Désindustrialisation,  la faute originelle de la mondialisation en Occident

Désindustrialisation, la faute originelle de la mondialisation en Occident

La désindustrialisation est à l’origine de la tentation protectionniste dans les pays anglo-saxons qui ont initié le libre-échange et la mondialisation.   Après le Brexit au Royaume-Uni et l’élection de Donald ...

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Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

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Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Face au risque de dislocation de l’Union européenne après le Brexit, les objectifs de la Communauté originelle refont surface.   Le chef de l’Etat relance l’idée d’une harmonisation fiscale, bien plus ...

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La grande vitesse ferroviaire au prix du luxe 

La grande vitesse ferroviaire au prix du luxe 

La SNCF commercialise les billets TGV des nouvelles lignes à grande vitesse sur Bordeaux et Rennes qui seront exploitées à partir de juillet prochain.   Avec des hausses de tarifs importantes, ...

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Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Même si la courbe du chômage s’inverse, le recul de l’attractivité de la France pénalise la création d’emplois.   Dommage. C’est lorsque l’Insee fait état de statistiques plutôt encourageantes pour l’économie française ...

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Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme ...

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Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Economiquement, une sortie de la Grande Bretagne de l’Europe pourrait ne pas créer de bouleversement sur le long terme.   Mais au-delà du débat britannique, l’Europe est placée au pied du mur ...

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Quand Séguin fustigeait les manquements à la morale en politique

Quand Séguin fustigeait les manquements à la morale en politique

Il y a plus de vingt ans, Philippe Séguin présidait un groupe de travail sur « Politique et argent ». Il dressa une liste de dispositions à prendre contre l’opacité dans le monde ...

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Economie : et la confiance, bordel ?

Economie : et la confiance, bordel ?

Au moment où la mécanique économique semble pouvoir être relancée, la France se crispe sur de vieux antagonismes entre les salariés et les entreprises qui ont pourtant partie liée.   Le ...

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Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Depuis le temps que les Etats disent vouloir s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, le shadow banking n’a cessé de se développer, offrant de nouvelles opportunités de fraude et ...

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La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.   En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une ...

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Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.   Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.   Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour ...

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Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.   Ailleurs dans l’Union, l’Europe est ...

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Acculés par le scandale, les parlementaires doivent accepter la transparence

Acculés par le scandale, les parlementaires doivent accepter la transparence

Quelle que soit l’issue judiciaire de l’affaire Fillon, députés et sénateurs vont devoir introduire plus de transparence dans l’exécution de leur mission s’ils veulent reconquérir la confiance des électeurs et ...

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Aéronautique

Après un crash, les autorités impliquées cherchent toujours à dégager leur responsabilité pour protéger leurs intérêts économiques.

 

Leur maîtrise de la sécurité constitue un autre enjeu dans le cas d’un risque terroriste. La communication entre en jeu.

 

Dans les enquêtes sur les accidents d’avions, les pouvoirs s’affrontent au moment des conclusions. Plus les informations recueillies pour établir les circonstances d’un crash laissent la place à l’interprétation, plus il est difficile de parvenir à un consensus sur les causes de l’accident. C’est alors le bras de fer.

 

Acte volontaire sur le vol EgyptAir en 1999?

 

Un exemple en est donné avec la disparition du Boeing 767 d’EgyptAir, le 31 octobre 1999 avec 217 personnes à bord,… SUITE

Le Centre national d’études spatiales (CNES) va sortir du tour de table d’Arianespace qui comptera uniquement des industriels, et d’abord la filiale commune à Airbus et Safran.

 

Un vrai pari pour la rénovation de la filière, alors que les enjeux dans l’espace ne peuvent encore s’affranchir de l’investissement de la puissance publique.

 

Lorsque la société Arianespace fut créée en 1980, personne n’aurait imaginé qu’elle ferait un jour un jour la course en tête dans la conquête de l’espace après avoir surclassé ses concurrentes russes et américaines qui, pourtant, avait ouvert la voie.

