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Les Etats-Unis de Donald Trump choisissent de ne plus être un phare pour le monde en refusant d’assumer leur responsabilité comme première économie mondiale.

 

L’accord de Paris n’est pas mort, mais cette absence de vision va isoler Washington au sein de la communauté internationale.

 

Est-ce que la continuité de l’Etat a un sens dans les Etats-Unis de Donald Trump lorsque le 45e président décide de se retirer de l’accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique, signé dix-huit mois plus tôt par son prédécesseur? Que vaut un engagement de la Maison Blanche? Donald Trump cherche-t-il à provoquer en n’hésitant pas à faire un bras d’honneur aux 144 autres pays qui ont ratifié l’accord de Paris, ou à s’enivrer de pouvoir en  sabotant le travail de Barack Obama, qu’il s’agisse de la couverture santé ou de la lutte contre le réchauffement climatique ?

 

Absence de vision

 

En rendant publique sa décision de se retirer de l’accord conclu en décembre 2015 dans le cadre de la COP21, le président américain révèle une absence de vision à long terme aussi bien pour les Etats-Unis que pour le monde entier. Car une réflexion à la hauteur de ce que doit être celle du président de la première économie mondiale  ne peut être réduite au simple « America is back » qui sert à Donald Trump à haranguer les foules.

 

D’une part,  le président des Etats-Unis ne peut prétendre construire un avenir pour son pays et les générations futures en refusant de se projeter dans le monde de demain pour uniquement privilégier la compétitivité à court terme et le recours aux énergies fossiles, comme le charbon ou les huiles et gaz de schiste, dans le seul but de faire tourner à moindre coût l’outil de production. Comme si la fonction de la Maison Blanche devait se résumer à améliorer le compte d’exploitation de l’entreprise America.

 

D’autre part, la première économie de la planète ne peut assumer ses responsabilités dans la marche du monde en tournant le dos à ses engagements et en se dissociant de tous les autres Etats de la planète. En reniant sa signature, Washington n’est plus le phare du monde. Pire, s’agissant de l’avenir de la planète entière, la première économie du monde qui refuse les efforts auxquels les autres pays consentent, dans le seul but de mieux défendre ses seuls intérêts à court terme, se place au ban de la communauté internationale…  Au risque d’ailleurs de montrer à tous les autres Etats que la place qui lui était reconnue dans la marche du monde est aujourd’hui usurpée et ne peut plus être revendiquée.

 

Et c’est bien cette critique qui ressort aujourd’hui de la part d’observateurs de la vie politique américaine, de l’intérieur même des Etats-Unis, constatant qu’aucun argumentaire sérieux ne vient justifier cette volte-face de Donald Trump. Un engagement avait été pris par les Etats-Unis de Barack Obama  sur la base  des travaux d’experts internationaux et après avoir pris l’avis des scientifiques attachés à la Maison Blanche. Mais la nouvelle présidence ignore les premiers et a remercié les seconds, sans les remplacer. Se privant de toute capacité d’anticipation sur des sujets aussi complexes que le réchauffement climatique.

 

Seul contre tous

 

On pourrait juste rappeler que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son 5e rapport rendu public en octobre 2014, avait souligné que, pour réduire à 2°C le réchauffement de la planète, les émissions cumulées de CO2 dans l’atmosphère ne devrait pas dépasser 2900 milliards de tonnes. Or, après les 1000 milliards de tonnes rejetées sur les seules quarante dernières années, un peu plus de 2000 tonne auraient été émises au total. Ce qui ne laisserait plus que 900 tonnes à émettre avant que le réchauffement dépasse les 2°C, un seuil qui devrait être atteint au milieu de ce siècle. C’est-à-dire… demain. Sachant qu’au-delà, les impacts devraient être « sévères, étendus et irréversibles au niveau mondial.

 

Or, les Etats-Unis ont une responsabilité dans le défi qui est aujourd’hui lancé au monde. Ils furent, dans la période moderne et notamment au cours des quarante dernières années où les émissions dues à l’activité humaine furent les plus intenses, les premiers pollueurs de la planète… avant que la Chine, devenue l’usine du monde, ne pollue encore plus pour fabriquer des produits exportés ensuite notamment aux Etats-Unis en dans l’Union européenne.

