Quand Séguin fustigeait les manquements à la morale en politique

Quand Séguin fustigeait les manquements à la morale en politique

Il y a plus de vingt ans, Philippe Séguin présidait un groupe de travail sur « Politique et argent ». Il dressa une liste de dispositions à prendre contre l’opacité dans le monde ...

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Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Face au risque de dislocation de l’Union européenne après le Brexit, les objectifs de la Communauté originelle refont surface.   Le chef de l’Etat relance l’idée d’une harmonisation fiscale, bien plus ...

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Acculés par le scandale, les parlementaires doivent accepter la transparence

Acculés par le scandale, les parlementaires doivent accepter la transparence

Quelle que soit l’issue judiciaire de l’affaire Fillon, députés et sénateurs vont devoir introduire plus de transparence dans l’exécution de leur mission s’ils veulent reconquérir la confiance des électeurs et ...

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Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Depuis le temps que les Etats disent vouloir s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, le shadow banking n’a cessé de se développer, offrant de nouvelles opportunités de fraude et ...

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Economie : et la confiance, bordel ?

Economie : et la confiance, bordel ?

Au moment où la mécanique économique semble pouvoir être relancée, la France se crispe sur de vieux antagonismes entre les salariés et les entreprises qui ont pourtant partie liée.   Le ...

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Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

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La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.   En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une ...

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Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.   Ailleurs dans l’Union, l’Europe est ...

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Désindustrialisation,  la faute originelle de la mondialisation en Occident

Désindustrialisation, la faute originelle de la mondialisation en Occident

La désindustrialisation est à l’origine de la tentation protectionniste dans les pays anglo-saxons qui ont initié le libre-échange et la mondialisation.   Après le Brexit au Royaume-Uni et l’élection de Donald ...

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La grande vitesse ferroviaire au prix du luxe 

La grande vitesse ferroviaire au prix du luxe 

La SNCF commercialise les billets TGV des nouvelles lignes à grande vitesse sur Bordeaux et Rennes qui seront exploitées à partir de juillet prochain.   Avec des hausses de tarifs importantes, ...

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Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.   Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.   Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour ...

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Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Economiquement, une sortie de la Grande Bretagne de l’Europe pourrait ne pas créer de bouleversement sur le long terme.   Mais au-delà du débat britannique, l’Europe est placée au pied du mur ...

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Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Même si la courbe du chômage s’inverse, le recul de l’attractivité de la France pénalise la création d’emplois.   Dommage. C’est lorsque l’Insee fait état de statistiques plutôt encourageantes pour l’économie française ...

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Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme ...

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Culture

Opéra

"le trouvère". Photo: Guillemette de FosComment Verdi put-il composer un tel chef d’œuvre musical sur un livret aussi invraisemblable et à la limite d’un ridicule d’ailleurs moqué par les Marx Brothers dans leur Nuit à l’opéra ?

Les mélomanes ne s’y sont pas trompés, qui, dès la première du Trouvère (en 1853) applaudirent à sa force musicale et à la magie de ses mélodies, peu leur important le fond de l’affaire.

 

Il trovatore met en scène une histoire d’amour et de vengeance. Il use de ressorts convenus et accumule les improbabilités : un troubadour roucoulant sous les fenêtres de sa belle, un quiproquo nocturne en forme de baiser volé destiné à un autre, la méprise d’une mère jetant au feu le bébé qu’elle… SUITE

Littérature:

 

Sorj Chalandon a le don de faire déborder mon canal lacrymal. Magie de sa sensibilité à fleur de plume, j’ai refermé son dernier livre “Profession du père“ publié chez Grasset les yeux embués et la gorge prise en étau.

 

L’histoire douloureuse qu’il raconte commence dans les années soixante, sur fond d’indépendance de l’Algérie et d’attentat du Petit Clamart.

 

Emile, un garçonnet de douze ans, vit entre une mère soumise et un père fantasque dont les exigences au ludisme abracadabrantesque dépassent souvent les bornes. Il admire ce paternel aux multiples casquettes, qui fut parachutiste, judoka, espion et même conseil particulier du Général de Gaulle. Ce héros de père lui confie des « missions » aussi exaltantes que périlleuses, qui… SUITE

Exposition

 

L’Institut du Monde Arabe sert d’écrin à l’exposition “Osiris, mystères Aspect de l'exposition Osiris. Photo: Guillemette de Fosengloutis de l’Egypte“. Le plus humain des dieux du panthéon égyptien s’est fait bernard-l’hermite dans les méandreux volumes de ce coquillage de verre et d’aluminium.