 

Dès les années 70, Frédéric d’Allest, son premier président, avait pris son bâton de pèlerin pour rallier les capitales européennes au projet porté par le… SUITE

L’aéronautique, qui a doublé son chiffre d’affaires en France en onze ans, devrait proposer 15.000 emplois nouveaux cette année.

 

Grâce au portefeuille de commandes, le secteur offre de nombreux débouchés, le plus souvent qualifiés.

 

L’industrie aéronautique, qui emploie environ 350.000 personnes en France selon le ministère du Travail, fait partie des secteurs industriels qui embauchent. D’après le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS), la profession s’appuie sur un carnet global de commandes qui représente cinq à six années de production.

 

Portées par les succès d’Airbus ainsi que de Dassault Aviation, les quelque 4.000 PME du secteur, sous-traitants et équipementiers, profitent ainsi de l’essor de cette industrie qui travaille à plus de 80% pour… SUITE

Air France et la Lufthansa se plaignent auprès de leurs autorités d’une concurrence déloyale des compagnies du Golfe, mais Paris et Berlin ont d’autres raisons de dérouler le tapis rouge aux Emirats.

 

Notamment à cause de leurs commandes d’Airbus, mais aussi de Rafale. On en parlera au Salon du Bourget !

 

Vaut-il mieux soutenir l’industrie aéronautique, ou le transport aérien ? A priori, on ne voit pas pourquoi, en Europe, il faudrait privilégier l’un de préférence à l’autre. On peut vouloir soutenir Airbus ainsi que Dassault Aviation sans chercher à sonner le glas pour Air France-KLM, Lufthansa, British Airways ou Alitalia.

 

C’est, du moins, l’attitude qui est supposée être celles des gouvernements français, allemand, britannique, italien et des autres,… SUITE

En adoptant pour le groupe le nom de sa filiale Airbus, EADS opère un virage stratégique qui prend en compte les économies dans les budgets de défense.

 

Le rééquilibrage entre les activités civiles et militaires n’est plus un objectif, priorité aux avions commerciaux.

 

Le changement de nom d’EADS représente, pour le groupe européen, un virage stratégique bien plus important que la seule adoption du patronyme de sa filiale dans l’aviation commerciale, Airbus.

 

Certes, on peut considérer qu’Airbus est mondialement plus connu que le sigle de sa maison-mère, ce qui sera censé lui offrir une plus grande visibilité notamment en Bourse. Mais l’argument est bien léger d’autant que pour tout possesseur d’un portefeuille de titres, les valeurs phares… SUITE

 

 La Chine est appelée à devenir un champion de l’aéronautique mondiale qui brisera le duopole entre Boeing et Airbus.

 

Sa stratégie est hyper offensive, mais ses concurrents la ménage compte tenu de l’importance de son marché.

 

 « A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes », dit un proverbe chinois. Pékin, dans l’aéronautique, a su mettre le temps de son côté. Mais si la Chine n’est pas encore un compétiteur face à Airbus et Boeing, personne ne doute que, en matière d’aviation commerciale, elle vienne très vite bousculer le face à face entre les deux géants.

 

Le message de l’espace

 

Depuis 2007, les autorités chinoises ont placé cette industrie parmi les secteurs stratégiques. On le retrouve… SUITE

 

Airbus se garde d’enfoncer son concurrent Boeing dont le dernier avion, le 787, est interdit de vol.

Le recours excessif à des sous-traitants pourrait être à l’origine des déboires de l’américain, ce qui pourrait aussi concerner l’européen.

Au cœur de la problématique, la maîtrise des technologies innovantes.

 

Dans l’affaire du Boeing 787, Airbus demeure silencieux. Pas de déclarations pour gêner le concurrent américain qui, en 2012, lui a pourtant ravi le titre de leader mondial de l’aviation commerciale.

