Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme ...

SUITE

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.   Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.   Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour ...

SUITE

Economie : et la confiance, bordel ?

Economie : et la confiance, bordel ?

Au moment où la mécanique économique semble pouvoir être relancée, la France se crispe sur de vieux antagonismes entre les salariés et les entreprises qui ont pourtant partie liée.   Le ...

SUITE

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Depuis le temps que les Etats disent vouloir s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, le shadow banking n’a cessé de se développer, offrant de nouvelles opportunités de fraude et ...

SUITE

Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Pour revenir à la situation de mi-2012, il faudrait que le nombre de chômeurs baisse d’un quart en un an. Impossible, même avec un plan massif pour l’emploi, bien tardif mais ...

SUITE

Emmanuel Macron : un bilan encore virtuel pour un ministre de passage

Emmanuel Macron : un bilan encore virtuel pour un ministre de passage

Une carrière fulgurante, des résultats mitigés. Maintenant, Emmanuel Macron va devoir convaincre qu’il peut être un leader politique autrement qu’avec des petites phrases douces et assassines.   Macron président ? Que l’ex-ministre de ...

SUITE

Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Face au risque de dislocation de l’Union européenne après le Brexit, les objectifs de la Communauté originelle refont surface.   Le chef de l’Etat relance l’idée d’une harmonisation fiscale, bien plus ...

SUITE

Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Economiquement, une sortie de la Grande Bretagne de l’Europe pourrait ne pas créer de bouleversement sur le long terme.   Mais au-delà du débat britannique, l’Europe est placée au pied du mur ...

SUITE

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.   Ailleurs dans l’Union, l’Europe est ...

SUITE

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

SUITE

La face cachée de la dette d’EDF

La face cachée de la dette d’EDF

La gymnastique comptable permet d’inscrire une partie de la dette dans les fonds propres.   Mais l’endettement réel est plus important qu’il n’apparaît.   Selon le rapport financier semestriel du 30 juin 2015, ...

SUITE

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.   En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une ...

SUITE

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Même si la courbe du chômage s’inverse, le recul de l’attractivité de la France pénalise la création d’emplois.   Dommage. C’est lorsque l’Insee fait état de statistiques plutôt encourageantes pour l’économie française ...

SUITE

L’Europe a-t-elle un problème avec le Grand Duché ?

L’Europe a-t-elle un problème avec le Grand Duché ?

Après la révélation d’un nouveau fichier d’exilés fiscaux français, belges et allemands au Luxembourg, des questions se posent sur la politique du Grand Duché avant qu’il ait consenti à la ...

SUITE

Le candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle dénonce un acharnement des juges, mais il n’est pas un citoyen lambda.

 

Pas plus qu’on ne peut être un homme normal quand on est président, on n’est pas un justiciable normal lorsqu’on aspire à le devenir.

 

Non, François Fillon n’est pas un justiciable ordinaire. Pas plus que François Hollande, qui avait projeté dans sa campagne électorale l’image d’un « président normal » en rupture avec celle de son prédécesseur et adversaire Nicolas Sarkozy, ne fut un citoyen normal après avoir endossé les habits de président. En 2011, François Fillon lui-même avait raillé le candidat socialiste en démontrant qu’un chef d’Etat ne peut ni ne doit être « l’homme du quotidien ». Il est, aujourd’hui, dans la même contradiction.

 

Certes, le candidat sorti vainqueur de la primaire de la droite et du centre n’est pas encore à l’Elysée. Mais il ambitionne d’y entrer, et bataille même durement pour y parvenir. Ce qui lui impose des obligations spécifiques, et le place dans une situation hors du commun vis-à-vis de ses concitoyens. Comme pour tout autre candidat à la fonction suprême.

 

Une légitimité fondée sur l’exemplarité

 

Car plus que tout autre citoyen, celui qui aspire à représenter la nation, à porter sa voix au plan international, à rassembler tous les citoyens – au-delà de ses seuls électeurs – autour d’un même projet, à faire respecter les valeurs de la République, et à mener des réformes sans déroger aux règles de transparence et d’équité qui seules peuvent engendrer l’adhésion de la collectivité nationale… celui-là doit se montrer irréprochable.

