Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

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Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

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Economie : et la confiance, bordel ?

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Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

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Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

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Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.   Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.   Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour ...

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Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme ...

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En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.   Ailleurs dans l’Union, l’Europe est ...

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Les Français ne s’accommodent pas des passe-droits et autres conflits d’intérêts révélés par les « affaires ».

 

Leur aspiration à plus de transparence démontre que la corruption n’est pas endémique en France, et que l’esprit de la démocratie peut l’emporter.

 

« C’est une image qui me blesse », a déclaré François Fillon à l’Emission politique du 23 mars sur France 2 après que le journaliste David Pujadas a présenté une synthèse des poursuites dont le candidat à la présidentielle de la droite et du centre est la cible. Mais le journaliste avait aussi exhumé une séquence plus ancienne dans laquelle François Fillon déclarait : « on n’est respecté que lorsqu’on est honnête, qu’on est transparent ». « Je suis honnête », a martelé l’ancien Premier ministre. Pour la transparence, le débat est ouvert.

 

Certes, on ne lui reprochera pas d’avoir employé sa femme comme attachée parlementaire, puisque cette pratique est légale, et qu’il y a eu recours « comme des centaines de parlementaires avant moi et des centaines après moi », a-t-il insisté. Le problème n’est pas là, mais dans le caractère supposé fictif de cet emploi rémunéré sur fonds publics, et dans la hauteur de la rémunération.

 

C’est à ce niveau que le dossier, qui colle aux basques du candidat, manque de transparence. Au point que François Fillon a dû confesser diverses « erreurs » sur cet emploi comme sur l’acceptation de cadeaux d’amis dits désintéressés – qu’il s’agisse d’un prêt sans intérêt consenti par un homme qu’il a lui-même élevé au grade de grand croix dans l’ordre de la légion d’honneur, ou de costumes offerts par un avocat habitué à jouer les intermédiaires plus ou moins occultes et qu’il a finalement rendus. Beaucoup d’erreurs…

 

Transparence et élection : qui confisque quoi ?

 

Avec ces affaires « on cherche à nous confisquer l’élection », accusent les soutiens de François Fillon. En l’occurrence, c’est surtout la démocratie qui pourrait se plaindre qu’on cherche à lui confisquer la transparence qui fonde la confiance du peuple dans les élus. C’est pourquoi le débat s’est propulsé au cœur d’une campagne électorale où on attendait d’autres affrontements programmatiques. Jusque dans les détails.

 

Par exemple, que penser du mutisme de François Fillon et de son équipe, sollicités par l’ONG Transparency International sur les engagements du candidat à l’élection présidentielle en matière de la transparence et d’éthique de la vie publique?  Les dix autres candidats, interrogés comme lui sur onze propositions sélectionnées, ont répondu sur la vérification de la situation fiscale, le contrôle des dépenses, le non cumul des mandats, l’indépendance de la justice… Malgré les relances, le candidat de la droite et du centre fut le seul à refuser de faire connaître ses engagements, a constaté Daniel Lebègue, président de l’ONG. La transparence… « et alors ? », pourrait rétorquer son entourage, comme après l’annonce de la mise en examen du candidat …

 

Une accumulation que l’opinion ne supporte plus

 

« L’affaire » Fillon n’est pourtant que le dernier avatar d’une succession d’électrochocs qui ont, depuis plusieurs décennies, éprouvé la démocratie française. Par exemple, pendant longtemps, en France, les personnalités exerçant un mandat public n’ont pas jugé prioritaire de rendre des comptes à l’opinion publique sur la façon de gérer les deniers publics qui leur sont alloués dans l’exercice de leur mandat.  Au point qu’en 2010, en matière de transparence de la vie publique, la France en Europe pointait au… 26e rang sur 27, devançant seulement la Slovénie. Un score véritablement honteux !

 

L’opinion publique allait-elle s’en accommoder ? Non. Et le monde politique allait en faire l’expérience. Après certaines révélations notamment d’évasion fiscale avec en apothéose les comptes à l’étranger d’un ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, en totale infraction avec la législation qu’il était censé faire appliquer, les responsables politiques ont été montré du doigt.

 

Les différentes affaires dans lesquelles l’ancien président Nicolas Sarkozy est cité ou mis en examen avaient déjà choqué les citoyens qui réclament à leurs élus d’assumer leur devoir d’exemplarité. François Fillon avait d’ailleurs cru bon de discréditer son concurrent à la primaire de la droite, avec cette pique devenue fameuse : « imagine-t-on le Générale de Gaulle mis en examen ».  Une attaque qui s’est retournée contre lui avec le soupçon d’emploi fictif de son épouse, puis sa mise examen pour détournement de fonds public et recel d’abus de biens sociaux.

 

Cette fois, après d’autres affaires comme celle, entre autres, de l’éphémère secrétaire d’Etat Thomas Thévenoud frappé de « phobie administrative », la coupe est pleine ! La célérité avec laquelle l’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux, a été démissionné par Matignon le démontre : il fallait enrayer la propagation de l’accusation de « tous pourris ». Car c’est un fléau pour la démocratie dès l’instant où le lien de confiance entre les élus et leurs mandants est rompu.