 

Au contraire : après que la FAA, l’autorité aérienne américaine, eut interdit de vol le 16 janvier dernier tous les 787 en exploitation suite à une succession d’incidents, Fabrice Brégier, le président d’Airbus, a souhaité que l’avion américaine revole… SUITE

Le projet de fusion a capoté. En voulant sceller son sort avec celui du groupe européen EADS, le britannique BAE risquait de perdre ses accès au Pentagone. Un véritable virage stratégique.

 

Mais Londres, Paris et Berlin n’ont pas réussi à s’entendre.

 

Le plus intéressant, dans le projet de fusion entre EADS et BAE Systems, c’était peut-être que le Premier ministre britannique David Cameron, plus atlantiste qu’européen, devienne l’avocat de cette fusion auprès notamment du président américain Barak Obama. Il y a en effet beaucoup de conclusions à en tirer.

 

Une série de contentieux entre EADS et Boeing

 

BAE puise environ la moitié de son chiffre d’affaires – réalisé dans l’industrie d’armement -  auprès du Pentagone, au… SUITE

Airbus est devenu un des deux constructeurs mondiaux d’avions commerciaux. Outsider, il est devenu challenger et revendique une position de leader aujourd’hui. Il défie les lois de la pesanteur, mais les problèmes deviennent plus politiques avec la maturité. Troisième et dernier volet.

 

 

L’A320 avait changé le regard du monde aéronautique sur Airbus. D’outsider, l’européen devenait challenger. Le plus dur serait de confirmer ce nouveau statut. En outre, le succès suscite la critique.  Airbus ne fit pas exception à la règle. Des pilotes dénigrèrent les commandes électroniques qui réduisaient leur marge de manœuvre aux commandes. Les chevaliers du ciel n’appréciaient pas de devoir faire une place à l’informatique dans le cockpit. Le nouveau « manche à balai » ne permettait plus… SUITE

Airbus, qui a soufflé l’an dernier ses quarante bougies, reste la plus belle réussite industrielle de l’Europe. La seule, d’ailleurs, à cette échelle. Beaucoup, au départ, n’y croyaient pas. Ce fut une chance pour le groupe. Mais les situations ne sont jamais acquises face à la concurrence sur tous les continents. Deuxième volet.

 

Bizarre animal bicéphale de l’aéronautique européenne à sa création, Airbus s’accroche à son rêve. Franz-Joseph Strauss, ministre-président de Bavière, défend sa cause côté allemand. L’Espagne entre dans le jeu en 1971, modestement toutefois. En 1972, l’A300B effectue son premier vol . Une première étape est atteinte. Tout le travail reste à faire, mais l’aventure est maintenant prise au sérieux, au moins en Europe. A défaut de faire… SUITE

Airbus, qui a soufflé l’an dernier ses quarante bougies, reste la plus belle réussite industrielle de l’Europe. La seule à cette échelle. Beaucoup, au départ, n’y croyaient pas. Ce fut une chance pour le groupe. Mais les situations ne sont jamais acquises quand la concurrence sur tous les continents. Premier volet.

 

Bien sûr, il y a beaucoup de communication dans cette avalanche de contrats moissonnés par Airbus au Salon du Bourget 2011, à la fin juin. Les 730 avions commandés ne le furent pas le temps de la manifestation.  Les marchés étaient déjà conclus, et les contrats tenus sous le coude pour créer l’évènement au moment où les médias du monde entier seraient braqués sur le salon. Encore fallait-il… SUITE

On n’imagine pas que Boeing ou Airbus puisse disparaître, et que l’un des deux se retrouve en situation de monopole face aux compagnies aériennes du monde entier. Face aux enjeux stratégiques, les règles de concurrence sont transgressées.

 

C’est devenu un incontournable de l’été, lorsque le Salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget s’apprête à ouvrir ses portes. Où en est le duel entre Boeing et Airbus ? L’un des deux géants prend-il le meilleur sur l’autre ? Les coups sont rudes pour gagner des contrats et assurer les livraisons. L’an dernier comme en 2009, Airbus a dépassé son rival. L’avionneur européen a livré un peu plus de 500 appareils, réitérant – et même un peu mieux – sa performance de… SUITE

 Derrière le bras de fer sur les subventions entre les Etats-Unis et l’Union européenne, les belligérants défendent l’emploi dans une filière stratégique pour chacun d’eux.