 

Reste que les émissions par habitant aux Etats-Unis (16,4 tonnes par personne en 2013 selon la Banque mondiale) demeurent toujours plus de deux fois plus élevées qu’en Chine (7,6 tonnes la même année) et près de trois fois plus que dans l’Union européenne (6,7 tonnes) où la France figure parmi les bons élèves. Il n’y a guère qu’au Luxembourg, au Qatar, à Bahreïn et en Arabie saoudite où la pollution par habitant soit supérieure. Rien à voir, au regard du poids économique ! Les Américains ne peuvent donc pas s‘exonérer de toute implication dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais Donald Trump, si !

 

L’accord de Paris touché, mais pas mort

 

Certes, le reste du monde n’est pas obligé de remettre en cause l’accord de Paris parce que Washington en décide ainsi. La dépendance de l’Union européenne dans les énergies fossiles contraint ses membres à trouver d’autres solutions qui concourent à lutter contre le réchauffement climatique. Et la Chine a déjà annoncé qu’elle persévèrerait avec l’UE dans sa politique de réduction des émissions de CO2 compte tenu des problèmes de pollution auxquelles sa population est exposée dans les grandes villes. Pékin acquerrait alors un rôle de leader dans la lutte mondiale contre les émissions de gaz à effet de serre.

 

Toutefois, les stratégies peuvent changer compte tenu de la défection américaine. On se souvient ainsi du bras de fer qui empêcha longtemps Washington et Pékin de s’engager dans la voie des réductions d’émissions, chacun des deux protagonistes accusant l’autre de se soustraire à un niveau équivalent de contraintes. C’est pourquoi la Chine comme les Etats-Unis, qui représentaient alors environ 40% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, avaient refusé de signer le protocole de Kyoto adopté en 1997.

 

En outre, le Canada dont le niveau d’émissions a dérapé, se retira du protocole. Aussi lorsqu’à Doha en 2012, il fallut définir de nouvelles règles de ce protocole pour la période 2013-2020, des pays comme le Japon et la Russie ne voulurent plus participer. De sorte que les pays qui s’engagèrent pour cette deuxième période du protocole n’ont plus représenté plus que 13% des émissions mondiales.

 

Dans le cas de l’accord de Paris, on pourrait craindre que d’autres signataires ayant finalement moins de raisons de se sentir impliqués que les Etats-Unis, ne s’engagent dans la voie qui signa l’échec de Kyoto. Pour l’instant, ce n’est pas le cas.

 

Néanmoins, compte tenu du volet financier de cet accord prévoyant une assistance des pays riches pour aider les plus pauvres à participer à cette lutte contre le réchauffement, il est certain que le retrait de la nation la plus riche modifie les conditions d’un équilibre financier qui devait d’ailleurs être affiné au cours des prochaines réunions internationales sur le climat. Les Etats-Unis désertant, c’est un peu plus qu’un Etat lambda parmi 145 signataires qui sort du jeu.

 

Le coût de l’inaction à long terme

 

Cette décision de Donald Trump est d’autant moins justifiée de la part d’un président que la lutte contre le réchauffement peut aussi être génératrice de richesses et d’économies… mais à plus long terme. Les études et rapports se sont accumulés depuis celui commandé de l’ex-vice président de la Banque mondiale Nicolas Stern en 2006. Devenu directeur du budget au Trésor britannique, il chiffrait entre 5 et 20% du PIB mondial le coût de l’inaction face au réchauffement, à comparer au 1% nécessaire pour agir contre le réchauffement.

 

Ce travail a ouvert la voie à bien d’autres projections sur les conséquences d’un manque de volontarisme pour ralentir le réchauffement, montrant que le temps perdu alourdirait la facture. Encore faut-il, pour prendre ce scénario en considération, avoir la volonté de se projeter au-delà du court terme. L’OCDE, par exemple, a évalué les conséquences économiques du réchauffement climatique et les effets sur la disponibilité des ressources que la planète procure aujourd’hui.