Osiris ? Le sujet Egypte est du genre rebattu… Et le nombre des pièces présentées à l’IMA (moins de trois cents) s’avère plus que modeste… Mais la plupart proviennent des fonds marins, là est l’intérêt de leur exhibition.

On imagine moins des trésors de l’Egypte antique dégagés des profondeurs maritimes, plutôt que des sables du désert. Et ces œuvres remontées à la surface de l’eau après une immersion multiséculaire nourrissent tous les fantasmes. Aux Mystères d’Osiris s’ajoute l’énigme des cités englouties.

Mystères, vous avez… SUITE

Littérature:

On referme vaguement troublé et ému le livre que Raphaëlle Bacqué a rédigé sur Richard Descoings, le défunt directeur de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, alias Sciences Po.

 

La biographe lève le voile sur le tumultueux parcours d’un personnage au charisme époustouflant que fascinait sa propre perdition tous azimuts. Une mise en danger de soi (et parfois des autres) au plan sanitaire, professionnel et affectif.

 

L’ancien militant d’Aides qui dut toquer trois fois à la porte de l’ENA avant d’y entrer – blessure incicatrisable et rancune indélébile envers les grands corps – fut un aventurier des liaisons dangereuses. Un séducteur trouvant sa jouissance dans la nuit du Marais, un dépressif soumettant l’entourage aux vertiges de ses montagnes… SUITE

Pour qui vient d’achever sa lecture, le scénario de Soumission, le dernier opus de Michel Houellebecq publié chez Flammarion, est moins abracadabrantesque qu’il n’y paraît.

 

C’est évidemment le côté dérangeant de l’ouvrage qui sans cesse oscille entre onirique et concevable – à l’heure où l’extrême droite a le vent en poupe, où l’opposition s’étripe sur le ni-ni, où la violence de certains ose se réclamer de l’islam…

 

Il n’empêche, parti du postulat de l’échec du PS en 2022, l’auteur développe une mécanique horlogère huilée que le lecteur suit jusqu’au bout malgré les provocations (instauration du port du voile), les lacunes (niveau du taux d’abstention) et les invraisemblances (France fille aînée de l’église catholique). Houellebecq ligote dans ses filets… SUITE

Hara Kiri réinventa l’information satirique dans les années 60 et ouvrit la voie à Charlie Hebdo.

 

L’humour est un défi à l’obscurantisme : un demi-siècle après le lancement du premier, le second est devenu la cible d’un terrorisme qui s’attaque à la démocratie.

 

Hara Kiri a été une école autant qu’un repaire pour toute une génération d’irréductibles révoltés et humoristes provocateurs. Il fut à l’origine d’un journalisme impertinent qui ne renonce jamais à s’indigner.

 

Et si les deux pivots de l’aventure furent François Cavanna et Georges Bernier, alias le Professeur Choron, Cabu et Wolinski qui ont tous deux péri dans l’attentat meurtrier au siège de Charlie Hebdo comptaient également parmi les piliers de la bande, avec d’autres qui… SUITE

Par Guillemette de FOS

 

Dérision, distanciation, désolation. C’est un rôle en trois D que tient Michel Houellebecq dans ce film de Gustave Kervern et Benoît Delépine .

 

Un curieux parcours solitaire de looser dont on distingue mal ce qui relève de l’imagination des coscénaristes (qui avaient dirigé Gérard Depardieu dans Mammouth) de ce qui appartient au plus profond à l’auteur des Particules élémentaires. Là est la fascination qui tient le spectateur (plutôt âgé) en haleine jusqu’à la fin (sans surprise) du long métrage.

 

Le script du film Near Death Experience est d’un quotidien devenu banal, hélas. Un quinquagénaire dépressif, éjecté de son entreprise (nommément désignée, elle en prend pour son grade), décide de se supprimer. La réalisation… SUITE

En vingt ans, le nombre d’intermittents du spectacle qui reçoivent des allocations chômage a plus que doublé.

 

La différence de traitement avec les allocations chômage des autres salariés à employeurs multiples s’est creusée.

