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L’entreprise dispose de huit semaines pour fixer un plan d’action afin que l’information des voyageurs permette d’éviter qu’une pagaille comme celle du 30 juillet à la gare Montparnasse ne se reproduise.

 

Les naufragés du TGV en gare de Montparnasse le 30 juillet ne le savaient peut-être pas, mais la SNCF mène depuis 2014 un « programme d’amélioration de la qualité de l’information en situation perturbée », indique le rapport établi après la panne au poste d’aiguillage de Vanves du 29 juillet. Bonne nouvelle ! Car compte tenu de la pagaille à laquelle ils ont été confrontés ce jour-là par manque d’information, ces voyageurs n’auraient pas pu le deviner.

 

Une qualité inaccessible?

 

Le rapport en question, réclamé en urgence par la ministre des Transports Elisabeth Borne et rendu public, joue carte sur table, sans tenter d’occulter l’importance du problème : « L’information voyageur constitue le plus grand motif de mécontentement des voyageurs pendant la journée de dimanche et les premières heures de la journée de lundi. A ce moment, l’absence de fiabilité et de robustesse du plan de transport– établi dans l’urgence extrême – rend impossible une information de qualité », peut-on lire. Informations « imprécises », voire « contradictoires » : c’est l’heure des comptes.

 

Le préjudice causé à des milliers de voyageurs imposait la transparence. Elle permet de pointer, entre autres causes, « des décisions d’adaptation très tardives », « l’absence d’une base de données unique de production pour la gestionde l’ensemble de l’information voyageur » et « des technologies anciennes non adaptéesà ces situations dégradées ». Le constat est lourd.

 

Au moins la SNCF sait-elle maintenant dans quelle direction travailler pour améliorer l’information de ses clients lorsqu’un incident survient, pour éviter l’empilement de situations incontrôlées dans l’assistance aux voyageurs.  Là où le bât blesse, c’est qu’un programme qui devait régler ces questions est engagé depuis trois ans. Et il n’a pas permis d’éviter le fiasco du 30 juillet. Un programme pour rien ?

 

Un besoin déjà identifié

 

Pourtant, la SNCF n’est pas une start-up qui ferait ses premiers pas dans les transports et essuierait ses premiers plâtres dans l’information au public. Elle transporte près de  5 millions de voyageurs chaque jour. Et sur le réseau des TER comme sur le réseau des TGV, l’entreprise est tenue d’informer ses clients de tout dysfonctionnement ou décalage horaire dans ses services. On devrait donc pouvoir lui faire crédit d’une certaine expérience dans l’information des voyageurs. L’épisode de Montparnasse a montré que ce n’était pas le cas.

 

Le problème, c’est que la défaillance de communication ici soulevée fait écho à l’autocritique de la direction de la SNCF après qu’un rapport d’audit remis en juillet eut souligné une érosion des compétences à l’intérieur de l’entreprise. Les conclusions sont graves, la culture cheminote est prise en défaut. L’information fait manifestement partie des secteurs qui vont devoir se remettre en question.

 

D’autant que des lacunes ont souvent été dénoncées par des usagers des TER exaspérés par l’explication basique de « défaillance technique » lorsqu’un train a du retard ou est annulé. Et l’image de ponctualité des TGV et trains Intercités s’est tellement dégradée (4 TGV à l’heure pour 1 TGV en retard en juin dernier) que la SNCF s’est sentie obligée depuis décembre dernier de mieux indemniser les voyageurs pénalisés, dans le cadre de sa garantie 30 minutes. Toutefois dans ce genre de situation, l’information des voyageurs ne doit pas être négligée non plus, par respect pour les clients qui paient leur billet.

 

Il était donc logique que l’entreprise mettent les bouchées doubles pour identifier les besoins se doter des moyens adaptés pour y répondre, afin d’être  en capacité de délivrer des indications fiables en temps réel. C’est pourquoi, depuis trois ans et même plus, elle travaille sur un programme d’amélioration. Tel était l’objectif. Il existe d’ailleurs aujourd’hui un site d’info-trafic , en temps réel précisément.

 

Mais à la lecture du rapport, on déchante. Des incongruités, notamment, persistent. Ainsi, « l’alimentation interne du site voyages-sncf.com et celle de l’application mobile SNCF sont différentes et créent des incohérences en cas de perturbation majeure », indique-t-il. Ce qui corrobore les critiques émises sur l’absence d’une base de données unique pour gérer l’information voyageur.

 

Rappel à l’ordre et ultimatum

 

Dans ces conditions, il ne suffit plus de se satisfaire de la perspective de programmes d’optimisation qui tardent à devenir opérationnels. Le ton du rapport ne laisse subsister aucune équivoque. Une des recommandations préconise « de lancer sans délai une expertise contradictoiresur la progression de ce programme, et l’évaluation de ses résultats ». Ce rappel à l’ordre sur la qualité du travail réalisé est assez explicite, et l’expertise contradictoire laisse entendre qu’un lien de confiance s’est brisé entre les responsables du programme et la direction de la SNCF qui réclame des résultats en appelant à « des accélérations possibles des actions ».