 

La transition écologique peut aussi être perçue comme une opportunité à saisir. Pour la France, on évoque un million d’emplois nouveaux. Tout dépend du périmètre considéré pour comptabiliser des postes nouveaux, dans des nouveaux métiers ou non … Mais le vivier existe, favorable à l’application de technologies nouvelles. Il fut abondamment commenté au moment du vote de la loi de transition énergétique.

 

De la même façon, les Etats-Unis auraient beaucoup à gagner à enrichir leur croissance économique des effets d’une conversion écologique à laquelle des maires de grandes villes ne veulent d’ailleurs pas renoncer. Parce que, tout simplement, l’alternative n’existe pas pour les générations futures. « Il n’y a pas de plan B parce qu’il n’y a pas de planète B » a insisté le Emmanuel Macron depuis l’Elysée, sitôt connue la décision du président américain.

 

Mais Donald Trump a tranché. C’est « une faute pour l’avenir de la planète », a commenté le président français. Une faute aussi aux yeux de nombreux électeurs américains, qui risque de peser lourd aux prochaines élections américaines.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

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Fessée électorale

FESSEE ELECTORALE - Lors de la réforme constitutionnelle qui instaura le quinquennat avec dans la foulée des élections législatives pour faire concorder les calendriers, les commentateurs politiques soulignaient que les présidents élus pourraient ainsi s'appuyer sur de véritables majorités pour gouverner, la logique électorale devant permettre aux secondes de confirmer le résultat de la première. Pourquoi s'étonner que le phénomène se produise aujourd'hui? Les vieux partis de gouvernement ont fait perdre le goût de la politique aux citoyens, qui ne se mobilisent plus que dans un contexte de dramatisation. D'où la forte abstention, phénomène qu'on relève dans d'autres démocraties. Quant aux citoyens qui remplissent leur devoir civique, ils sanctionnent ces vieux partis, pour les mêmes raisons que les abstentionnistes. Les Français ont mené une révolution dans les urnes. Ceux qui ne l'avaient pas vu venir n'ont pas vocation à diriger un pays avec lequel ils ont perdu le contact. Reste maintenant à rendre aux électeurs le goût de la politique, pour ne pas laisser la démocratie dépérir.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

trou sécu

SECU: SI PROFOND, CE TROU ?

Les Français sont des gros consommateurs de produits et services de santé, mais ils soutiennent la comparaison avec d’autres. Les dépenses de santé calculées par la Banque Mondiale en 2014 ont représenté en France 11,5% du produit intérieur brut (PIB), moins qu’aux Etats Unis et quasiment au même niveau qu’en Allemagne .

Par habitant, les dépenses des Français ont été évaluées cette même année à 4.959 dollars, loin derrière les Suisses, les Norvégiens, les Américains, les Suédois, les Danois, les Néerlandais ou les Allemands. L’énumération est fastidieuse, mais pas inutile : Les Français ne sont pas hors normes, loin s’en faut.

S’il existe une spécificité française, elle se situe au niveau du financement des dépenses de santé. La Cour des Comptes a dressé en septembre dernier un tableau précis pour 2015, en établissant que l’Assurance maladie a couvert 76,8% des 194,6 milliards d’euros des dépenses de soins et de biens médicaux, et les organismes complémentaires intervenant pour 14,1%. Le reste à charge direct des Français n’est plus que de 8,4%. Notons toutefois que les assurances et mutuelles complémentaires étant financées par les assurés eux-mêmes, les ménages prennent en réalité en charge 22,7% des dépenses de santé, hors Sécurité sociale.

Mais leur contribution ne s’arrête pas là. Car parmi les sources de financement de Sécurité sociale dont l’Assurance maladie est un des volets, les cotisations qui ont représenté 63% du total en 2015, sont assurées à 20% par les salariés et à 7% par les non salariés (les employeurs ayant la charge des 72% restant), selon un rapport de la Sécurité sociale de septembre 2016.

C’est donc au total quelque 40% des dépenses de santé qui, par ces différents canaux de financement, incombent aux assurés, sans parler de la part des recettes de CSG qui viennent alimenter les caisses de la Sécu.