 

Ce n’est pas seulement une question de principes, mais aussi d’efficacité : sans cette exemplarité, un président peut-il demander à ses concitoyens le respect de règles qu’il n’appliquerait pas lui-même? Et comment trouver le chemin de la paix sociale lorsqu’on prête le flanc à la contestation?

 

« Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ! » avait lancé François Fillon, invoquant la figure tutélaire de la Cinquième République pour insister sur le devoir d’exemplarité de qui brigue la présidence du pays. Or, cette ligne de conduite ne souffre aucun accroc pour celui qui est aussi le chef des armées, le garant de l’autorité judiciaire et l’autorité investie de pouvoirs exceptionnels dans les limites prévues par la Constitution.

 

Non, décidément, le candidat qui brigue les suffrages de ses concitoyens n’entre plus dans le cadre du commun dès qu’il s’engage dans l’arène de la campagne.  En plus de la puissance de conviction pour faire partager ses idées et de la force de caractère pour mener son dessein, il doit pouvoir arguer de la légitimité tirée de cette exemplarité  pour rassembler au lieu de diviser.

 

Doit-on s’étonner, alors, que des observateurs et commentateurs scrutent et analysent les faits et gestes du candidat, ses comportements et son aptitude à diriger, dès son entrée en campagne, comme aucun autre citoyen ? Ne sont-ils pas fondés à vérifier que le candidat qui sera finalement élu assumera son rôle dans le fonctionnement de la démocratie ? Tous les citoyens ne sont pas soumis aux mêmes contraintes ; les candidats, eux, ne peuvent s’y dérober.

 

Une exposition médiatique forcément spécifique

 

Dans ces conditions, les médias sont dans leur rôle lorsqu’ils s’intéressent à la situation des candidats en lice. C’est le législateur lui-même qui les y invite, lorsqu’il fixe des critères de vérification de la probité des personnalités politiques, comme par exemple les déclarations de patrimoine. Raison de plus lorsqu’une élue, ancienne Garde des Sceaux comme Rachida Dati, jette un pavé dans la mare en 2014 avec quelques tweets ravageurs. « L’habit ne fait pas le moine. Que @francoisfillon soit transparent sur ses frais, ses collaborateurs et Force Républicaine ! »,lâchait-elle alors sur les réseaux. Deux lignes vengeresses, comme à l’origine des affaires qui collent aujourd’hui aux basques de François Fillon.

 

En outre, concernant la suite de cette affaire, il existe des règles de déontologie dans la fonction publique et dans les entreprises pour empêcher la constitution de conflits d’intérêts, et qui interdisent d’accepter des cadeaux qui peuvent ressembler à des tentatives de corruption ou à du trafic d’influence. Tous les acheteurs et décisionnaires, publics ou privés, impliqués dans les appels d’offres et marchés publics, le savent. Les responsables politiques, encore plus exposés, ne peuvent s’en affranchir. Encore moins s’agissant d’un futur dépositaire d’une éthique nationale.

 

Doit-on reprocher aux médias de contribuer à établir une transparence que les électeurs eux-mêmes réclament à leurs élus ? Bien sûr, ils ne se seraient pas intéressés de si près à l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy s’il n’avait été lui-même candidat à l’élection présidentielle. Mais en visant la fonction suprême, François Fillon acquerrait un statut particulier, qui n’est plus celui de ses concitoyens.

 

Avec sa longue expérience de la vie politique qui lui fit connaître tous les ors de la République, passant par l’Assemblée nationale, le Sénat et Matignon, il était le dernier à l’ignorer. Et dès l’instant où des révélations portent la justice, via le parquet national financier (PNF), à ouvrir un dossier, François Fillon ne peut se prévaloir d’être un justiciable comme un autre. Tout le monde n’aspire pas à devenir Président de la France, avec les obligations spécifiques qui tiennent à la fonction.

 

Certes, s’agissant des emplois familiaux des parlementaires, le candidat de la droite et du centre s’indigne d’être la cible de la justice alors que cette pratique est répandue, tant parmi les députés que les sénateurs, et qu’elle n’est pas interdite. C’est juste. Toutefois, ce n’est pas pour l’emploi de son épouse que François Fillon s’est retrouvé dans l’œil du cyclone, mais pour le caractère fictif de cet emploi qui lui a valu, le 14 mars dernier, une mise en examen pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux. Et, en plus, pour manquement aux obligations de déclaration à la Haute autorité de la vie publique parce que, précisément, il n’est pas un justiciable comme les autres.

