Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme ...

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Emmanuel Macron : un bilan encore virtuel pour un ministre de passage

Emmanuel Macron : un bilan encore virtuel pour un ministre de passage

Une carrière fulgurante, des résultats mitigés. Maintenant, Emmanuel Macron va devoir convaincre qu’il peut être un leader politique autrement qu’avec des petites phrases douces et assassines.   Macron président ? Que l’ex-ministre de ...

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Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Depuis le temps que les Etats disent vouloir s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, le shadow banking n’a cessé de se développer, offrant de nouvelles opportunités de fraude et ...

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Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.   Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.   Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour ...

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L’Europe a-t-elle un problème avec le Grand Duché ?

L’Europe a-t-elle un problème avec le Grand Duché ?

Après la révélation d’un nouveau fichier d’exilés fiscaux français, belges et allemands au Luxembourg, des questions se posent sur la politique du Grand Duché avant qu’il ait consenti à la ...

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Economie : et la confiance, bordel ?

Economie : et la confiance, bordel ?

Au moment où la mécanique économique semble pouvoir être relancée, la France se crispe sur de vieux antagonismes entre les salariés et les entreprises qui ont pourtant partie liée.   Le ...

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Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Pour revenir à la situation de mi-2012, il faudrait que le nombre de chômeurs baisse d’un quart en un an. Impossible, même avec un plan massif pour l’emploi, bien tardif mais ...

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Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.   Ailleurs dans l’Union, l’Europe est ...

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La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.   En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une ...

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Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

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Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Face au risque de dislocation de l’Union européenne après le Brexit, les objectifs de la Communauté originelle refont surface.   Le chef de l’Etat relance l’idée d’une harmonisation fiscale, bien plus ...

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Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Economiquement, une sortie de la Grande Bretagne de l’Europe pourrait ne pas créer de bouleversement sur le long terme.   Mais au-delà du débat britannique, l’Europe est placée au pied du mur ...

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Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Même si la courbe du chômage s’inverse, le recul de l’attractivité de la France pénalise la création d’emplois.   Dommage. C’est lorsque l’Insee fait état de statistiques plutôt encourageantes pour l’économie française ...

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La face cachée de la dette d’EDF

La face cachée de la dette d’EDF

La gymnastique comptable permet d’inscrire une partie de la dette dans les fonds propres.   Mais l’endettement réel est plus important qu’il n’apparaît.   Selon le rapport financier semestriel du 30 juin 2015, ...

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Emploi

Même si les autorités de Bruxelles ont voulu être rassurantes, le compte à rebours a commencé pour les eurocrates anglais de l’Union européenne.

 

En officialisant, le 28 mars dernier, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne par une lettre envoyée le lendemain à Bruxelles, Theresa May, le Premier ministre britannique, a déclenché un compte à rebours implacable pour l’avenir des fonctionnaires européens de nationalité anglaise.

 

Car, même si les conditions du divorce vont devoir être négociées pendant au moins deux années, il est évident que la participation de Londres aux travaux des membres de l’Union va vite être réduite à la portion congrue. Jusqu’à disparaître, même si, à ce jour, personne ne peut dire dans quelles conditions… SUITE

Malgré quelques améliorations au cours du dernier trimestre, l’année 2016 s’est terminée avec 17% de plus de chômeurs qu’en juin 2012, au début du mandat de François Hollande.

 

Au vu du nombre de demandeurs d’emplois enregistrés par Pôle emploi  à la fin de l’année 2016 (3,47 millions de personnes sans aucun travail, 5,47 millions en ajoutant les précaires en temps partiels), François Hollande n’aura pas de regret d’avoir renoncé à briguer un deuxième mandat. La promesse n’a pas été tenue.

 

Quant à l’ex-Premier ministre et candidat Manuel Valls, il va avoir bien du mal à revendiquer un bilan auquel il est forcément associé dans la lutte contre le chômage. Depuis juin 2012, début du mandat de François Hollande,… SUITE

Avec l’accumulation des transferts de compétences aux collectivités locales, le débat politique sur la hausse des effectifs de fonctionnaires territoriaux est tronqué.

 

Les fonctionnaires et le poids de la fonction publique en France sont au cœur de ce début de campagne électorale. Mais avant de pointer un doigt inquisiteur sur le nombre de fonctionnaires territoriaux qui sont un élément du débat, il conviendrait que les responsables politiques replacent l’évolution de ces effectifs dans le cadre de la décentralisation, et des transferts de compétences. Car ceux-ci impliquent pour les autorités locales d’adapter le nombre de leurs fonctionnaires aux nouvelles missions assignées aux collectivités territoriales.

 

Tout d’abord, évacuons des éléments à charge qui font florès à droite, qui sont souvent… SUITE

L’administration pèserait trop lourd sur les finances de la France, et pourtant les dépenses semblent incompressibles.

 

Comment se répartissent les personnels concernés dans les trois fonctions publiques, à l’heure où l’on reparle de réductions d’effectifs ?

