L’Europe a-t-elle un problème avec le Grand Duché ?

L’Europe a-t-elle un problème avec le Grand Duché ?

Après la révélation d’un nouveau fichier d’exilés fiscaux français, belges et allemands au Luxembourg, des questions se posent sur la politique du Grand Duché avant qu’il ait consenti à la ...

SUITE

La face cachée de la dette d’EDF

La face cachée de la dette d’EDF

La gymnastique comptable permet d’inscrire une partie de la dette dans les fonds propres.   Mais l’endettement réel est plus important qu’il n’apparaît.   Selon le rapport financier semestriel du 30 juin 2015, ...

SUITE

Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Economiquement, une sortie de la Grande Bretagne de l’Europe pourrait ne pas créer de bouleversement sur le long terme.   Mais au-delà du débat britannique, l’Europe est placée au pied du mur ...

SUITE

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.   En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une ...

SUITE

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Même si la courbe du chômage s’inverse, le recul de l’attractivité de la France pénalise la création d’emplois.   Dommage. C’est lorsque l’Insee fait état de statistiques plutôt encourageantes pour l’économie française ...

SUITE

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

SUITE

Emmanuel Macron : un bilan encore virtuel pour un ministre de passage

Emmanuel Macron : un bilan encore virtuel pour un ministre de passage

Une carrière fulgurante, des résultats mitigés. Maintenant, Emmanuel Macron va devoir convaincre qu’il peut être un leader politique autrement qu’avec des petites phrases douces et assassines.   Macron président ? Que l’ex-ministre de ...

SUITE

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.   Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.   Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour ...

SUITE

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.   Ailleurs dans l’Union, l’Europe est ...

SUITE

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Depuis le temps que les Etats disent vouloir s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, le shadow banking n’a cessé de se développer, offrant de nouvelles opportunités de fraude et ...

SUITE

Economie : et la confiance, bordel ?

Economie : et la confiance, bordel ?

Au moment où la mécanique économique semble pouvoir être relancée, la France se crispe sur de vieux antagonismes entre les salariés et les entreprises qui ont pourtant partie liée.   Le ...

SUITE

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme ...

SUITE

Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Face au risque de dislocation de l’Union européenne après le Brexit, les objectifs de la Communauté originelle refont surface.   Le chef de l’Etat relance l’idée d’une harmonisation fiscale, bien plus ...

SUITE

Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Pour revenir à la situation de mi-2012, il faudrait que le nombre de chômeurs baisse d’un quart en un an. Impossible, même avec un plan massif pour l’emploi, bien tardif mais ...

SUITE

Une carrière fulgurante, des résultats mitigés. Maintenant, Emmanuel Macron va devoir convaincre qu’il peut être un leader politique autrement qu’avec des petites phrases douces et assassines.

 

Macron président ? Que l’ex-ministre de l’Economie se projette à l’Elysée, c’est son droit. C’est d’ailleurs assez répandu chez les ministres qui, parvenus à ce niveau de responsabilité, rêvent tous de franchir la dernière marche du pouvoir. Mais qui est Emmanuel Macron, et sur quels résultats peut-on juger l’homme politique ?

 

Ministre en herbe, les Français ne le connaissaient pas avant sa nomination à Bercy en août 2014, héritant du portefeuille de l’Economie et de l’Industrie en remplacement d’Arnaud Montebourg, limogé. L’Economie… sans les Finances. Et a fortiori, sans le Budget non plus. C’est-à-dire un portefeuille qui, à l’inverse de certains de ses prédécesseurs comme Michel Sapin déjà par le passé, ne comportait pas les leviers les plus déterminants dans la conduite des affaires du pays.

 

Certes, l’ambitieux ancien énarque considère que sa jeunesse – 38 ans – et sa fraîcheur dans les affaires publiques sont autant d’atouts pour « faire bouger les lignes » et faire de la politique autrement. Après tout, François Hollande lui-même n’eut jamais la responsabilité du moindre ministère avant de prendre les rênes de l’Etat ! Mais on aimerait pouvoir juger sur pièce, et pas seulement signer un chèque en blanc sur des projets qui pour l’instant restent très pointillistes et nébuleux, surtout dans les autres domaines que l’économie.

