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A la gare Montparnasse le dimanche 30 juillet, la communication de la SNCF  a fait preuve d’une inefficacité à la hauteur de la vétusté des équipements incriminés.

 

La loi de l’emmerdement maximal. C’est justement au cours du fameux week-end de chassé croisé entre juilletistes et aoutiens, celui au cours duquel la SNCF doit transporter un million de voyageurs sur l’ensemble de ses lignes, qu’une panne d’aiguillage à Vanves au sortir de la gare parisienne de Montparnasse a fait s’écrouler dimanche et jusqu’à lundi toute l’organisation du trafic entre la capitale et tout l’ouest de la France, géré forcément sur le fil du rasoir. Sans parler de l’évacuation d’une partie du hall de la gare suite à la présence d’un sac abandonné que les démineurs ont dû faire exploser. Et d’un intempestif bug informatique. La totale ! Et des trains immobilisés.

 

La vétusté n’est pas une fatalité

Bien sûr, la panne technique est toujours possible, bien que la qualité d’une maintenance ne se mesure pas à la capacité d’une entreprise à entreprendre des réparations, mais plutôt à anticiper les dysfonctionnements pour intervenir avant qu’ils ne se manifestent. La vétusté de l’installation a été invoquée pour expliquer la panne. Ce mois-ci, dans un nouveau rapport remis à direction, des experts ont à nouveau alerté la SNCF sur le sous-dimensionnement des capacités de certains tronçons du réseau pour un trafic devenu trop élevé. Confirmant les mises en garde de la Cour des comptes en février dernier sur la dégradation du réseau en Ile de France, ces experts ont en quelque sorte prédit la panne… qui avait la plus forte probabilité de survenir un jour de fort trafic. On a pu le vérifier.

 

Toutefois, il serait absurde d’incriminer la fatalité. Il appartient aux services techniques de s’assurer que, face à l’évolution du trafic, les équipements en place pourront supporter les sollicitations nouvelles. La polémique récurrente depuis de nombreuses années sur l’entretien du réseau ne va pas manquer de rebondir après le spectaculaire chaos vécu le 30 juillet à la gare Montparnasse par des dizaines de milliers de voyageurs qui pensaient partir l’esprit libre vers leur lieu de vacances. Après les nombreuses perturbations dues par exemple à des problèmes de caténaires comme en décembre dernier sur le réseau de la gare du Nord, expliquer ne suffit plus.

 

Communication et post-vérité

Mais surtout, hormis le problème technique, les naufragés du TGV Atlantique ont tous souligné l’absence d’information en temps réel, et une communication défaillante incapable de gérer une situation imprévue… mais pas forcément imprévisible. Par exemple, alors que les voyageurs qui réservent leurs billets doivent fournir leurs coordonnées et que la panne a été détectée dans la nuit de samedi à dimanche, pourquoi furent-ils si nombreux à se presser sur les quais de la gare ? Pourquoi l les alertes envoyées par la SNCF via des SMS n’ont-elles pas été mieux prises en compte par les passagers ? Ont-elles été transmises à temps ? Les moyens de contact avec la clientèle sont nombreux et, lorsqu’il s’agit de communication commerciale, la SNCF sait les activer.

 

Pourquoi les médias n’ont-ils pas été eux-mêmes alertés en urgence ? Pourquoi les personnels sur place semblèrent-ils si désemparés ? Pourquoi certains voyageurs ont-ils été transférés de Montparnasse à Austerlitz puisque de  toute évidence, dans ce genre de situation, les interconnexions deviennent vite saturées et que la solution de repli s’est vite transformée en cul-de-sac dans une gare de substitution engorgée ?

 

On pourrait multiplier les questions sur les dessous d’une communication qui a minoré la pagaille vécue par les candidats au voyage, et est passée à côté de la crise. Hier lundi, on pouvait lire dans les communiqués de la SNCF que 95% des voyageurs avaient pu effectuer leur trajet, et que seulement dix trains avaient été supprimés, soit seulement le dixième de ceux qui avaient pu partir. Un peu lisse, et un grand saut dans la post-vérité ! C’est faire peu de cas de la journée passée par les familles qui ont erré dans la gare dans l’attente d’une solution qui, pour beaucoup, ne s’est matérialisée que dans la soirée.

 

En outre, la SNCF indique que les clients qui n’ont pu prendre leur train pourront se faire intégralement rembourser, « quelles que soient les règles d’après vente de leurs billets » : dans la mesure où sa responsabilité est engagée, pourrait-on même supposer qu’il en soit autrement ? Et doit-on considérer que ce simple remboursement constitue un dédommagement à la hauteur du préjudice subi ? Plutôt maladroit, pour s’adresser à des voyageurs exaspérés.

