Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Depuis le temps que les Etats disent vouloir s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, le shadow banking n’a cessé de se développer, offrant de nouvelles opportunités de fraude et ...

SUITE

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.   En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une ...

SUITE

Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Economiquement, une sortie de la Grande Bretagne de l’Europe pourrait ne pas créer de bouleversement sur le long terme.   Mais au-delà du débat britannique, l’Europe est placée au pied du mur ...

SUITE

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.   Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.   Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour ...

SUITE

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Même si la courbe du chômage s’inverse, le recul de l’attractivité de la France pénalise la création d’emplois.   Dommage. C’est lorsque l’Insee fait état de statistiques plutôt encourageantes pour l’économie française ...

SUITE

Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Face au risque de dislocation de l’Union européenne après le Brexit, les objectifs de la Communauté originelle refont surface.   Le chef de l’Etat relance l’idée d’une harmonisation fiscale, bien plus ...

SUITE

Désindustrialisation,  la faute originelle de la mondialisation en Occident

Désindustrialisation, la faute originelle de la mondialisation en Occident

La désindustrialisation est à l’origine de la tentation protectionniste dans les pays anglo-saxons qui ont initié le libre-échange et la mondialisation.   Après le Brexit au Royaume-Uni et l’élection de Donald ...

SUITE

Acculés par le scandale, les parlementaires doivent accepter la transparence

Acculés par le scandale, les parlementaires doivent accepter la transparence

Quelle que soit l’issue judiciaire de l’affaire Fillon, députés et sénateurs vont devoir introduire plus de transparence dans l’exécution de leur mission s’ils veulent reconquérir la confiance des électeurs et ...

SUITE

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme ...

SUITE

Economie : et la confiance, bordel ?

Economie : et la confiance, bordel ?

Au moment où la mécanique économique semble pouvoir être relancée, la France se crispe sur de vieux antagonismes entre les salariés et les entreprises qui ont pourtant partie liée.   Le ...

SUITE

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.   Ailleurs dans l’Union, l’Europe est ...

SUITE

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

SUITE

Quand Séguin fustigeait les manquements à la morale en politique

Quand Séguin fustigeait les manquements à la morale en politique

Il y a plus de vingt ans, Philippe Séguin présidait un groupe de travail sur « Politique et argent ». Il dressa une liste de dispositions à prendre contre l’opacité dans le monde ...

SUITE

La grande vitesse ferroviaire au prix du luxe 

La grande vitesse ferroviaire au prix du luxe 

La SNCF commercialise les billets TGV des nouvelles lignes à grande vitesse sur Bordeaux et Rennes qui seront exploitées à partir de juillet prochain.   Avec des hausses de tarifs importantes, ...

SUITE

cuisine

En cuisine

« L’aubergine à midi fondait dans mon assiette/Gorgée d’ail et d’olive dans sa robe violette/Sa chair caméléon exhalait leurs saveurs/Rehaussées de piment pour masquer sa pâleur ».

 

L’aubergine se prête à toutes les préparations, salées comme sucrées (essayez la glace à l’aubergine !). Ce légume tient de l’éponge et du caméléon. Il capte les saveurs et les couleurs qu’on lui propose.

 

Voici une recette toute simple à déguster chaude (à la cuillère !) en cette période… quasi hivernale.

 

Comptez une aubergine par personne. Coupez-la en deux sans l’éplucher dans le sens de la longueur. Incisez sa chair en traçant de nombreuses croix. Faites-les aussi profondes que possible sans entamer la peau.

 

Dans ces incisions, glissez… SUITE

En cuisine 

«Palourdes et spaghettis /S’étaient mis en ménage /Avec ail et persil… /Sous la morsure du feu, /Voilà le coquillage /Qui exsude son iode, /Venant mouiller la nage…/Et ce fut délicieux !»

 

Dans l’équivalent d’un bon demi- verre à moutarde de bonne huile d’olive (et pourquoi pas parfumée au gingembre) ajoutez un hachis généreux de persil et d’ail. Remuez bien. Plus les fiançailles de l’ail et du persil s’éternisent, plus leur alliance s’annonce goûteuse. Le mélange peut donc être préparé le matin pour le repas du soir.