Six ans de bras de fer à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) entre les Etats-Unis et l’Union européenne sur les subventions à l’industrie aéronautique, et une question : quelle incidence le verdict peut-il avoir sur l’emploi chez Airbus et dans toute la filière aéronautique européenne?

Un verdict et deux appels

Les premières conclusions de l’OMC produites le 30 juin dernier sont défavorables à l’Europe : certaines subventions européennes peuvent être considérées comme des aides à l’exportation dont aurait notamment profité l’A380, estime le gendarme du commerce international. Les aides britanniques, allemandes et espagnoles, sont dans le collimateur… SUITE

Fessée électorale

FESSEE ELECTORALE - Lors de la réforme constitutionnelle qui instaura le quinquennat avec dans la foulée des élections législatives pour faire concorder les calendriers, les commentateurs politiques soulignaient que les présidents élus pourraient ainsi s'appuyer sur de véritables majorités pour gouverner, la logique électorale devant permettre aux secondes de confirmer le résultat de la première. Pourquoi s'étonner que le phénomène se produise aujourd'hui? Les vieux partis de gouvernement ont fait perdre le goût de la politique aux citoyens, qui ne se mobilisent plus que dans un contexte de dramatisation. D'où la forte abstention, phénomène qu'on relève dans d'autres démocraties. Quant aux citoyens qui remplissent leur devoir civique, ils sanctionnent ces vieux partis, pour les mêmes raisons que les abstentionnistes. Les Français ont mené une révolution dans les urnes. Ceux qui ne l'avaient pas vu venir n'ont pas vocation à diriger un pays avec lequel ils ont perdu le contact. Reste maintenant à rendre aux électeurs le goût de la politique, pour ne pas laisser la démocratie dépérir.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

trou sécu

SECU: SI PROFOND, CE TROU ?

Les Français sont des gros consommateurs de produits et services de santé, mais ils soutiennent la comparaison avec d’autres. Les dépenses de santé calculées par la Banque Mondiale en 2014 ont représenté en France 11,5% du produit intérieur brut (PIB), moins qu’aux Etats Unis et quasiment au même niveau qu’en Allemagne .

Par habitant, les dépenses des Français ont été évaluées cette même année à 4.959 dollars, loin derrière les Suisses, les Norvégiens, les Américains, les Suédois, les Danois, les Néerlandais ou les Allemands. L’énumération est fastidieuse, mais pas inutile : Les Français ne sont pas hors normes, loin s’en faut.

S’il existe une spécificité française, elle se situe au niveau du financement des dépenses de santé. La Cour des Comptes a dressé en septembre dernier un tableau précis pour 2015, en établissant que l’Assurance maladie a couvert 76,8% des 194,6 milliards d’euros des dépenses de soins et de biens médicaux, et les organismes complémentaires intervenant pour 14,1%. Le reste à charge direct des Français n’est plus que de 8,4%. Notons toutefois que les assurances et mutuelles complémentaires étant financées par les assurés eux-mêmes, les ménages prennent en réalité en charge 22,7% des dépenses de santé, hors Sécurité sociale.

Mais leur contribution ne s’arrête pas là. Car parmi les sources de financement de Sécurité sociale dont l’Assurance maladie est un des volets, les cotisations qui ont représenté 63% du total en 2015, sont assurées à 20% par les salariés et à 7% par les non salariés (les employeurs ayant la charge des 72% restant), selon un rapport de la Sécurité sociale de septembre 2016.

C’est donc au total quelque 40% des dépenses de santé qui, par ces différents canaux de financement, incombent aux assurés, sans parler de la part des recettes de CSG qui viennent alimenter les caisses de la Sécu.