 

Un dossier hors normes pour un justiciable hors du commun

 

Au départ de l’affaire, l’ex-Premier ministre souhaitait lui-même que le PNF mène ses investigations avec célérité, pour être blanchi de tout soupçon avant le début de la campagne officielle. Ne pas être un justiciable comme les autres et profiter d’une justice rapide – mais non expéditive pour autant – ne passait pas alors pour un inconvénient. Mais dès l’instant où il se révéla que l’enquête ne tournait pas à son avantage, ses avocats contestèrent la compétence du parquet financier sur ce dossier.

 

Ce qui n’empêcha pas l’ouverture d’une information judiciaire le 24 janvier et la transmission du dossier à trois juges d’instruction. Les proches de François Fillon comme Jérôme Chartier dénoncèrent alors un acharrnement. Et l’ancien Premier ministre défia les juges, déclarant lors d’une conférence de presse« C’est au peuple français et à lui seul que je m’en remets », semblant vouloir contourner la justiceavant d’adoucir le ton pour que le candidat à la Présidence n’apparaisse pas lui-même comme un pourfendeur de l’Etat de droit.

 

Contre ces accusations à l’encontre de l’enquête en cours, l’ex-procureur de Paris Bruno Cotte souligne dans le magazine Challenges, que « le parquet national financier avait la possibilité de citer directement les protagonistes devant un tribunal correctionnel réuni en audience publique. Cela aurait été beaucoup plus violent ».

 

D’autres professionnels du droit relèvent toutefois un emballement judiciaire et maintiennent que tout candidat doit être traité comme un  justiciable ordinaire, tout en soulignant comme dans l’Opinion que « les autorités politiques n’ont pas besoin d’intervenir pour que les magistrats agissent de façon inhabituelle ». Rappelons néanmoins que le parquet national financier a été créé après l’affaire Cahuzac avec pour mission de traiter les affaires de corruption, de fraude fiscale et de délinquance financière avec célérité. Ce qui permet à d’autres avocats de considérer dans Slate.fr que les règles de procédure et de délais ont été respectées dans l’affaire hors normes en question.

 

La mise en examen de François Fillon fut prononcée moins de trois semaines après que les trois juges d’instruction ont été saisis. Elle fut suivie  le 24 mars par celle Marc Joulaud, ancien suppléant de François Fillon à l’Assemblée nationale pour la même suspicion d’emploi fictif. Mais surtout celle de Penelope Fillon a été signifiée le 28 mars, toujours pour détournement de fonds publics et recel d’escroquerie aggravée.

 

François Fillon réplique le 30 mars en inversant de la charge de la preuve, mettant ainsi la justice au défi de démontrer que l’emploi de son épouse était fictif pour ne pas avoir à prouver qu’il ne l’était pas. Un pied de nez aux juges. Comme un justiciable ordinaire ?

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

Print Friendly

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

guerillero

PATRIOTES ? Les électeurs frontistes souhaitent le rétablissement des frontières et des taxes à l'importation. Mais les mêmes, comme consommateurs, choisissent-ils d'eux-mêmes des produits made in France lorsqu'ils ont le choix ? Pas sûr! On pourrait regarder s'ils ne possèdent tous que des voitures françaises, par exemple. Avant de rétablir des taxes qui augmenteront les prix des produits importés et qui, en retour, pénaliseront les exportations, que ces consommateurs qui se disent patriotes commencent par privilégier les marques françaises, sans forcément cadenasser l'Europe ni verrouiller le libre échange.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.
Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.
Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.
Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.
En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.
Mais il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…
Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

quadri

EUROPE: TROIS ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.
Dans l’intervalle, les élections nationales seront des tests déterminants : « En France, l’élection présidentielle sera un référendum sur l’Europe », a commenté l’ex-ministre français de l’Economie en faisant allusion à la percée du Front national dans les sondages.
Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.
Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

DSC_0367

LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) , a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions a atteint 1,9% cette année-là pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
L'économie française subit l’une des plus fortes corrections alors que croissance est trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieure de 30% pour l’Allemagne.
On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. Pire: lorsqu’on s’intéresse au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la Banque mondiale. Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.
Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.
Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.
Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).
Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.
Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !
Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

mars 2017
L Ma Me J V S D
« fév   avr »
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  
491