 

L’heure des tergiversations est passée : une mission est d’ores et déjà lancée, qui doit « aboutir sous huit semaines ».  Avec une date couperet : « Les actions proposées par l’expertise devront être toutes lancées avant fin novembre ». Sans présumer de celles qui pourront être lancées sans délai, et avant même cette échéance. Un véritable ultimatum pour les directions concernées !

 

Clouée au pilori par les 55.000 clients victimes de la panne, la direction de la SNCF qui s’appuie pourtant sur une importante direction de la communication veut montrer que la fermeté de sa réaction sera à la hauteur du préjudice subi, pour corriger le déficit d’image que ce genre de mésaventure peut engendrer. Plus question de s’endormir sur des lauriers. Et pour le président Guillaume Pépy, à la tête à la fois du groupe SNCF et de SNCF Mobilités en charge du transport, il s’agit d’un vrai défi à relever vis-à-vis de sa tutelle au gouvernement.

 

A l’origine, un problème technique

 

Toutefois, l’information ne doit pas être le bouc émissaire pour expliquer la pagaille du 30 juillet. D’ailleurs, sur les neuf recommandations émises pour éviter que ce genre de situation ne se renouvelle, une seule porte sur l’information, les huit autres concernent des aspects techniques. Mais alors que l’information est traitée sur un ton relativement comminatoire, les parties techniques font l’objet de considérations plus factuelles.

 

Rappelons malgré tout qu’à l’origine de cette situation, il y a une panne « liée à un défaut d’isolement électrique consécutif à un câblage opéré trois semaines auparavant », précise le rapport. Et c’est bien « la fiabilité du poste de signalisation de Vanves (qui) a été impactée par les travaux réalisés à l’occasion des mises en service des nouvelles LGV », avec la mise en service des deux lignes nouvelles à grande vitesse vers Bordeaux et Rennes, le 2 juillet 2017. Guillaume Pépy en est convenu lorsqu’il a fait état de ses regrets pour le préjudice subi par les voyageurs.

 

Le rapport pointe d’ailleurs la nécessité de développer « la maintenance prédictive permettant d’anticiper les incidents de signalisation par analyse avant qu’ils ne surviennent », et préconise « d’intégrer dans le programme de construction des postes d’aiguillage du futur », comme si les équipements actuels n’étaient pas dimensionnés pour accueillir les nouveaux services sur l’Aquitaine et la Bretagne.

 

Certes, il ne s’agit pas de dédouaner l’information : avec une communication de crise adaptée, les flux de voyageurs auraient pu être mieux canalisés. Mais l’origine du dysfonctionnement qui a déclenché la pagaille est technique, posant la question de l’adéquation des programmes d’investissement dédiés à la grande vitesse et aux équipements qui en découlent pour absorber la surcharge.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

 

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Fessée électorale

FESSEE ELECTORALE - Lors de la réforme constitutionnelle qui instaura le quinquennat avec dans la foulée des élections législatives pour faire concorder les calendriers, les commentateurs politiques soulignaient que les présidents élus pourraient ainsi s'appuyer sur de véritables majorités pour gouverner, la logique électorale devant permettre aux secondes de confirmer le résultat de la première. Pourquoi s'étonner que le phénomène se produise aujourd'hui? Les vieux partis de gouvernement ont fait perdre le goût de la politique aux citoyens, qui ne se mobilisent plus que dans un contexte de dramatisation. D'où la forte abstention, phénomène qu'on relève dans d'autres démocraties. Quant aux citoyens qui remplissent leur devoir civique, ils sanctionnent ces vieux partis, pour les mêmes raisons que les abstentionnistes. Les Français ont mené une révolution dans les urnes. Ceux qui ne l'avaient pas vu venir n'ont pas vocation à diriger un pays avec lequel ils ont perdu le contact. Reste maintenant à rendre aux électeurs le goût de la politique, pour ne pas laisser la démocratie dépérir.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

trou sécu

SECU: SI PROFOND, CE TROU ?

Les Français sont des gros consommateurs de produits et services de santé, mais ils soutiennent la comparaison avec d’autres. Les dépenses de santé calculées par la Banque Mondiale en 2014 ont représenté en France 11,5% du produit intérieur brut (PIB), moins qu’aux Etats Unis et quasiment au même niveau qu’en Allemagne .

Par habitant, les dépenses des Français ont été évaluées cette même année à 4.959 dollars, loin derrière les Suisses, les Norvégiens, les Américains, les Suédois, les Danois, les Néerlandais ou les Allemands. L’énumération est fastidieuse, mais pas inutile : Les Français ne sont pas hors normes, loin s’en faut.

