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La gymnastique comptable permet d’inscrire une partie de la dette dans les fonds propres.   Mais l’endettement réel est plus important qu’il n’apparaît.   Selon le rapport financier semestriel du 30 juin 2015, ...

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En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.   Ailleurs dans l’Union, l’Europe est ...

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Bien que la croissance française déçoive, la Bourse de Paris se fait remarquer par le montant des dividendes versés aux actionnaires. Les meilleurs d’Europe, dans un pays qui n’a pas encore effacé la crise.

 

C’est le paradoxe de la Bourse : bien que la croissance économique en France s’est traînée autour de 1,1% en 2016 alors que le gouvernement attendait 1,4%, les entreprises cotées du CAC 40 ont été particulièrement généreuses avec leurs actionnaires. Avec plus de 54 milliards d’euros de dividendes versés selon la société Henderson Global Investors, la place de Paris flirterait même avec ses records,  alors qu’aux Etats Unis, au Royaume Uni, en Australie et dans les pays émergents, on a au contraire observé un ralentissement de la croissance enregistrée en 2015. L’Europe, souvent présentée comme l’homme malade de l’économie mondiale, serait plutôt attractive pour les investisseurs boursiers. Et particulièrement la France, propulsée troisième hausse mondiale au deuxième trimestre 2016 du fait du ralentissement dans les pays anglo-saxons.

 

Un bonus pour les actionnaires individuels

 

Cette exception française va  certes profiter aux épargnants qui possèdent des actions. Pour eux, c’est une bonne nouvelle… mais ils sont relativement peu nombreux. Echaudés depuis les pertes qu’ils ont dû éponger à la suite de la crise de 2008, de nombreux actionnaires individuels qui avaient voulu s’aventurer en Bourse la désertent aujourd’hui.  De 7,4 millions au tournant du siècle, ils ne sont plus que 3 millions à la fin 2016. Soit seulement 6,6% des Français en âge de détenir un portefeuille d’actions selon l’Autorité des marchés financiers (AMF), aussi bien sous la forme d’un PEA qu’en investissement direct ou en placements collectifs (OPCVM, Sicav…).

 

Les largesses des sociétés cotées à Paris, qu’il s’agisse des grands groupes du CAC 40 ou d’autres sociétés inscrites par exemple à l’indice SBF120, pourraient bien inciter de nouveaux épargnants à retrouver les chemins de la Bourse… avec les risques induits. Car aucun placement n’est jamais garanti, c’est le principe de ce genre d’investissement. Mais à une époque où les taux administrés sont particulièrement bas, une prise de risque sur une partie de l’épargne peut se justifier ; à chacun de définir sa stratégie d’investissement à partir de quelques règles de base.

 

Attirer les investisseurs étrangers

 

On peut toutefois s’étonner que, dans un contexte économique fort morose, les dividendes versés en France atteignent des records. D’autant que les cours de bourse n’ont pas enregistré de performances spectaculaires, au contraire : l’an dernier, l’indice CAC 40 n’a progressé que de 4,86%, soit deux fois moins qu’en 2015. On est loin de la flambée des cours du Dow Jones à New York, en hausse de plus de 13% en 2016 !

 

Néanmoins, à Paris, les sociétés cotées comme Sanofi, ou Renault ont choisi de récompenser leurs actionnaires. Malgré cette morosité. Et même à cause d’elle. Car ces sociétés ont besoin de fidéliser leurs actionnaires. Et même de se montrer attractives pour en attirer de nouveaux. L’enjeu est capital depuis que les investisseurs étrangers ont tendance à bouder la place parisienne. La Banque de France, dans son bulletin d’octobre 2016, évalue à 45% la part de la capitalisation boursière des sociétés du CAC 40 aux mains d’investisseurs non résidents.

 

Certes, c’est une proportion importante, surtout si l’on considère que 39% de ces sociétés sont majoritairement détenus par des intérêts étrangers. Malgré tout, ces investissements en provenance surtout des pays anglo-saxons sont en retrait. Et pour les entreprises cotées, c’est une perte de substance qu’il convient d’endiguer. D’où le versement de dividendes attractifs pour profiter d’arbitrages favorables des investisseurs.

 

Car des actionnaires comme les fonds de pension et fonds souverains qui gèrent en bourse de montants colossaux n’ont qu’une règle : la recherche du rendement pour les fonds placés. Or, la France présente pour eux certains inconvénients.

 

Rassurer, mais aussi compenser

 

 

La faiblesse de la croissance française doit être portée au passif. Car elle laisse planer des doutes sur la hausse de l’activité des entreprises. Toutefois, les grands groupes réalisant une part importante- souvent majoritaire – de leur chiffre d’affaires à l’international, la conjoncture économique en France n’est pas le critère déterminant. C’est le cas pour les grandes banques françaises fortement internationalisées, et qui, précisément, ont une place prépondérante dans le montant des dividendes distribués.