 

Le problème, avec une dérogation, c’est lorsqu’elle perd son caractère dérogatoire pour se banaliser. Ce qui est le cas du statut des intermittents du spectacle (créé en 1936) et du régime spécifique d’allocations chômage qui lui est associé.

 

Selon le rapport sur les conditions d’emploi dans les métiers artistiques présenté l’an dernier par le député socialiste Jean-Patrick Gille, que Manuel Valls vient de charger d’une mission de médiation, 254.400 personnes étaient enregistrées sous ce statut en 2011. Et 108.600 d’entre elles (58.100 techniciens et… SUITE

 Littérature

Au début, on se dit qu’on ne lira pas jusqu’au bout ce énième ouvrage (publié au Seuil) sur la révélation d’une homosexualité, qu’une auto-thérapie ne fait pas œuvre littéraire et qu’on ne compte pas sur nous pour tirer sur une ambulance devant une telle souffrance mise à nu.

 

Puis à faire défiler les pages de l’ouvrage, on est peu à peu scotché par l’incroyable violence de ce récit autobiographique narrant au quotidien la gestation puis la naissance d’une homophilie dans la France profonde.

 

Un enfantement qui n’est que douleur jusqu’à la délivrance. Une césarienne bien sûr, il faut trancher d’avec l’ascendance.

 

Le livre d’Edouard Louis publié au Seuil raconte par le menu le combat qu’Eddy Bellegueule… SUITE

charlot

Cinema

Vous est-il arrivé d’être importuné par les rires intempestifs de l’assistance au cours d’un spectacle récent ? C’était mon cas lors du film que Guillaume Gallienne a tiré de son histoire personnelle, film intitulé « Guillaume et les garçons, à table ! »

 

Il m’a fallu endurer l’hilarité préventive de ceux qui s’esclaffent avant la chute d’un bon mot, en témoignage bruyant de leur vanité. J’ai dû également subir les gloussements de ceux qui jouent les affranchis en matière de sexe et homosexualité.

 

J’ai enfin souffert enfin des rires de ceux qui suivent le script avec retard ou pire s’alignent sur un expansif voisin de peur qu’on en vienne à douter de leur comprenette. Avec un décalage… SUITE

 Littérature

 

Peut-on sourire de la Grande Guerre ? Oui, si c’est avec Pierre Lemaître. Impossible d’abandonner en rase campagne son dernier ouvrage couronné par le Prix Goncourt 2013 « Au revoir là-haut « .

 

Publié chez Albin Michel le livre se lit d’une seule traite. Il met en scène deux soldats rescapés de la guerre de 14-18 que poursuit un lieutenant fait héros de guerre pour avoir lancé l’ultime attaque avant l’arrêt des hostilités. Il y a là un trio cocasse réuni le temps d’une déflagration d’obus. Mais pas seulement.

 

On est à la fin de la Grande guerre, à une tranchée de l’Armistice. Le roman court de novembre 1918 à l’été 1920. Il y est question d’escroquerie… SUITE

 Littérature

Avec « Les faibles et les forts », son dernier roman publié chez Stock, Judith Perrignon nous embarque pour une croisière black and white peu glorieuse pour la race prétendument supérieure.

 

Ecoutez d’abord la grand-mère noire se raconter, puis sa fille et quatre de leurs cinq enfants-petits enfants (deux filles et trois garçons).

 

Vous n’entendrez pas la petite dernière, elle n’a que deux ans mais sait s’exprimer autrement que par les mots.

 

Ecoutez ces souvenirs croisés comme crachés à voix hautes, des voix qui grondent et pour certaines d’entre elles déjà d’outre-tombe. Pénétrez dans un entrelacs intergénérationnel d’injustices et d’humiliations. Le courant est rude, qui laisse le lecteur lessivé.

On l’a compris, il est question de… SUITE

Exposition

 

C’est jour de Shabbat à Jérusalem.

 

Dès la veille au soir, chœurs joyeux et cris d’enfants se sont tus dans les jardins publics alors que le soleil chauffait encore de ses derniers rayons les murs d’or gris de la ville lumière.


L’étourdissante circulation automobile s’est tarie au pied des remparts ottomans. Le silence s’est installé, presque insolite.

 

Le Musée national d’Israël figure parmi les rares bâtiments à ouvrir ses portes en ce jour de repos du Créateur.