 

Plusieurs niveaux de crise et de com’

Pourtant, la SNCF est rompue à l’exercice de la communication de crise. En première ligne face au grand public, elle est obligée de faire face à tous les aléas qui peuvent perturber ses services, les incidents mineurs du quotidien comme les accidents graves. Des formations sont théoriquement délivrées pour que les personnels confrontés à une situation de crise ne se trouvent pas démunis lorsqu’elle survient, avant même que services spécialisés prennent le relais. Mais pour communiquer sur une situation, il faut déjà l’identifier et savoir l’évaluer pour déclencher un processus de crise. A Montparnasse, les procédures n’ont pas fonctionné.

 

En cas d’accident dramatique comme à Brétigny sur Orge en juillet 2013, la réaction est immédiate. Toute la SNCF se mobilise, direction générale en tête, pour alerter, expliquer, circonscrire les conditions du drame et éviter une stigmatisation de l’ensemble de la société. A cette occasion, on a vu Guillaume Pépy, président, intervenir sur tous les médias pour manifester la réactivité de l’entreprise face à cette situation, sans l’exonérer de sa responsabilité. On a pu parler alors d’une communication de crise à la hauteur du drame.

 

L’image et la réalité

Heureusement, aucune victime n’est à déplorer dans l’épisode de la pagaille à la gare Montparnasse. C’est peut-être la raison pour laquelle les ressorts de la communication de crise n’ont pas fonctionné, comme si la SNCF souhaitait avant tout minorer les défaillances techniques et les conséquences qu’elles peuvent engendrer. Car les dysfonctionnements causent des retards de plus en plus fréquents qui nuisent à son image. La ponctualité s’est dégradé en 2016, a reconnu Guillaume Pépy. Et pour les seuls TGV, la SNCF annonce un retard pour quatre trains en mai dernier. Soit 20% de trains en retard.

 

Dans ces conditions et pour préserver l’image au moment de l’ouverture de deux lignes nouvelles à grandes vitesse (vers l’ouest et le sud-ouest), il ne serait pas forcément opportun pour l’entreprise d’en rajouter sur les retards. D’où une possible minoration des incidents. Surtout si, à l’origine, les conséquences potentielles ont été sous-estimées, entrainant une accumulation de dérapages dont la gravité n’avait pas été anticipée.

 

C’est peut-être ce qui a pu se passer au poste d’aiguillage de Vanves, à un point particulièrement sollicité du réseau parisien. Ce qui n’explique ni ne justifie que le public ne soit pas tenu informé alors que la SNCF se targue de développer tous les nouveaux médias à sa disposition… pour améliorer, précisément, l’information.

 

Enfin, la nouvelle structure de la société n’est peut-être pas étrangère au bug de communication. Une société SNCF Réseau est en charges des voies et des équipements, une autre SNCF Mobilités fait rouler les trains – les deux étant chapeautées par une holding. Dans le dysfonctionnement de dimanche, le pilotage de l’aiguillage est de la compétence de l’une, la gestion des trains et des voyageurs de l’autre. On peut supposer que la transmission entre les deux entités n’a pas été optimale en la circonstance. Cela même si la coordination est en théorie prévue par un avis de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) qui prévoit une articulation des missions dans la gestion des situations de crise.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

 

 

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Fessée électorale

FESSEE ELECTORALE - Lors de la réforme constitutionnelle qui instaura le quinquennat avec dans la foulée des élections législatives pour faire concorder les calendriers, les commentateurs politiques soulignaient que les présidents élus pourraient ainsi s'appuyer sur de véritables majorités pour gouverner, la logique électorale devant permettre aux secondes de confirmer le résultat de la première. Pourquoi s'étonner que le phénomène se produise aujourd'hui? Les vieux partis de gouvernement ont fait perdre le goût de la politique aux citoyens, qui ne se mobilisent plus que dans un contexte de dramatisation. D'où la forte abstention, phénomène qu'on relève dans d'autres démocraties. Quant aux citoyens qui remplissent leur devoir civique, ils sanctionnent ces vieux partis, pour les mêmes raisons que les abstentionnistes. Les Français ont mené une révolution dans les urnes. Ceux qui ne l'avaient pas vu venir n'ont pas vocation à diriger un pays avec lequel ils ont perdu le contact. Reste maintenant à rendre aux électeurs le goût de la politique, pour ne pas laisser la démocratie dépérir.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

trou sécu

SECU: SI PROFOND, CE TROU ?

Les Français sont des gros consommateurs de produits et services de santé, mais ils soutiennent la comparaison avec d’autres. Les dépenses de santé calculées par la Banque Mondiale en 2014 ont représenté en France 11,5% du produit intérieur brut (PIB), moins qu’aux Etats Unis et quasiment au même niveau qu’en Allemagne .

Par habitant, les dépenses des Français ont été évaluées cette même année à 4.959 dollars, loin derrière les Suisses, les Norvégiens, les Américains, les Suédois, les Danois, les Néerlandais ou les Allemands. L’énumération est fastidieuse, mais pas inutile : Les Français ne sont pas hors normes, loin s’en faut.