En outre, pour digérer les effets de la crise et divers problèmes rencontrés comme l’affaire Kerviel pour la Société Générale ou l’amende infligée par les Etats-Unis à BNP Paribas, ces établissements avaient réduit le montant de leurs dividendes. Ils les reconstruisent aujourd’hui à la hausse pour rassurer les investisseurs et manifester leur confiance dans leur activité à venir afin d’en attirer de nouveaux.

C’est la même confiance en l’avenir que veulent signifier d’autres gros pourvoyeurs de dividendes lorsqu’ils augmentent le coupon versé à leurs actionnaires. Et aussi bien pour les investisseurs résidents que non-résidents, ces poids lourds de la cote comptent ainsi compenser certains désagréments susceptibles de les rebuter.

 

Au premier chef, l’instabilité fiscale est un facteur qui peut dissuader de placer une épargne en bourse. A cause d’elle, il est difficile de bâtir des anticipations et d’arbitrer en faveur d’actions alors que les rendements seront affectés par des politiques sans cesse reconsidérées. Face à cet élément dissuasif, les entreprises choisissent de relever les dividendes pour ramener vers elles des actionnaires individuels (ils ne sont toutefois pas une priorité), mais surtout des fonds d’investissements qui sont leur véritable cible.

 

Dividendes contre investissements

 

D’autres questions méritent d’être posées. Par exemple, alors que les grandes entreprises ont capté 30%  du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) d’après le comité de suivi dans son rapport 2016, quelle part de ce crédit d’impôt  destiné à relancer l’embauche et l’investissement a finalement alimenté les dividendes ? Et est-ce que les avantages consentis aux actionnaires ne se font pas au détriment d’autres postes budgétaires dans la comptabilité des entreprises ?

 

Des experts s’interrogent, considérant que cette politique en faveur des dividendes pénalise les investissements. La tendance n’est pas assez favorable, contrairement aux anticipations qui laissaient présager une reprise en 2016. Or, l’investissement détermine l’embauche et la pérennité d’une activité. En privilégiant les actionnaires, les entreprises se plient aux exigences du rendement boursier à court terme réclamée par des fonds d’investissements, au détriment d’opérations avec des retours sur investissement de plus long terme.

 

Ainsi la logique boursière se trouve-t-elle déconnectée de l’économie réelle.  Sans elle, de nombreuses entreprises ne pourraient se maintenir à flots et avoir accès aux capitaux qui leur permettent de construire leur développement. Mais à cause d’elle, une certaine proportion de la richesse créée par les entreprises cotées échappe à l’activité économique. Car si une partie des gains est réinvestie sur place – soit à travers de nouveaux placements, soit via un soutien à la consommation de la part des investisseurs individuels -  une autre partie de la performance est en quelque sorte détournée, accentuant le fossé qui caractérise aujourd’hui la redistribution des richesses en France comme dans le reste du monde. Avec un risque d’emballement des activités en bourse.

 

On revient à la question de la déréglementation des flux financiers, aux excès des opérateurs et aux risques que les logiques boursières et les pratiques spéculatives font courir au monde, comme on l’a vu aussi bien en 2000 avec l’explosion de la bulle internet ou en 2008 suite à la crise bancaire causée par les « subprimes ».

 

Certes, ce ne sont pas les dividendes versés à Paris qui pourraient être à l’origine d’une nouvelle crise. Mais ils répondent aux mêmes logiques, celles qui touchent parfois à « l’exubérance irrationnelle », selon la formule célèbre d’Alan Greenspan, ex-patron de la Federal Reserve. Et qui ont cours partout sur la planète boursière.

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

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guerillero

PATRIOTES ? Les électeurs frontistes souhaitent le rétablissement des frontières et des taxes à l'importation. Mais les mêmes, comme consommateurs, choisissent-ils d'eux-mêmes des produits made in France lorsqu'ils ont le choix ? Pas sûr! On pourrait regarder s'ils ne possèdent tous que des voitures françaises, par exemple. Avant de rétablir des taxes qui augmenteront les prix des produits importés et qui, en retour, pénaliseront les exportations, que ces consommateurs qui se disent patriotes commencent par privilégier les marques françaises, sans forcément cadenasser l'Europe ni verrouiller le libre échange.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.
Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.
Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.
Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.
En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.
Mais il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…
Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

quadri

EUROPE: TROIS ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.
Dans l’intervalle, les élections nationales seront des tests déterminants : « En France, l’élection présidentielle sera un référendum sur l’Europe », a commenté l’ex-ministre français de l’Economie en faisant allusion à la percée du Front national dans les sondages.
Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.
Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) , a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions a atteint 1,9% cette année-là pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
L'économie française subit l’une des plus fortes corrections alors que croissance est trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieure de 30% pour l’Allemagne.
On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. Pire: lorsqu’on s’intéresse au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la Banque mondiale. Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.
Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.
Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.
Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).
Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.
Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !
Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

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