Des économies doivent toujours être réalisées, pour alléger les charges aussi bien des entreprises que des ménages. La tendance est amorcée: après avoir atteint 24 milliards en 2010, le déficit du régime général a été réduit à 13,3 milliards d’euros en 2012 et limité à 6,4 milliards en 2015. Certes, les gymnastiques comptables des experts compliquent les comparaisons toujours difficiles à établir dans le labyrinthe des comptes de la Sécu, notamment avec la mise en place en 2016 de la protection universelle maladie.

Malgré tout, si l’on s’en tient aux grandes masses affichées, ce déficit devrait être contenu à 3,4 milliards d’euros en 2016, avant de repasser à 6,3 milliards en 2017. Un déficit auquel il convient d’ajouter le résultat du fonds de solidarité vieillesse, déficitaire lui-même de l’ordre de 3,9 milliards d’euros cette année.

Mais ces déficits doivent être rapportés à l’ensemble des recettes du régime général (471 milliards d’euros en 2016) et des dépenses (477 milliards), hors fonds de solidarité vieillesse (FSV). Ainsi, les pertes pour l’ensemble du régime général devraient être inférieures à 1% des dépenses cette année, et porter sur moins de 1,5% en 2017 comme en 2015 (au lieu de 2,8% en 2013). En intégrant le FSV, les déficits passeraient à 1,5% des dépenses en 2016 et un peu plus de 2% en 2017. Bien sûr, des pertes sont toujours trop lourdes. Mais à ce niveau, des solutions doivent pouvoir être mises en œuvre par des actes de gestion et pas forcément par un bouleversement du système.

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.

Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.

Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.

Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.

En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.

Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

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EUROPE: DEUX ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.

Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.

Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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CHOMAGE: DES SUCCES TROP TARDIFS POUR GOMMER L'ECHEC DU QUINQUENNAT

Au vu du nombre de demandeurs d’emplois enregistrés par Pôle emploi à la fin de l’année 2016 (3,47 millions de personnes sans aucun travail, 5,47 millions en ajoutant les précaires en temps partiels), François Hollande n’aura pas de regret d’avoir renoncé à briguer un deuxième mandat. La promesse n’a pas été tenue. Depuis juin 2012, début du mandat de François Hollande, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucun travail a progressé de 17%, et même de 24% si l’on ajoute les demandeurs précaires qui ne travaillent qu’à temps partiel. En outre, si on entre dans le détail, on s’aperçoit que le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a augmenté de 40% (à cause, entre autres, du recul de l’âge de départ en retraite), et que les demandeurs d’emplois inscrits depuis plus d’un an sont plus nombreux de 43% sur la mandature (et même de… 82% pour les chômeurs de plus de 3 ans, à cause là-aussi du recul de l’âge de départ en retraite). Il est logique dans ces conditions que la durée moyenne d’inscription à Pôle emploi soit passée de 468 jours en juin 2012 à 581 jours à la fin 2016. Tout le contraire d’une réussite.

Pour un président qui avait annoncé que la lutte pour l’emploi serait sa priorité, et considéré que l’inversion de la courbe du chômage serait un marqueur de sa politique, il aurait été très compliqué de briguer à nouveau les suffrages des électeurs, avec la publication de ces résultats en pleine primaires de la gauche et à quelques semaines du début de la campagne officielle.

Certes, l'ex Premier ministre Manuel Valls qui a assumé le bilan de l’action gouvernementale, peut tenter de pointer la baisse du taux de chômage (au sens du Bureau international du travail) redescendu au-dessous des 10%, et même à 9,7% pour la France métropolitaine au troisième trimestre 2016. Car l’économie française crée des emplois (environ 159.000 en 2015 par exemple selon l’Insee) ; mais elle accueille aussi un nombre de jeunes sur le marché travail supérieur au nombre des départs en retraite. Ce qui entraîne une augmentation de la population active. Aussi, même si le nombre d’inscrits à Pôle emploi a connu une hausse en valeur absolue, la proportion par rapport au nombre de personnes au travail a pu reculer un peu.

juin 2017
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