Des économies doivent toujours être réalisées, pour alléger les charges aussi bien des entreprises que des ménages. La tendance est amorcée: après avoir atteint 24 milliards en 2010, le déficit du régime général a été réduit à 13,3 milliards d’euros en 2012 et limité à 6,4 milliards en 2015. Certes, les gymnastiques comptables des experts compliquent les comparaisons toujours difficiles à établir dans le labyrinthe des comptes de la Sécu, notamment avec la mise en place en 2016 de la protection universelle maladie.

Malgré tout, si l’on s’en tient aux grandes masses affichées, ce déficit devrait être contenu à 3,4 milliards d’euros en 2016, avant de repasser à 6,3 milliards en 2017. Un déficit auquel il convient d’ajouter le résultat du fonds de solidarité vieillesse, déficitaire lui-même de l’ordre de 3,9 milliards d’euros cette année.

Mais ces déficits doivent être rapportés à l’ensemble des recettes du régime général (471 milliards d’euros en 2016) et des dépenses (477 milliards), hors fonds de solidarité vieillesse (FSV). Ainsi, les pertes pour l’ensemble du régime général devraient être inférieures à 1% des dépenses cette année, et porter sur moins de 1,5% en 2017 comme en 2015 (au lieu de 2,8% en 2013). En intégrant le FSV, les déficits passeraient à 1,5% des dépenses en 2016 et un peu plus de 2% en 2017. Bien sûr, des pertes sont toujours trop lourdes. Mais à ce niveau, des solutions doivent pouvoir être mises en œuvre par des actes de gestion et pas forcément par un bouleversement du système.

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.

Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.

Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.

Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.

En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.

Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

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EUROPE: DEUX ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.

Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.

Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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CHOMAGE: DES SUCCES TROP TARDIFS POUR GOMMER L'ECHEC DU QUINQUENNAT

Au vu du nombre de demandeurs d’emplois enregistrés par Pôle emploi à la fin de l’année 2016 (3,47 millions de personnes sans aucun travail, 5,47 millions en ajoutant les précaires en temps partiels), François Hollande n’aura pas de regret d’avoir renoncé à briguer un deuxième mandat. La promesse n’a pas été tenue. Depuis juin 2012, début du mandat de François Hollande, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucun travail a progressé de 17%, et même de 24% si l’on ajoute les demandeurs précaires qui ne travaillent qu’à temps partiel. En outre, si on entre dans le détail, on s’aperçoit que le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a augmenté de 40% (à cause, entre autres, du recul de l’âge de départ en retraite), et que les demandeurs d’emplois inscrits depuis plus d’un an sont plus nombreux de 43% sur la mandature (et même de… 82% pour les chômeurs de plus de 3 ans, à cause là-aussi du recul de l’âge de départ en retraite). Il est logique dans ces conditions que la durée moyenne d’inscription à Pôle emploi soit passée de 468 jours en juin 2012 à 581 jours à la fin 2016. Tout le contraire d’une réussite.

Pour un président qui avait annoncé que la lutte pour l’emploi serait sa priorité, et considéré que l’inversion de la courbe du chômage serait un marqueur de sa politique, il aurait été très compliqué de briguer à nouveau les suffrages des électeurs, avec la publication de ces résultats en pleine primaires de la gauche et à quelques semaines du début de la campagne officielle.

Certes, l'ex Premier ministre Manuel Valls qui a assumé le bilan de l’action gouvernementale, peut tenter de pointer la baisse du taux de chômage (au sens du Bureau international du travail) redescendu au-dessous des 10%, et même à 9,7% pour la France métropolitaine au troisième trimestre 2016. Car l’économie française crée des emplois (environ 159.000 en 2015 par exemple selon l’Insee) ; mais elle accueille aussi un nombre de jeunes sur le marché travail supérieur au nombre des départs en retraite. Ce qui entraîne une augmentation de la population active. Aussi, même si le nombre d’inscrits à Pôle emploi a connu une hausse en valeur absolue, la proportion par rapport au nombre de personnes au travail a pu reculer un peu.

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