S’il existe une spécificité française, elle se situe au niveau du financement des dépenses de santé. La Cour des Comptes a dressé en septembre dernier un tableau précis pour 2015, en établissant que l’Assurance maladie a couvert 76,8% des 194,6 milliards d’euros des dépenses de soins et de biens médicaux, et les organismes complémentaires intervenant pour 14,1%. Le reste à charge direct des Français n’est plus que de 8,4%. Notons toutefois que les assurances et mutuelles complémentaires étant financées par les assurés eux-mêmes, les ménages prennent en réalité en charge 22,7% des dépenses de santé, hors Sécurité sociale.

Mais leur contribution ne s’arrête pas là. Car parmi les sources de financement de Sécurité sociale dont l’Assurance maladie est un des volets, les cotisations qui ont représenté 63% du total en 2015, sont assurées à 20% par les salariés et à 7% par les non salariés (les employeurs ayant la charge des 72% restant), selon un rapport de la Sécurité sociale de septembre 2016.

C’est donc au total quelque 40% des dépenses de santé qui, par ces différents canaux de financement, incombent aux assurés, sans parler de la part des recettes de CSG qui viennent alimenter les caisses de la Sécu.

Des économies doivent toujours être réalisées, pour alléger les charges aussi bien des entreprises que des ménages. La tendance est amorcée: après avoir atteint 24 milliards en 2010, le déficit du régime général a été réduit à 13,3 milliards d’euros en 2012 et limité à 6,4 milliards en 2015. Certes, les gymnastiques comptables des experts compliquent les comparaisons toujours difficiles à établir dans le labyrinthe des comptes de la Sécu, notamment avec la mise en place en 2016 de la protection universelle maladie.

Malgré tout, si l’on s’en tient aux grandes masses affichées, ce déficit devrait être contenu à 3,4 milliards d’euros en 2016, avant de repasser à 6,3 milliards en 2017. Un déficit auquel il convient d’ajouter le résultat du fonds de solidarité vieillesse, déficitaire lui-même de l’ordre de 3,9 milliards d’euros cette année.

Mais ces déficits doivent être rapportés à l’ensemble des recettes du régime général (471 milliards d’euros en 2016) et des dépenses (477 milliards), hors fonds de solidarité vieillesse (FSV). Ainsi, les pertes pour l’ensemble du régime général devraient être inférieures à 1% des dépenses cette année, et porter sur moins de 1,5% en 2017 comme en 2015 (au lieu de 2,8% en 2013). En intégrant le FSV, les déficits passeraient à 1,5% des dépenses en 2016 et un peu plus de 2% en 2017. Bien sûr, des pertes sont toujours trop lourdes. Mais à ce niveau, des solutions doivent pouvoir être mises en œuvre par des actes de gestion et pas forcément par un bouleversement du système.

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.

Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.

Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.

Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.

En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.

Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

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EUROPE: DEUX ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.

Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.

Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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CHOMAGE: DES SUCCES TROP TARDIFS POUR GOMMER L'ECHEC DU QUINQUENNAT

Au vu du nombre de demandeurs d’emplois enregistrés par Pôle emploi à la fin de l’année 2016 (3,47 millions de personnes sans aucun travail, 5,47 millions en ajoutant les précaires en temps partiels), François Hollande n’aura pas de regret d’avoir renoncé à briguer un deuxième mandat. La promesse n’a pas été tenue. Depuis juin 2012, début du mandat de François Hollande, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucun travail a progressé de 17%, et même de 24% si l’on ajoute les demandeurs précaires qui ne travaillent qu’à temps partiel. En outre, si on entre dans le détail, on s’aperçoit que le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a augmenté de 40% (à cause, entre autres, du recul de l’âge de départ en retraite), et que les demandeurs d’emplois inscrits depuis plus d’un an sont plus nombreux de 43% sur la mandature (et même de… 82% pour les chômeurs de plus de 3 ans, à cause là-aussi du recul de l’âge de départ en retraite). Il est logique dans ces conditions que la durée moyenne d’inscription à Pôle emploi soit passée de 468 jours en juin 2012 à 581 jours à la fin 2016. Tout le contraire d’une réussite.

Pour un président qui avait annoncé que la lutte pour l’emploi serait sa priorité, et considéré que l’inversion de la courbe du chômage serait un marqueur de sa politique, il aurait été très compliqué de briguer à nouveau les suffrages des électeurs, avec la publication de ces résultats en pleine primaires de la gauche et à quelques semaines du début de la campagne officielle.

Certes, l'ex Premier ministre Manuel Valls qui a assumé le bilan de l’action gouvernementale, peut tenter de pointer la baisse du taux de chômage (au sens du Bureau international du travail) redescendu au-dessous des 10%, et même à 9,7% pour la France métropolitaine au troisième trimestre 2016. Car l’économie française crée des emplois (environ 159.000 en 2015 par exemple selon l’Insee) ; mais elle accueille aussi un nombre de jeunes sur le marché travail supérieur au nombre des départs en retraite. Ce qui entraîne une augmentation de la population active. Aussi, même si le nombre d’inscrits à Pôle emploi a connu une hausse en valeur absolue, la proportion par rapport au nombre de personnes au travail a pu reculer un peu.

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