 

C’est (re)parti ! Avec l’ouverture de la campagne des primaires de droite, la baisse des dépenses de la fonction publique redevient un élément de polémique pour les candidats qui affichent dans leurs programmes des réductions du déficit budgétaire et qui veulent marquer leurs différences avec les politiques de gauche. Il faut « dégraisser le mammouth », selon l’expression maintenant consacrée de l’ancien ministre Claude Allègre – de gauche – et employée sans que l’on ne précise jamais quels effectifs de la fonction publique sont précisément visés.… SUITE

Le projet de remise en cause des RTT chez Bouygues Télécom pourrait avoir valeur de test pour d’autres entreprises.

 

Pour les salariés, ce sont 23 jours de congés par an qui sont en jeu.

 

L’ouverture de négociations chez Bouygues Télécom pour la remise en cause des RTT pose maintes questions, à la fois propres à l’entreprise mais aussi plus largement sur l’évolution du temps de travail en France. Le sujet est récurrent jusqu’au sein du gouvernement lorsque le Premier ministre Manuel Valls estime  qu’une dérogation aux 35 heures « n’est plus une transgression » et que le ministre de l’Economie Emmanuel Macron juge que la réforme du temps de travail signe de facto la fin des 35 heures.

 

Cette… SUITE

L’inflexion de la courbe du chômage qui se profile semble toujours bien fragile lorsqu’on élargit l’analyse des statistiques.

 

Après quatre années marquées par l’espoir longtemps déçu d’une inversion de la courbe du chômage, la promesse semble  se réaliser. Mais c’est avec une loupe qu’on peut aujourd’hui remarquer cette inflexion à travers les statistiques de Pôle emploi.

La tendance a encore besoin d’être confirmée puisque, si la photographie du mois de juillet est plutôt bonne (-0,5% de chômeurs en catégorie A – sans aucune activité – en juillet par rapport à juin), les mauvais chiffres de mai et juin incitent encore à la prudence. Ainsi, sur trois mois, les statistiques sont finalement tout juste stables, avec un recul de seulement… SUITE

Alors que les jeunes profitent le plus de la tendance à l’inversion du chômage, la population des seniors sans emploi commence aussi à en ressentir faiblement les effets.

 

Même timidement, la lutte contre le chômage finit par porter ses fruits. Les jeunes en sont les principaux bénéficiaires, avec un recul de 7,6%sur un an du nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans.

 

Mais avec une érosion de seulement  0,6% du nombre total d’inscrits à Pôle emploi en avril dernier par rapport à mars, l’inversion de la courbe du chômage légèrement perceptible depuis le début 2016 reste encore très fragile : par rapport à avril 2015, le reflux du nombre de chômeurs sur un an n’est encore que… SUITE

Les parlementaires doivent améliorer le projet de loi Travail pour ce qui touche les PME et TPE. L’avenir de l’emploi en dépend.

 

Mais ils vont devoir faire preuve d’un inhabituel pragmatisme.

 

« Mesdames et messieurs les parlementaires, étonnez-nous ! » Au-delà des postures et des manœuvres politiciennes, c’est un gros travail qui les attend pour enrichir le projet de réforme du code du travail sur le volet des PME et TPE, qui sont le parent pauvre de la deuxième mouture du texte défendu le 29 mars par la ministre du Travail Myriam El Khomri devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.

 

Car s’ils devaient échouer à créer de nouvelles conditions de sécurité juridique et à alléger les contraintes… SUITE

François Hollande voulait réformer sur la base de la concertation.

 

Avec le projet de loi Travail, la négociation a eu lieu après la présentation du projet et la menace par Manuel Valls d’un vote bloqué. Tout le contraire.

 

François Hollande, à son arrivée à l’Elysée, voulait construire un mode de gouvernance sur la base de la concertation, quitte à prendre un peu plus de temps pour avancer sur les réformes nécessaires. Mais s’agissant de la loi Travail, alors que beaucoup de temps s’est écoulé depuis le début de son mandat, tout se passe comme si la méthode avait été appliquée à l’envers : avec une concertation après la présentation du projet de texte de loi.

 

Bien sûr,… SUITE

Les retards de paiement seraient responsables de 15.000 faillites de PME par an. C’est une fraude qui perdure et contre laquelle la lutte n’est pas à la hauteur des enjeux. 

 

Peut-être parce que l’Etat est lui-même un mauvais payeur…

 

Les retards de paiement entre les entreprises sont devenus une sorte de sport national en France. C’est pourtant bien une fraude, et l’emploi en pâtit. Une entreprise sur trois en est victime en France. Et les sommes en jeu sont colossales : leur montant avait été évalué en novembre dernier à 15 milliards d’euros par Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie.