S’il existe une spécificité française, elle se situe au niveau du financement des dépenses de santé. La Cour des Comptes a dressé en septembre dernier un tableau précis pour 2015, en établissant que l’Assurance maladie a couvert 76,8% des 194,6 milliards d’euros des dépenses de soins et de biens médicaux, et les organismes complémentaires intervenant pour 14,1%. Le reste à charge direct des Français n’est plus que de 8,4%. Notons toutefois que les assurances et mutuelles complémentaires étant financées par les assurés eux-mêmes, les ménages prennent en réalité en charge 22,7% des dépenses de santé, hors Sécurité sociale.

Mais leur contribution ne s’arrête pas là. Car parmi les sources de financement de Sécurité sociale dont l’Assurance maladie est un des volets, les cotisations qui ont représenté 63% du total en 2015, sont assurées à 20% par les salariés et à 7% par les non salariés (les employeurs ayant la charge des 72% restant), selon un rapport de la Sécurité sociale de septembre 2016.

C’est donc au total quelque 40% des dépenses de santé qui, par ces différents canaux de financement, incombent aux assurés, sans parler de la part des recettes de CSG qui viennent alimenter les caisses de la Sécu.

Des économies doivent toujours être réalisées, pour alléger les charges aussi bien des entreprises que des ménages. La tendance est amorcée: après avoir atteint 24 milliards en 2010, le déficit du régime général a été réduit à 13,3 milliards d’euros en 2012 et limité à 6,4 milliards en 2015. Certes, les gymnastiques comptables des experts compliquent les comparaisons toujours difficiles à établir dans le labyrinthe des comptes de la Sécu, notamment avec la mise en place en 2016 de la protection universelle maladie.

Malgré tout, si l’on s’en tient aux grandes masses affichées, ce déficit devrait être contenu à 3,4 milliards d’euros en 2016, avant de repasser à 6,3 milliards en 2017. Un déficit auquel il convient d’ajouter le résultat du fonds de solidarité vieillesse, déficitaire lui-même de l’ordre de 3,9 milliards d’euros cette année.

Mais ces déficits doivent être rapportés à l’ensemble des recettes du régime général (471 milliards d’euros en 2016) et des dépenses (477 milliards), hors fonds de solidarité vieillesse (FSV). Ainsi, les pertes pour l’ensemble du régime général devraient être inférieures à 1% des dépenses cette année, et porter sur moins de 1,5% en 2017 comme en 2015 (au lieu de 2,8% en 2013). En intégrant le FSV, les déficits passeraient à 1,5% des dépenses en 2016 et un peu plus de 2% en 2017. Bien sûr, des pertes sont toujours trop lourdes. Mais à ce niveau, des solutions doivent pouvoir être mises en œuvre par des actes de gestion et pas forcément par un bouleversement du système.

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.

Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.

Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.

Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.

En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.

Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

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EUROPE: DEUX ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.

Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.

Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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CHOMAGE: DES SUCCES TROP TARDIFS POUR GOMMER L'ECHEC DU QUINQUENNAT

Au vu du nombre de demandeurs d’emplois enregistrés par Pôle emploi à la fin de l’année 2016 (3,47 millions de personnes sans aucun travail, 5,47 millions en ajoutant les précaires en temps partiels), François Hollande n’aura pas de regret d’avoir renoncé à briguer un deuxième mandat. La promesse n’a pas été tenue. Depuis juin 2012, début du mandat de François Hollande, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucun travail a progressé de 17%, et même de 24% si l’on ajoute les demandeurs précaires qui ne travaillent qu’à temps partiel. En outre, si on entre dans le détail, on s’aperçoit que le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a augmenté de 40% (à cause, entre autres, du recul de l’âge de départ en retraite), et que les demandeurs d’emplois inscrits depuis plus d’un an sont plus nombreux de 43% sur la mandature (et même de… 82% pour les chômeurs de plus de 3 ans, à cause là-aussi du recul de l’âge de départ en retraite). Il est logique dans ces conditions que la durée moyenne d’inscription à Pôle emploi soit passée de 468 jours en juin 2012 à 581 jours à la fin 2016. Tout le contraire d’une réussite.

Pour un président qui avait annoncé que la lutte pour l’emploi serait sa priorité, et considéré que l’inversion de la courbe du chômage serait un marqueur de sa politique, il aurait été très compliqué de briguer à nouveau les suffrages des électeurs, avec la publication de ces résultats en pleine primaires de la gauche et à quelques semaines du début de la campagne officielle.

Certes, l'ex Premier ministre Manuel Valls qui a assumé le bilan de l’action gouvernementale, peut tenter de pointer la baisse du taux de chômage (au sens du Bureau international du travail) redescendu au-dessous des 10%, et même à 9,7% pour la France métropolitaine au troisième trimestre 2016. Car l’économie française crée des emplois (environ 159.000 en 2015 par exemple selon l’Insee) ; mais elle accueille aussi un nombre de jeunes sur le marché travail supérieur au nombre des départs en retraite. Ce qui entraîne une augmentation de la population active. Aussi, même si le nombre d’inscrits à Pôle emploi a connu une hausse en valeur absolue, la proportion par rapport au nombre de personnes au travail a pu reculer un peu.

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