 

Dans un grand fait-tout, faites bouillir de l’eau à peine salée : l’iode des mollusques y pourvoira. Plongez-y les pâtes en pluie et cuisez-les selon leur temps de cuisson habituel.… SUITE

C’est une confiture d’oranges/Aux 5 épices et goût étrange./Achetez vos oranges bio. Et pourquoi pas tout un cageot ?/Mettez la main sur les épices…/Plus il en est, plus c’est délice !

 

Pour 1 kg d’oranges bio, comptez 650 gr de sucre en poudre, soit 40 % du total et sensiblement moins que le fifty/fifty des confitures industrielles. Lavez les oranges et immergez-les entières dans un grand faitout rempli d’eau. Point n’est besoin de la bassine en cuivre de nos grands-mères !

 

Laissez bouillir à petit feu pendant une heure. Une fois les fruits cuits, sortez les du faitout et coupez chacun d’eux en deux pour en éliminer les éventuels pépins.

 

Mixez grossièrement les ½ oranges,… SUITE

Cuisine:

 

Un roquefort de caractère /S’ennuyait ferme au frigidaire./Du chasselas en compotier /Faisait de même, à soupirer…/Avant qu’on célèbre leurs noces /Sur canapé sans creux ni bosses !/Alliant  la finesse de chacun ,  Salé de l’autre, sucré de l’un !

 

Pour confectionner 8  rondelles de roquefort au chasselas (soit une entrée pour 4 personnes), procurez-vous une pâte feuilletée  prête à cuire, une portion de roquefort,  une  belle grappe de raisins chasselas et une briquette de crème fraiche épaisse.

 

Etalez la pâte feuilletée et découpez là en rondelles à même le papier de cuisson (pour qu’elles ne collent pas) à l’aide d’un emporte-pièce. Superposez-les deux par deux pour obtenir des rondelles un peu plus épaisses. Servez… SUITE

Ce matin au marché, sur des filets j’ai flashé. /«Donnez-moi de la limande», ai-je dit à la marchande. /Et pour être originale, l’ai pannée de céréales. /Avant d’être croustillant, l’enrobage fut… bondissant ! /Pour finir dans notre assiette, comme autant de fines paillettes

 

Comptez autant de filets de poisson que vous avez de convives. Merlan, julienne, cabillaud, sole font aussi bien l’affaire que la limande.

 

Dans un magasin Bio, procurez-vous un panel de céréales : lin blond, lin brun (on dit qu’ils absorbent les graisses…), son d’avoine, céréales toastées. Dans un premier bol, cassez 1 ou 2 œufs. Salez légèrement, poivrez généreusement. Dans un autre bol, réunissez à parts égales vos céréales gourmandes… SUITE

 

Cuisine:

 

«Un cabillaud dodu, tout frais sorti de l’onde/S’échoua – c’est saugrenu ! – sur une bouée rose et ronde./Pour ne pas dessécher, prit soin de se parer/D’un crumble à dorer, tout enrichi de cive./Mélange contrasté qu’apprécièrent les convives.»

 

Pour cette recette alliant croustillant et moelleux, saveur iodée et douceur sucrée, prévoyez : – 1 dos de cabillaud bien épais/personne et 1 petite patate douce /personne – des épices : cumin, quatre-épices, ras el hanout (selon les goûts)… de la farine et du beurre – une ou deux échalotes coupées menu, de la cive et de la ciboulette et de l’huile d’olive.

 

Epluchez et coupez les patates douces en rondelles épaisses (au moins une… SUITE

 

Cuisine:

 

Recette de Lemon cake au consommé de fraises.

 

Cet été, un citron rencontra une fraise./Ils se plurent. Leur double acidité mit chacun à son aise… /Décidant de s’unir pour faire dessert commun/S’inventèrent une alliance pour régaler demain/Un peu baba (sans rhum), Lui se fit lemon cake, Elle, d’un nuage de Balsam, nous fit tourner la tête…

 

Pour le gâteau (6-8 personnes), comptez 200 gr de sucre en poudre, 225 gr de farine, ½ à 1 sachet de levure, 12,5 centilitres de lait (c’est meilleur si c’est du lait concentré non sucré), 2 œufs, 175 grammes de beurre ramolli (prenez du beurre demi-sel), 2 citrons bio (jus et zestes), 1 pincée de… SUITE

 

Mieux que les jus de fruits industriels, les fruits frais pressés « maison » !

