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En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.

 

Ailleurs dans l’Union, l’Europe est aussi un bouc émissaire.

 

C’est bien connu, dans un référendum, on répond rarement à la question posée. En France… comme en Grande-Bretagne. Aussi, on peut s’interroger: et si le Brexit n’était rien d’autre qu’un immense malentendu ?

 

A l’occasion du référendum du 23 juin sur le maintien ou non du Royaume Uni  dans l’Union européenne, près de 52% des électeurs  britanniques ont choisi d’en sortir. L’Europe n’a pas su les convaincre des avantages qu’elle peut leur procurer alors que, dans le camp de ses adversaires, on n’a pas hésité à utiliser des arguments parfois fallacieux pour provoquer la rupture. Quoi qu’il en soit, les pro-européens ne sont pas parvenus à empêcher que l’Union soit devenue un repoussoir pour une majorité  d’électeurs. Signe d’une évidente faiblesse.

 

Mais si l’origine des problèmes sur lesquels  le parti europhobe Ukip a capitalisé, était d’autre nature qu’européenne ? Si, en exprimant un ras-le-bol attribué à l’Union, les électeurs britanniques avaient en fait voulu sanctionner une politique libérale britannique initiée il y a trente ans par Margaret Thatcher, et qui s’est traduit depuis la crise par un creusement de plus en plus profond des inégalités ?

 

Des inégalités croissantes imputables à Londres

 

Par exemple, le succès de la politique britannique dans la lutte contre le chômage a souvent été souligné par les médias, impressionnés par un taux à 5% mesuré par l’institut européen Eurostat deux fois plus bas qu’en France. La Grande Bretagne parvenait donc à effacer les ravages de la crise quand de l’autre côté du Channel, l’inversion de la courbe du chômage était sans cesse repoussée.

 

Mais malgré cette reprise de l’emploi qui aurait dû se traduire par une hausse de la richesse produite par les citoyens britanniques, le PIB par habitant a évolué peu ou prou de la même façon dans les deux pays : en prenant comme indice 100 le PIB européen par habitant, le Royaume Uni arrivait à 106 et la France à 108 en 2011 selon l’Insee, alors qu’en 2014 le Royaume Uni passait à 108 et la France à 107. Un très faible différentiel.

 

Mais il ne s’agit que de moyennes. Car en affinant l’analyse, on mesure le décalage qui existe en Grande Bretagne entre Londres d’un côté, et le reste de l’Angleterre de l’autre. Dans son approche des pouvoirs d’achat régionaux par habitant en Europe, Eurostat met en évidence la richesse du Grand Londres, région qui arrive en tête de toute l’Union européenne avec un PIB par habitant plus de trois fois supérieur à la moyenne européenne. Londres profite du rayonnement mondial de la City dans les activités financières, place d’autant plus attractive qu’elle est aussi un véritable petit paradis fiscal. Mais la richesse générée par la City, îlot de prospérité, ne tire pas l’activité dans les autres régions.

 

Certes, comme le souligne l’institut, la région abritant la capitale est  souvent plus riche que les autres régions d’un même pays, mais pas dans de telles proportions. Par exemple, alors que le PIB français par habitant en France est proche du britannique, le PIB par habitant en Ile de France est deux fois moins élevé que dans le Grand Londres.

 

L’ampleur de ces inégalités au Royaume Uni explique en partie le contraste exprimé lors du référendum, entre des électeurs londoniens favorables au maintien dans l’Union et ceux qui, dans les autres régions, ont voté en faveur d’une sortie. Mais en l’occurrence, ce n’est pas une politique européenne qui est à l’origine de ces inégalités, mais la politique britannique en matière de  redistribution des richesses, marquée depuis 2010 par une réduction drastiques des dépenses publiques.

 

Austérité et précarité, la facture de la crise du libéralisme

 

Dans la logique de l’ultralibéralisme dont Londres veut être un fer de lance, pas question de laisser un Etat providence soigner les séquelles d’une crise économique pourtant largement imputable aux excès de ce même libéralisme. Le moteur de la relance économique devait repartir de lui-même, par le biais d’une politique d’austérité destinée à relancer la productivité. Un choix spécifiquement britannique, pas européen.

 

Le problème, c’est que l’austérité n’a pas été partagée.  Sur la base d’études menées outre-Manche, l’économiste Alexandre Delalgue souligne que les 20% de familles les plus pauvres ont vu leur patrimoine se réduire de 57% entre 2005 et 2013, alors que dans le même temps à l’autre bout de l’échelle, celui des familles les plus aisées a augmenté de 64%. La politique d’austérité menée depuis six ans a pesé lourd dans cette évolution, déclenchant le ras-le-bol dans les régions déjà touchées par la désindustrialisation qui sévit depuis trois décennies.

 

Qui saurait voir la patte de l’Europe dans le choix de cette politique, d’autant que le Royaume Uni ne faisant pas partie de la zone euro, il n’est pas contraint de se plier à certaines règles issues du Pacte de stabilité commun aux 19 membres qui ont opté pour la monnaie européenne… C’est plutôt la crise qui est à l’origine de cette politique d’austérité, crise bancaire à l’origine, imputable aux excès d’un libéralisme initié par la finance anglo-saxonne et dans lequel le reste du monde s’est ensuite engouffré.  Ne récrivons pas l’histoire à l’envers.

