à exercer une pression sur les négociations qui se tiennent actuellement à propos de la future convention collective des cheminots qui concernera aussi bien la… SUITE

La CGT prend la tête d’un mouvement contestataire pour marquer son retour à une ligne dure et défier la CFDT réformiste.

 

Les grèves dans les transports, d’une forte capacité de nuisance avec l’Euro et les prochaines vacances, peuvent être la première étape d’une stratégie à tiroirs.

 

C’est par les transports que certains syndicats, CGT en tête, comptent  allumer la mèche d’un mouvement de grève nationale, dans lequel seraient brassés divers types de revendications et en utilisant la toile de fond de l’Euro de football et des futurs départs en vacances pour accentuer la pression sur le gouvernement. Avec, comme éléments détonateurs, la loi Travail et le court-circuitage du débat parlementaire par le gouvernement pour l’adopter.

 

A neuf… SUITE

François Hollande voulait réformer sur la base de la concertation.

 

Avec le projet de loi Travail, la négociation a eu lieu après la présentation du projet et la menace par Manuel Valls d’un vote bloqué. Tout le contraire.

 

François Hollande, à son arrivée à l’Elysée, voulait construire un mode de gouvernance sur la base de la concertation, quitte à prendre un peu plus de temps pour avancer sur les réformes nécessaires. Mais s’agissant de la loi Travail, alors que beaucoup de temps s’est écoulé depuis le début de son mandat, tout se passe comme si la méthode avait été appliquée à l’envers : avec une concertation après la présentation du projet de texte de loi.

 

Bien sûr,… SUITE

Critiqué à gauche, sur quelle majorité le Premier ministre peut-il s’appuyer pour faire adopter le projet de loi El Khomri qui doit réformer le droit du travail ?

 

Un difficile débat parlementaire se profile… bien tard dans le quinquennat de François Hollande.

 

Manuel Valls voulait « déverrouiller les 35 heures » en 2011, mais c’est une grenade dégoupillée que le Premier ministre vient de lancer dans le débat national avec le projet de loi porté par la ministre Myriam El Khomri, qui doit réformer le droit du travail. Un projet déjà largement critiqué bien qu’il ne sera présenté dans sa forme définitive que le 9 mars par la ministre, et contre lequel une pétition en ligne a déjà été lancée comme… SUITE

La productivité au niveau de la production laitière n’est pas le seul paramètre à considérer, comme le montre une comparaison européenne.

 

Quand le marché mondial se développe, les industriels doivent aussi innover pour consolider leurs marges autrement qu’en rabotant les prix aux éleveurs.

 

Avec l’abandon des quotas laitiers européens depuis le 1er avril 2015, l’économie du lait a été bouleversée en France. Pourtant, l’échéance avait été anticipée. Le fut-elle suffisamment ? La production laitière a fait des efforts pour tenter d’abaisser ses coûts en rationnalisant ses moyens, dans la douleur. Le nombre d’exploitations est tombé de 112.000 en 2002 à 67.500 en 2014 : l’hécatombe de petits éleveurs est énorme.

 

Dans le même temps, le rendement par… SUITE

Faute d’une relance du marché du travail et face à l’allongement de la durée de chômage, l’Unedic supportera à la fin de l’année une dette qui approchera 30 milliards d’euros.

 

Les ténors politiques plaident pour une dégressivité, mais la décision incombe aux partenaires sociaux qui gèrent l’assurance chômage.

 

Après huit années de hausse continue du chômage, le système d’indemnisation des demandeurs d’emploi semble au bout du rouleau. Alors que l’inversion de la courbe promise pour fin 2013 a pris au moins trois années de retard, l’Unedic qui gère l’indemnisation des chômeurs est confrontée à la pire situation financière qu’elle ait connue depuis trente ans, et probablement depuis sa création en 1958.

 

Huit exercices déficitaires d’affilée,… SUITE

Les salariés considèrent les jours de RTT comme un droit acquis, mais ils sont une des conséquences des lois Aubry sur la réduction du temps de travail.

 

Qu’en advient-il en cas de remise en question des 35 heures ?

 

Et les RTT ? Que deviennent-elles avec l’éventuelle remise en question des 35 heures ? La durée de travail hebdomadaire est un aspect du dossier, les implications sur les jours de récupération en sont un autre. Les responsables politiques préfèrent éluder cette question, de sorte que, à travers leurs prises de position, le débat apparaît singulièrement réducteur. Mais elle va se poser, et faire grincer des dents chez les électeurs de droite comme de gauche.

 

Les 35 heures, un dossier avant… SUITE

Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.

 

Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.

 

Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour partie par des fanatiques français, en sont l’intolérable expression.

 

L’ascenseur social est en panne : tout le monde s’accorde sur le constat. Avant de changer de sujet. Comme si, depuis tant d’années que tout le monde en parle sans parvenir à relancer la machine, cette panne était perçue comme une fatalité avec laquelle il faut maintenant composer.

 

Mais on ne peut plus refuser d’en voir les conséquences, surtout après les attentats du 13 novembre qui révèlent la profondeur de la radicalisation d’une certaine jeunesse. Le lien existe,… SUITE

Les enfants sont de plus en plus touchés. Les familles monoparentales et les personnes seules retraitées sont les plus fragiles. Surtout dans les centres des grands pôles urbains.

 

Deux nouveaux pauvres sur trois ont moins de 18 ans.

 

La pauvreté en France se déplace mais elle ne recule pas, selon plusieurs études rendues publiques en 2015. Déjà dans l’enquête sur les revenus fiscaux de 2010, l’institut national de la statistique (Insee) notait que la moitié de la population française disposait d’un niveau de vie en baisse de 0,5% par rapport à 2009. La pauvreté était revenue à son niveau de 1997 et concernait 8,6 millions de personnes, soit 14,1% de la population contre 13,5% en 2009.

 

Rappelons qu’on… SUITE

guerillero

PATRIOTES ? Les électeurs frontistes souhaitent le rétablissement des frontières et des taxes à l'importation. Mais les mêmes, comme consommateurs, choisissent-ils d'eux-mêmes des produits made in France lorsqu'ils ont le choix ? Pas sûr! On pourrait regarder s'ils ne possèdent tous que des voitures françaises, par exemple. Avant de rétablir des taxes qui augmenteront les prix des produits importés et qui, en retour, pénaliseront les exportations, que ces consommateurs qui se disent patriotes commencent par privilégier les marques françaises, sans forcément cadenasser l'Europe ni verrouiller le libre échange.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.
Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.
Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.
Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.
En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.
Mais il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…
Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

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EUROPE: TROIS ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.
Dans l’intervalle, les élections nationales seront des tests déterminants : « En France, l’élection présidentielle sera un référendum sur l’Europe », a commenté l’ex-ministre français de l’Economie en faisant allusion à la percée du Front national dans les sondages.
Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.
Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) , a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions a atteint 1,9% cette année-là pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
L'économie française subit l’une des plus fortes corrections alors que croissance est trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieure de 30% pour l’Allemagne.
On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. Pire: lorsqu’on s’intéresse au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la Banque mondiale. Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.
Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.
Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.
Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).
Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.
Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !
Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

avril 2017
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