 

Un viatique insuffisant

 

On peut bien sûr, à partir des déclarations qui émaillèrent son parcours en tant que ministre, tenter d’anticiper les coups à venir comme les spectateurs d’une partie d’échecs qui imaginent la stratégie des joueurs. Mais l’adhésion au programme d’un homme politique pour la conduite d’un pays ne procède pas de cette logique. Elle a besoin d’engagements dans de multiples domaines sur lesquels Emmanuel Macron n’est jamais intervenu ( l’éducation nationale, la défense, la sécurité, la santé… ), de réalisme pour que les promesses aient des chances d’être tenues, de ténacité et de fidélité dans la parole donnée pour que ces promesses ne soient pas que des marqueurs d’un jour mais fixent de vrais objectifs. L’ambition et les succès de communication, dont Emmanuel Macron peut se targuer, ne sauraient à eux seuls faire office de viatique à la place d’un programme de gouvernement pour viser l’Elysée.

 

En économie même, le bilan de ses deux années à Bercy ne peut être que mitigé. D’abord, parce que ce laps de temps relativement court ne permet pas encore de mesurer les résultats de ses réformes dans leur intégralité. Ensuite, parce que même la loi qu’il a portée « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques » devra être évaluée à l’aune des changements qu’elle aura impulsés. Reprenant une partie des propositions de la Commission Attali dont il était le rapporteur, il avait travaillé sur certaines des réformes avant même son arrivée à Bercy. Mais cette commission ayant été mise en place à la demande de l’ex-président Nicolas Sarkozy, cette loi fut forcément un chiffon rouge agité sous le nez de la gauche. Sur la forme comme sur le fond.

 

Dans ce contexte tendu, le premier échec d’Emmanuel Macron fut déjà de ne pas être parvenu à rallier suffisamment de députés à sa cause, soit à gauche parce qu’ils s’opposaient à son esprit libéral, soit à droite parce qu’ils n’auraient pour rien au monde voulu cautionner une initiative de gauche. Résultat, il aura fallu que le Premier ministre Manuel Valls fasse abstraction du débat parlementaire et recourt à l’article 49-3 de la Constitution (autrefois critiqué par François Hollande) pour imposer cette loi.

 

Certes, Emmanuel Macron dénonce ces jeux politiques de la gauche et de la droite qui bloquent la société française et dont il a fait les frais à cette occasion. En attaquant le vieil ordre politique, il s’est même construit un fonds de commerce. Toutefois, d’autres avant lui ont sonné le glas de l’affrontement droite-gauche sans parvenir à lancer une nouvelle façon de faire de la politique. Ce qui explique certainement l’essoufflement de la démocratie en France. Mais il ne suffit pas de dénoncer. Et si elle est conforme au fonctionnement de la Ve République, la solution qui consiste à s’extraire du débat parlementaire n’est pas la façon la plus démocratique pour faire passer une loi.

 

Quant aux résultats de la loi promulguée le 7 août 2015, ils existent mais ne sont pas de nature à servir de marchepied pour accéder à l’Elysée.

 

Un bilan à consolider

 

La libéralisation du transport par autocar a, selon les informations du gouvernement, permis de tripler le nombre de liaisons quotidiennes (715 liaisons aujourd’hui) en multipliant par 2,5 le nombre de villes et d’aéroports (180 en août 2016)concernés par ces liaisons. C’est le volet de la loi dont le résultat est le plus spectaculaire, avec plus de 1500 emplois créés et 3 à 4 millions de personnes transportées à des tarifs bien plus bas que ceux du train. Mais il s’agit de prix d’appel qui ne permettent pas aux compagnies d’autocars de parvenir à une exploitation saine, ce qui devrait vite aboutir à un relèvement de ces tarifs. Malgré tout, ce volet est à porter au crédit de la loi.

 

L’autre aspect important de la loi Macron concerne l’assouplissement de la réglementation sur le travail du dimanche et en soirée, dans les 21 zones touristiques internationales aujourd’hui créées. On est toutefois loin d’une libéralisation totale puisque l’ouverture dominicale est toujours limitée à douze dimanches – au lieu de cinq – dans l’année. Et toute ouverture doit être le résultat d’un accord entre partenaires sociaux au niveau des branches et des entreprises, aussi bien sur les amplitudes que sur les majorations de salaires. Les syndicats étant pour la plupart vent debout contre cette extension des horaires de travail même basée sur le volontariat, les négociations ont été plus compliquées que prévu. Et s’ils apportent des marges nouvelles aux consommateurs pour effectuer leurs achats, les horaires étendus ne génèrent pas forcément des compléments importants de chiffre d’affaires. Le bilan est mitigé.

 

L’introduction d’une dose de concurrence dans les professions réglementées a fait beaucoup de bruit lorsque les notaires, les commissaires-priseurs et les huissiers sont sortis de leur habituelle discrétion pour manifester contre ce début de libéralisation. A force de pression sur le pouvoir, ces professionnels sont parvenus à limiter les effets de la réforme, avec des baisses de tarifs réduites (sauf pour les montants importants) et une ouverture très encadrée de la liberté d’installation des professions réglementées du droit. Pour le grand public, les effets de la loi sont encore plutôt virtuels.