 

La jurisprudence Bérégovoy-Balladur, qui remonte à 1992 et dont pâtirent des hommes comme Bernard Tapie, Gérard Longuet ou Dominique Strauss-Kahn,  stipule que tout ministre impliqué dans une affaire judiciaire doit quitter le gouvernement ; elle n’aura jamais été appliquée de façon aussi expéditive que pour Bruno Le Roux !

 

Le corps électoral ne supporte plus ces coups de couteaux dans l’éthique ! Pour 57% des Français, les personnes exerçant des responsabilités importantes ou ayant du pouvoir seraient corrompues pour une grande partie d’entre elles et 38% pour une petite partie, révèle une enquête récente (mars 2017) de Transparency, qui insiste sur son caractère apolitique. La rapidité de l’éviction de Bruno Le Roux est le signe que l’exécutif a perçu le caractère délétère de la situation.

 

Des parlementaires corrompus selon huit Français sur dix

 

Ces résultats sont d’autant plus alarmants que, déjà en août dernier, une autre enquête de cette ONG montrait que les députés et sénateurs sont considérés par 77% des Français comme corrompus, ce qui en fait la catégorie la plus touchée par ce fléau parmi les personnes de pouvoir. La représentativité nationale n’est plus perçue comme exemplaire !

 

Mais lorsqu’on remarque que les députés européens, les membres de l’exécutif, les dirigeants de grandes entreprises, les syndicalistes, les experts et les journalistes sont tous suspectés de corruption par six Français sur dix ou plus, on prend conscience de la profondeur du mal.

 

D’où la pétition lancée par Transparency International et Powerfoule « pour un Parlement exemplaire », sur la base de quatre propositions clefs dont la transparence des indemnités parlementaires (sources d’opaques manipulations) et la prohibition des emplois familiaux.  Autant de mesures identifiées depuis plus de vingt ans mais que les parlementaires ont rechigné à adopter… jusqu’à ce que les scandales éclatent.

 

La corruption n’est pas endémique en France

 

Néanmoins, pour Daniel Lebègue, cet indice élevé de perception de la corruption serait malgré tout une « bonne nouvelle ». Parce que quatre Français sur cinq considèrent que la limitation du cumul des mandats, l’encadrement du financement de la vie politique et celui du lobbying sont des mesures « efficaces » pour lutter contre la corruption. Et parce que, selon lui, la corruption en France ne peut être perçue comme « endémique » avec, pour 524.000 élus dans l’Hexagone, 687 décisions de justice recensées en trois ans pour atteintes à la probité.

 

Bien sûr, c’est déjà beaucoup… mais relativement contenu sur une population aussi importante. « « L’immense majorité des élus est honnête », oppose Daniel Lebègue au dénigrement des élus qui enfle dans le pays. Et, plus globalement, il souligne que « en France, 2,5% des Français ont été témoins ou victimes de faits de corruption, alors que la proportion atteint 20 ou 30% dans certains pays ».

 

Enfin, malgré les affaires révélées au public aujourd’hui, il considère que des progrès ont été faits depuis 2010. C’est ce que semble refléter l’indice de perception de la corruption établi en 2016 par l’ONG, qui a fait remonter la France au 23e rang mondialet au 13e rang dans l’Union européenne.

 

Des lois ont été promulguées en 2013 dans le sillage de l’affaire Cahuzac. Elles sont à l’origine la création de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, ont renforcé  la lutte contre la fraude fiscale et institué le parquet national financier. En 2014, le non cumul des mandats a été adopté après des décennies de tergiversations pour une entrée en application à la mi-2017. Et la loi Sapin 2 de 2016 a créé le statut des lanceurs d’alerte pour leur offrir une protection ; elle a aussi  introduit un début d’encadrement des représentants d’intérêts pour tenter de rendre plus transparent leur travail d’influence sur les élus. Il faudra bien, aussi, traiter le cas des emplois familiaux…

 

Dernière disposition en date et hasard du calendrier, l’Agence nationale contre la corruptiona été installée le 23 mars en présence du chef de l’Etat, en plein débat sur la transparence de la vie publique. Comme un pied de nez dans un improbable scénario de cinéma au milieu des affaires Fillon et Le Roux.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.apidoc.fr)

 

 

 

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guerillero

PATRIOTES ? Les électeurs frontistes souhaitent le rétablissement des frontières et des taxes à l'importation. Mais les mêmes, comme consommateurs, choisissent-ils d'eux-mêmes des produits made in France lorsqu'ils ont le choix ? Pas sûr! On pourrait regarder s'ils ne possèdent tous que des voitures françaises, par exemple. Avant de rétablir des taxes qui augmenteront les prix des produits importés et qui, en retour, pénaliseront les exportations, que ces consommateurs qui se disent patriotes commencent par privilégier les marques françaises, sans forcément cadenasser l'Europe ni verrouiller le libre échange.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.
Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.
Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.
Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.
En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.
Mais il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…
Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

quadri

EUROPE: TROIS ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.
Dans l’intervalle, les élections nationales seront des tests déterminants : « En France, l’élection présidentielle sera un référendum sur l’Europe », a commenté l’ex-ministre français de l’Economie en faisant allusion à la percée du Front national dans les sondages.
Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.
Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) , a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions a atteint 1,9% cette année-là pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
L'économie française subit l’une des plus fortes corrections alors que croissance est trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieure de 30% pour l’Allemagne.
On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. Pire: lorsqu’on s’intéresse au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la Banque mondiale. Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.
Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.
Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.
Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).
Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.
Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !
Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

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