 

L’établissement est situé sur une colline à proximité de la Knesset et de l’Université israélienne. S’y rendre à pied en zigzaguant dans les rues de la Jérusalem moderne à la recherche de l’ombre portée par les néfliers, oliviers… SUITE

 cinema

 

Grâce à l’art lyrique, voilà un film réjouissant sur le troisième âge, le chapitre qui souvent précède la dépendance.

 

Produit et réalisé par Dustin Hoffman, « Quartet » allie gaité, tendresse et humour.

 

La joie de vivre quatre fois personnifiée alors que la vie entame sa fin du chemin. Quartet donne aussi une furieuse envie de se passer en boucle le Rigoletto de Verdi. Comme Maria Callas ressuscita la Mamma morta le temps d’un film poignant, « Philadelphia » de Jonathan Demme.

 

Le scénario de « Quartet » tient à peu de choses. Sous la houlette d’un régisseur colérique qui revêt chaque matin des déshabillés de soie dignes de La cage aux folles, les pensionnaires… SUITE

cinema

 

La mode est au retour du retro dans les salles obscures. Le film muet « The Artist » vient de céder son fauteuil au film en noir et blanc « L’artiste et son modèle »…

 

Ce drame franco-espagnol de Fernando Trueba intéresse moins par son intrigue que par le talent du réalisateur à faire partager sa passion pour le métier de sculpteur.

On est en 1943, en zone libre proche de la frontière espagnole. Un vieux sculpteur de renom mais qui a raccroché ses ciseaux (Jean Rochefort) renoue avec la création grâce à une jeune réfugiée espagnole (Aida Folch) rencontrée par l’intermédiaire de son épouse (Claudia Cardinale).

 

Le film vaut avant tout par sa scène culte,… SUITE

Fessée électorale

FESSEE ELECTORALE - Lors de la réforme constitutionnelle qui instaura le quinquennat avec dans la foulée des élections législatives pour faire concorder les calendriers, les commentateurs politiques soulignaient que les présidents élus pourraient ainsi s'appuyer sur de véritables majorités pour gouverner, la logique électorale devant permettre aux secondes de confirmer le résultat de la première. Pourquoi s'étonner que le phénomène se produise aujourd'hui? Les vieux partis de gouvernement ont fait perdre le goût de la politique aux citoyens, qui ne se mobilisent plus que dans un contexte de dramatisation. D'où la forte abstention, phénomène qu'on relève dans d'autres démocraties. Quant aux citoyens qui remplissent leur devoir civique, ils sanctionnent ces vieux partis, pour les mêmes raisons que les abstentionnistes. Les Français ont mené une révolution dans les urnes. Ceux qui ne l'avaient pas vu venir n'ont pas vocation à diriger un pays avec lequel ils ont perdu le contact. Reste maintenant à rendre aux électeurs le goût de la politique, pour ne pas laisser la démocratie dépérir.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

trou sécu

SECU: SI PROFOND, CE TROU ?

Les Français sont des gros consommateurs de produits et services de santé, mais ils soutiennent la comparaison avec d’autres. Les dépenses de santé calculées par la Banque Mondiale en 2014 ont représenté en France 11,5% du produit intérieur brut (PIB), moins qu’aux Etats Unis et quasiment au même niveau qu’en Allemagne .

Par habitant, les dépenses des Français ont été évaluées cette même année à 4.959 dollars, loin derrière les Suisses, les Norvégiens, les Américains, les Suédois, les Danois, les Néerlandais ou les Allemands. L’énumération est fastidieuse, mais pas inutile : Les Français ne sont pas hors normes, loin s’en faut.

S’il existe une spécificité française, elle se situe au niveau du financement des dépenses de santé. La Cour des Comptes a dressé en septembre dernier un tableau précis pour 2015, en établissant que l’Assurance maladie a couvert 76,8% des 194,6 milliards d’euros des dépenses de soins et de biens médicaux, et les organismes complémentaires intervenant pour 14,1%. Le reste à charge direct des Français n’est plus que de 8,4%. Notons toutefois que les assurances et mutuelles complémentaires étant financées par les assurés eux-mêmes, les ménages prennent en réalité en charge 22,7% des dépenses de santé, hors Sécurité sociale.

Mais leur contribution ne s’arrête pas là. Car parmi les sources de financement de Sécurité sociale dont l’Assurance maladie est un des volets, les cotisations qui ont représenté 63% du total en 2015, sont assurées à 20% par les salariés et à 7% par les non salariés (les employeurs ayant la charge des 72% restant), selon un rapport de la Sécurité sociale de septembre 2016.