 

Faire soi-même ses jus de fruits ? On n’y trouve que des avantages! D’abord au plan santé, puisqu’il nous faut consommer « au moins 5 fruits ou légumes par jour »… Ensuite, simplement pressés, les fruits frais conservent intactes leurs saveurs et leurs vitamines. L’absence de sucre ajouté limite le risque d’obésité. Enfin, faire son jus peut être économique lorsqu’on utilise les fruits du compotier qui ne sont plus assez beaux pour être servis en l’état.

 

Première opération pour fabriquer son jus, faire l’acquisition d’une solide centrifugeuse. Choisissez-la assez puissante pour piler de la glace et broyer pommes et carottes, et d’une capacité suffisante pour accueillir les fruits… SUITE

 

Arriver chez des amis avec des fleurs, c’est joli mais un peu banal – voire inopportun quand vos hôtes possèdent un jardin !  Les bonbons chantés par Brel, c’est bien. Mais les confitures maison, c’est mieux !

 

Voici quelques conseils pour vous lancer dans la confection de ce présent original et goûteux.

 

Etape 1. Réunissez les pots, petits et grands, dont vous disposez. On n’en a jamais assez ! Procurez-vous des fruits de saison chez votre marchand de primeurs ou, mieux, allez les cueillir vous-même, alliant le bonheur  champêtre au plaisir culinaire.

 

Etape 2.  Comptez  seulement de 650 à 800 grammes de sucre pour 1 kg de fruits (selon leur propre teneur en sucre et acidité), soit 40 à… SUITE

Fessée électorale

FESSEE ELECTORALE - Lors de la réforme constitutionnelle qui instaura le quinquennat avec dans la foulée des élections législatives pour faire concorder les calendriers, les commentateurs politiques soulignaient que les présidents élus pourraient ainsi s'appuyer sur de véritables majorités pour gouverner, la logique électorale devant permettre aux secondes de confirmer le résultat de la première. Pourquoi s'étonner que le phénomène se produise aujourd'hui? Les vieux partis de gouvernement ont fait perdre le goût de la politique aux citoyens, qui ne se mobilisent plus que dans un contexte de dramatisation. D'où la forte abstention, phénomène qu'on relève dans d'autres démocraties. Quant aux citoyens qui remplissent leur devoir civique, ils sanctionnent ces vieux partis, pour les mêmes raisons que les abstentionnistes. Les Français ont mené une révolution dans les urnes. Ceux qui ne l'avaient pas vu venir n'ont pas vocation à diriger un pays avec lequel ils ont perdu le contact. Reste maintenant à rendre aux électeurs le goût de la politique, pour ne pas laisser la démocratie dépérir.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

trou sécu

SECU: SI PROFOND, CE TROU ?

Les Français sont des gros consommateurs de produits et services de santé, mais ils soutiennent la comparaison avec d’autres. Les dépenses de santé calculées par la Banque Mondiale en 2014 ont représenté en France 11,5% du produit intérieur brut (PIB), moins qu’aux Etats Unis et quasiment au même niveau qu’en Allemagne .

Par habitant, les dépenses des Français ont été évaluées cette même année à 4.959 dollars, loin derrière les Suisses, les Norvégiens, les Américains, les Suédois, les Danois, les Néerlandais ou les Allemands. L’énumération est fastidieuse, mais pas inutile : Les Français ne sont pas hors normes, loin s’en faut.

S’il existe une spécificité française, elle se situe au niveau du financement des dépenses de santé. La Cour des Comptes a dressé en septembre dernier un tableau précis pour 2015, en établissant que l’Assurance maladie a couvert 76,8% des 194,6 milliards d’euros des dépenses de soins et de biens médicaux, et les organismes complémentaires intervenant pour 14,1%. Le reste à charge direct des Français n’est plus que de 8,4%. Notons toutefois que les assurances et mutuelles complémentaires étant financées par les assurés eux-mêmes, les ménages prennent en réalité en charge 22,7% des dépenses de santé, hors Sécurité sociale.

Mais leur contribution ne s’arrête pas là. Car parmi les sources de financement de Sécurité sociale dont l’Assurance maladie est un des volets, les cotisations qui ont représenté 63% du total en 2015, sont assurées à 20% par les salariés et à 7% par les non salariés (les employeurs ayant la charge des 72% restant), selon un rapport de la Sécurité sociale de septembre 2016.