 

Malgré tout, la Grande Bretagne a recréé de l’emploi. Mais pas grâce à une hausse de la productivité qui aurait été le résultat attendu de la politique d’austérité. Au contraire : par rapport à 2008, cette productivité aurait même reculé à l’inverse des observations faites pour l’Espagne, l’Allemagne ou la France, analyse La Tribune.

 

La création d’emplois est plutôt imputable aux contrats « zéro heure » qui sont maintenant utilisés dans toute l’économie et même les services publics. Des contrats qui permettent aux employeurs de ne payer leurs salariés que lorsqu’ils font appel à eux, sans garantie pour les salariés sur le nombre d’heures travaillées, et qui n’offrent aucune sécurité en cas de maladie ou de licenciement. Des emplois qui, par conséquent, tirent les rémunérations vers le bas, même pour les autres  contrats. Ainsi, la cure d’austérité a surtout fait progresser la précarité et le nombre de travailleurs pauvres qui, face à la multiplication des emplois partiels mal payés, doivent en cumuler plusieurs pour pouvoir vivre de leur travail. C’est dans ce contexte que les Britanniques ont voté.

 

Bien sûr, le fonctionnement de l’Europe doit être revisité. Et le spectacle donné parfois par ses institutions a de quoi irriter les citoyens britanniques comme ceux des autres pays membres. Toutefois, on peut considérer que le résultat du vote du 23 juin est pour une part importante la conséquence d’une politique  uniquement imputable à Londres et non à Bruxelles comme les europhobes de Ukip sont parvenus à le faire croire.

 

L’Europe a eu le dos large, comme dans bon nombre d’autres pays où, pour ne pas prendre de front des problèmes de politique intérieure, on attribue à la Commission européenne des responsabilités qui, souvent (à l’exception de la politique de concurrence) la dépassent. Or, à force de dénoncer toujours le même bouc émissaire, on finit par en faire un véritable repoussoir.

 

Mais pour les Britanniques, rompre les amarres ne résoudra pas les problèmes nés d’un trop-plein d’austérité. Et il en est de même dans les autres pays où les adversaires de l’Union européenne donnent de la voix. Le référendum britannique est, à ce titre, riche d’enseignements pour les autres capitales, onze ans après le « non » français au projet de constitution européenne dont les gouvernants n’ont pas tiré, à l’époque, les conclusions qui s’imposaient. Vont-ils renouveler cette erreur, en fait une véritable faute politique ?

 

Le changement de paradigme de Theresa May

 

Le nouveau gouvernement a pris conscience de la réalité des motifs du ras-le-bol qui s’est exprimé. Bien sûr, devant donner des gages, Theresa May à la tête du nouveau gouvernement britannique depuis le 13 juillet a bien sûr souligné qu’il ne s’agissait pas pour elle de remettre en question le verdict des urnes. Néanmoins,  la nouvelle dame de fer ne donne guère le sentiment de vouloir accélérer le détricotage des liens du Royaume Uni avec l’Union européenne, le calendrier le plus probable émis par la presse britannique semblant introduire toutes les souplesses possibles pour négocier le divorce d’ici à 2019.  Et encore, en conservant au Royaume ses entrées sur le continent.

 

En réalité, elle a insisté dès son entrée en fonction et avant de pouvoir présenter un programme précis, sur la nécessité de relancer l’industrie – recréer donc de l’activité dans les régions qui ont été hostiles à l’Europe – et de desserrer l’étau de l’austérité en réintroduisant un peu d’Etat dans la conduite de l’économie.  La priorité n’est plus forcément aux services concentrés sur Londres, le social ne s’oppose plus au redressement. On assiste à un recentrage par rapport aux politiques ultralibérales, recentrage que l’Europe n’aurait en rien cherché à contrarier si ses prédécesseurs – et notamment David Cameron – avait voulu l’opérer.

 

Le nouveau Premier ministre britannique devait à la  fois répondre à l’expression des électeurs tout en préservant l’unité du Royaume. Les premiers éléments montrent que les réponses doivent d’abord s’exprimer dans des aspects de la politique britannique qui sont indépendants de l’adhésion à l’Europe. Comme si un malentendu entretenu par les europhobes britanniques était à l’origine du Brexit, sans qu’on puisse rejouer le scénario. On peut juste tenter d’empêcher qu’il ne se renouvelle ailleurs.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

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guerillero

PATRIOTES ? Les électeurs frontistes souhaitent le rétablissement des frontières et des taxes à l'importation. Mais les mêmes, comme consommateurs, choisissent-ils d'eux-mêmes des produits made in France lorsqu'ils ont le choix ? Pas sûr! On pourrait regarder s'ils ne possèdent tous que des voitures françaises, par exemple. Avant de rétablir des taxes qui augmenteront les prix des produits importés et qui, en retour, pénaliseront les exportations, que ces consommateurs qui se disent patriotes commencent par privilégier les marques françaises, sans forcément cadenasser l'Europe ni verrouiller le libre échange.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.
Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.
Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.
Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.
En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.
Mais il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…
Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

quadri

EUROPE: TROIS ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.
Dans l’intervalle, les élections nationales seront des tests déterminants : « En France, l’élection présidentielle sera un référendum sur l’Europe », a commenté l’ex-ministre français de l’Economie en faisant allusion à la percée du Front national dans les sondages.
Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.
Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) , a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions a atteint 1,9% cette année-là pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
L'économie française subit l’une des plus fortes corrections alors que croissance est trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieure de 30% pour l’Allemagne.
On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. Pire: lorsqu’on s’intéresse au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la Banque mondiale. Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.
Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.
Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.
Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).
Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.
Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !
Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

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