C’est donc au total quelque 40% des dépenses de santé qui, par ces différents canaux de financement, incombent aux assurés, sans parler de la part des recettes de CSG qui viennent alimenter les caisses de la Sécu.

Des économies doivent toujours être réalisées, pour alléger les charges aussi bien des entreprises que des ménages. La tendance est amorcée: après avoir atteint 24 milliards en 2010, le déficit du régime général a été réduit à 13,3 milliards d’euros en 2012 et limité à 6,4 milliards en 2015. Certes, les gymnastiques comptables des experts compliquent les comparaisons toujours difficiles à établir dans le labyrinthe des comptes de la Sécu, notamment avec la mise en place en 2016 de la protection universelle maladie.

Malgré tout, si l’on s’en tient aux grandes masses affichées, ce déficit devrait être contenu à 3,4 milliards d’euros en 2016, avant de repasser à 6,3 milliards en 2017. Un déficit auquel il convient d’ajouter le résultat du fonds de solidarité vieillesse, déficitaire lui-même de l’ordre de 3,9 milliards d’euros cette année.

Mais ces déficits doivent être rapportés à l’ensemble des recettes du régime général (471 milliards d’euros en 2016) et des dépenses (477 milliards), hors fonds de solidarité vieillesse (FSV). Ainsi, les pertes pour l’ensemble du régime général devraient être inférieures à 1% des dépenses cette année, et porter sur moins de 1,5% en 2017 comme en 2015 (au lieu de 2,8% en 2013). En intégrant le FSV, les déficits passeraient à 1,5% des dépenses en 2016 et un peu plus de 2% en 2017. Bien sûr, des pertes sont toujours trop lourdes. Mais à ce niveau, des solutions doivent pouvoir être mises en œuvre par des actes de gestion et pas forcément par un bouleversement du système.

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.

Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.

Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.

Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.

En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.

Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

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EUROPE: DEUX ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.

Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.

Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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CHOMAGE: DES SUCCES TROP TARDIFS POUR GOMMER L'ECHEC DU QUINQUENNAT

Au vu du nombre de demandeurs d’emplois enregistrés par Pôle emploi à la fin de l’année 2016 (3,47 millions de personnes sans aucun travail, 5,47 millions en ajoutant les précaires en temps partiels), François Hollande n’aura pas de regret d’avoir renoncé à briguer un deuxième mandat. La promesse n’a pas été tenue. Depuis juin 2012, début du mandat de François Hollande, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucun travail a progressé de 17%, et même de 24% si l’on ajoute les demandeurs précaires qui ne travaillent qu’à temps partiel. En outre, si on entre dans le détail, on s’aperçoit que le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a augmenté de 40% (à cause, entre autres, du recul de l’âge de départ en retraite), et que les demandeurs d’emplois inscrits depuis plus d’un an sont plus nombreux de 43% sur la mandature (et même de… 82% pour les chômeurs de plus de 3 ans, à cause là-aussi du recul de l’âge de départ en retraite). Il est logique dans ces conditions que la durée moyenne d’inscription à Pôle emploi soit passée de 468 jours en juin 2012 à 581 jours à la fin 2016. Tout le contraire d’une réussite.

Pour un président qui avait annoncé que la lutte pour l’emploi serait sa priorité, et considéré que l’inversion de la courbe du chômage serait un marqueur de sa politique, il aurait été très compliqué de briguer à nouveau les suffrages des électeurs, avec la publication de ces résultats en pleine primaires de la gauche et à quelques semaines du début de la campagne officielle.

Certes, l'ex Premier ministre Manuel Valls qui a assumé le bilan de l’action gouvernementale, peut tenter de pointer la baisse du taux de chômage (au sens du Bureau international du travail) redescendu au-dessous des 10%, et même à 9,7% pour la France métropolitaine au troisième trimestre 2016. Car l’économie française crée des emplois (environ 159.000 en 2015 par exemple selon l’Insee) ; mais elle accueille aussi un nombre de jeunes sur le marché travail supérieur au nombre des départs en retraite. Ce qui entraîne une augmentation de la population active. Aussi, même si le nombre d’inscrits à Pôle emploi a connu une hausse en valeur absolue, la proportion par rapport au nombre de personnes au travail a pu reculer un peu.

juin 2017
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