C’est donc au total quelque 40% des dépenses de santé qui, par ces différents canaux de financement, incombent aux assurés, sans parler de la part des recettes de CSG qui viennent alimenter les caisses de la Sécu.

Des économies doivent toujours être réalisées, pour alléger les charges aussi bien des entreprises que des ménages. La tendance est amorcée: après avoir atteint 24 milliards en 2010, le déficit du régime général a été réduit à 13,3 milliards d’euros en 2012 et limité à 6,4 milliards en 2015. Certes, les gymnastiques comptables des experts compliquent les comparaisons toujours difficiles à établir dans le labyrinthe des comptes de la Sécu, notamment avec la mise en place en 2016 de la protection universelle maladie.

Malgré tout, si l’on s’en tient aux grandes masses affichées, ce déficit devrait être contenu à 3,4 milliards d’euros en 2016, avant de repasser à 6,3 milliards en 2017. Un déficit auquel il convient d’ajouter le résultat du fonds de solidarité vieillesse, déficitaire lui-même de l’ordre de 3,9 milliards d’euros cette année.

Mais ces déficits doivent être rapportés à l’ensemble des recettes du régime général (471 milliards d’euros en 2016) et des dépenses (477 milliards), hors fonds de solidarité vieillesse (FSV). Ainsi, les pertes pour l’ensemble du régime général devraient être inférieures à 1% des dépenses cette année, et porter sur moins de 1,5% en 2017 comme en 2015 (au lieu de 2,8% en 2013). En intégrant le FSV, les déficits passeraient à 1,5% des dépenses en 2016 et un peu plus de 2% en 2017. Bien sûr, des pertes sont toujours trop lourdes. Mais à ce niveau, des solutions doivent pouvoir être mises en œuvre par des actes de gestion et pas forcément par un bouleversement du système.

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.

Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.

Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.

Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.

En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.

Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

quadri

EUROPE: DEUX ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.

Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.

Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

DSC_0367

CHOMAGE: DES SUCCES TROP TARDIFS POUR GOMMER L'ECHEC DU QUINQUENNAT

Au vu du nombre de demandeurs d’emplois enregistrés par Pôle emploi à la fin de l’année 2016 (3,47 millions de personnes sans aucun travail, 5,47 millions en ajoutant les précaires en temps partiels), François Hollande n’aura pas de regret d’avoir renoncé à briguer un deuxième mandat. La promesse n’a pas été tenue. Depuis juin 2012, début du mandat de François Hollande, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucun travail a progressé de 17%, et même de 24% si l’on ajoute les demandeurs précaires qui ne travaillent qu’à temps partiel. En outre, si on entre dans le détail, on s’aperçoit que le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a augmenté de 40% (à cause, entre autres, du recul de l’âge de départ en retraite), et que les demandeurs d’emplois inscrits depuis plus d’un an sont plus nombreux de 43% sur la mandature (et même de… 82% pour les chômeurs de plus de 3 ans, à cause là-aussi du recul de l’âge de départ en retraite). Il est logique dans ces conditions que la durée moyenne d’inscription à Pôle emploi soit passée de 468 jours en juin 2012 à 581 jours à la fin 2016. Tout le contraire d’une réussite.

Pour un président qui avait annoncé que la lutte pour l’emploi serait sa priorité, et considéré que l’inversion de la courbe du chômage serait un marqueur de sa politique, il aurait été très compliqué de briguer à nouveau les suffrages des électeurs, avec la publication de ces résultats en pleine primaires de la gauche et à quelques semaines du début de la campagne officielle.

Certes, l'ex Premier ministre Manuel Valls qui a assumé le bilan de l’action gouvernementale, peut tenter de pointer la baisse du taux de chômage (au sens du Bureau international du travail) redescendu au-dessous des 10%, et même à 9,7% pour la France métropolitaine au troisième trimestre 2016. Car l’économie française crée des emplois (environ 159.000 en 2015 par exemple selon l’Insee) ; mais elle accueille aussi un nombre de jeunes sur le marché travail supérieur au nombre des départs en retraite. Ce qui entraîne une augmentation de la population active. Aussi, même si le nombre d’inscrits à Pôle emploi a connu une hausse en valeur absolue, la proportion par rapport au nombre de personnes au travail a pu reculer un peu.

juin 2017
L Ma Me J V S D
« mai    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930