 

D’autres dispositions ont été prises dans le cadre des 308 articles de la loi Macron. Comme la réforme du permis de conduire, l’introduction d’un dispositif de suramortissement destiné à favoriser l’investissement des entreprises, la simplification de l’épargne salariale pour drainer des fonds vers les PME… Autant de dossiers plutôt techniques et utiles, mais qui ne disent rien de la surface politique du ministre qui les a portés, ni de la vision qui l’anime.

 

Bras de fer Valls-Macron

 

Surtout, compte tenu de la levée de boucliers dans les rangs de la majorité et, accessoirement, de l’ombre faite au Premier ministre dans un positionnement social libéral, Emmanuel Macron fut empêché de présenter une deuxième loi sur les « nouvelles opportunités économiques », dont les principales mesures furent réparties dans les lois Sapin 2 sur « la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique », et El Khomri relative « au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels ». Officiellement, le travail parlementaire était surchargé.

 

En réalité, en se comportant comme un électron libre plus souvent qu’à son tour et en semblant vouloir profiter d’une liberté de parole que lui aurait concédé le Chef de l’Etat auquel il devait son ascension, Emmanuel Macron avait fini par irriter le Premier ministre, fâché de voir son ministre de l’Economie occuper de plus en plus de place dans les médias et las de devoir rectifier ses écarts de communication. Son deuxième projet de loi, qui devait être présenté début 2016, fut enterré.

 

L’ex-ministre de l’Economie encaissa le coup, et le manifesta ainsi que son désir d’indépendance en créant son mouvement « En marche ! » en avril. La chronologie d’un départ annoncé était déjà écrite.  Cinq mois plus tard, il claque la porte du gouvernement après maintes rumeurs de démission et un recadrage du chef de l’Etat le 14 juillet.  C’est au tour de François Hollande, qui l’avait fait ministre, d’encaisser le coup après avoir assumé le risque, vis-à-vis de ses anciens électeurs, de nommer un ex-banquier d’affaires à son côté.

 

Ayant recouvré sa liberté de parole, Emmanuel Macron va devoir maintenant occuper la scène médiatique autrement qu’avec des petites phrases qui n’ont plus la même portée provocatrice lorsque leur auteur n’est plus au gouvernement. Par exemple, quel intérêt pour  lui, demain, de se déclarer non socialiste dès l’instant où il n’est plus dans un gouvernement de gauche ?

 

Il promet un constat, mais ce n’est pas ce que les Français réclament. Sur l’ensemble du spectre politique, de l’extrême gauche à l’extrême droite, ces constats fleurissent. Ce qu’attendent les Français, ce sont des propositions, un programme au service d’une vision qui permette de situer celui qui les porte, de le jauger, de le juger, et éventuellement de le rallier. Et le temps, maintenant, lui est compté. Sinon, la bulle Macron se dégonflera comme toutes les bulles médiatiques, et on oubliera l’homme et son ambition.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

 

Print Friendly

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

guerillero

PATRIOTES ? Les électeurs frontistes souhaitent le rétablissement des frontières et des taxes à l'importation. Mais les mêmes, comme consommateurs, choisissent-ils d'eux-mêmes des produits made in France lorsqu'ils ont le choix ? Pas sûr! On pourrait regarder s'ils ne possèdent tous que des voitures françaises, par exemple. Avant de rétablir des taxes qui augmenteront les prix des produits importés et qui, en retour, pénaliseront les exportations, que ces consommateurs qui se disent patriotes commencent par privilégier les marques françaises, sans forcément cadenasser l'Europe ni verrouiller le libre échange.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.
Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.
Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.
Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.
En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.
Mais il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…
Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

quadri

EUROPE: TROIS ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.
Dans l’intervalle, les élections nationales seront des tests déterminants : « En France, l’élection présidentielle sera un référendum sur l’Europe », a commenté l’ex-ministre français de l’Economie en faisant allusion à la percée du Front national dans les sondages.
Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.
Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

DSC_0367

LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) , a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions a atteint 1,9% cette année-là pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
L'économie française subit l’une des plus fortes corrections alors que croissance est trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieure de 30% pour l’Allemagne.
On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. Pire: lorsqu’on s’intéresse au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la Banque mondiale. Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.
Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.
Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.
Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).
Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.
Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !
Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

septembre 2016
L Ma Me J V S D
« août   oct »
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  
491