 

Plus précisément, si tous les transferts étaient effectués normalement, les trésoreries des PME seraient renflouées de 12 milliards… SUITE

Si une solution émergeait pour renforcer les syndicats tout en développant les accords d’entreprises, les salariés pourraient être défendus au plus près des intérêts des entreprises.

 

L’idée du chèque syndical fait son chemin. Encore faut-il que les négociateurs, directions et syndicats, veuillent valoriser ces accords.

 

Parmi les principes qui structurent le projet de loi El Khomri, rebaptisé en projet de loi Travail et dont la présentation a été reportée, figure l’extension du recours aux accords d’entreprise notamment pour modifier la durée du travail et la rémunération, en vue de la préservation et du développement de l’emploi.  Ce principe  déclenche une levée de boucliers chez les adversaires du projet : ils estiment que les directions des entreprises pourront… SUITE

Critiqué à gauche, sur quelle majorité le Premier ministre peut-il s’appuyer pour faire adopter le projet de loi El Khomri qui doit réformer le droit du travail ?

 

Un difficile débat parlementaire se profile… bien tard dans le quinquennat de François Hollande.

 

Manuel Valls voulait « déverrouiller les 35 heures » en 2011, mais c’est une grenade dégoupillée que le Premier ministre vient de lancer dans le débat national avec le projet de loi porté par la ministre Myriam El Khomri, qui doit réformer le droit du travail. Un projet déjà largement critiqué bien qu’il ne sera présenté dans sa forme définitive que le 9 mars par la ministre, et contre lequel une pétition en ligne a déjà été lancée comme… SUITE

Le nombre des chômeurs de longue durée a triplé en sept ans dans les statistiques de Pôle emploi. Mais en réalité, ils sont encore bien plus nombreux.

 

Cette progression sanctionne l’échec des politiques d’emploi et de formation engagées depuis deux quinquennats.

 

Le droit au travail ? Il est affirmé dans le préambule de la Constitution de 1946 : « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ».

 

Mais c’est un droit inégalement partagé, notamment pour les chômeurs qui aspirent à revenir sur le marché de l’emploi. Et plus la période de chômage s’allonge, plus ils s’éloignent du monde du travail, et plus ce droit devient virtuel.

 

Ainsi, avec le recul, on peut considérer que, depuis… SUITE

Les salariés considèrent les jours de RTT comme un droit acquis, mais ils sont une des conséquences des lois Aubry sur la réduction du temps de travail.

 

Qu’en advient-il en cas de remise en question des 35 heures ?

 

Et les RTT ? Que deviennent-elles avec l’éventuelle remise en question des 35 heures ? La durée de travail hebdomadaire est un aspect du dossier, les implications sur les jours de récupération en sont un autre. Les responsables politiques préfèrent éluder cette question, de sorte que, à travers leurs prises de position, le débat apparaît singulièrement réducteur. Mais elle va se poser, et faire grincer des dents chez les électeurs de droite comme de gauche.

 

Les 35 heures, un dossier avant… SUITE

Les plans d’urgence se succèdent pour faire redémarrer l’emploi en France, mais les changements de cap créent des incertitudes qui n’incitent pas à investir ou embaucher.

 

Le CICE, pierre angulaire d’un redémarrage en 2013, va être transformé en une baisse des charges plus radicale, qui aurait pu intervenir plus tôt.

 

Le louvoiement qui donne l’impression d’hésiter sur le cap à suivre est forcément contre-productif en matière de gouvernement. Dans son plan d’urgence contre le chômage présenté le 18 janvier, François Hollande n’a pas évité cet écueil en annonçant, parmi les mesures retenues, la transformation du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse pérenne des cotisations sociales. Un changement de direction au nom de la… SUITE

guerillero

PATRIOTES ? Les électeurs frontistes souhaitent le rétablissement des frontières et des taxes à l'importation. Mais les mêmes, comme consommateurs, choisissent-ils d'eux-mêmes des produits made in France lorsqu'ils ont le choix ? Pas sûr! On pourrait regarder s'ils ne possèdent tous que des voitures françaises, par exemple. Avant de rétablir des taxes qui augmenteront les prix des produits importés et qui, en retour, pénaliseront les exportations, que ces consommateurs qui se disent patriotes commencent par privilégier les marques françaises, sans forcément cadenasser l'Europe ni verrouiller le libre échange.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.
Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.
Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.
Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.
En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.
Mais il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…
Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

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EUROPE: TROIS ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.
Dans l’intervalle, les élections nationales seront des tests déterminants : « En France, l’élection présidentielle sera un référendum sur l’Europe », a commenté l’ex-ministre français de l’Economie en faisant allusion à la percée du Front national dans les sondages.
Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.
Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) , a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions a atteint 1,9% cette année-là pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
L'économie française subit l’une des plus fortes corrections alors que croissance est trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieure de 30% pour l’Allemagne.
On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. Pire: lorsqu’on s’intéresse au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la Banque mondiale. Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.
Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.
Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.
Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).
Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.
Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !
Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

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