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Face au risque de dislocation de l’Union européenne après le Brexit, les objectifs de la Communauté originelle refont surface.

 

Le chef de l’Etat relance l’idée d’une harmonisation fiscale, bien plus difficile à réaliser aujourd’hui qu’il y a soixante ans.

 

C’est l’une des pistes de François Hollande, dans une interview au journal Les Echos, pour relancer le processus européen fragilisé par le vote des électeurs britanniques en faveur d’une sortie de l’Union : « engager une harmonisation sociale et fiscale », « en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés ».

 

Il serait bien temps, à moins d’un an du 60e anniversaire du traité de Rome, de se souvenir que le texte fondateur de la Communauté économique européenne stipulait que  les Etats membres devaient concourir à « l’établissement d’un régime assurant que la concurrence n’est pas faussée dans le marché commun », au moyen du « rapprochement progressif » de leurs politiques économiques qu’ils « coordonnent » en ce sens. Un programme auquel les pays membres ont tourné le dos pour privilégier le principe de concurrence qui aboutit au dumping fiscal dont jouent les entreprises !

 

Un sujet qui fâche

 

 

Certes, jusqu’en 1992, cette harmonisation fit partie des objectifs de la Communauté… même si elle ne fut traitée que parcimonieusement dans les traités qui succédèrent au texte fondateur. Du coup, l’objectif demeura virtuel. Puis, l’année du Traité de Maastricht, les ministres des Finances décidèrent à l’occasion d’un Conseil que « l’harmonisation des régimes fiscaux des Etats membres, et notamment de la fiscalité directe, n’est pas une condition nécessaire à l’achèvement du marché intérieur ». Pour progresser il convenait de se débarrasser des sujets qui fâchent. Devenue optionnelle,  l’harmonisation cédait le pas à la coordination.

 

Il fallut ensuite cinq années pour que la Commission élabore un code de bonne conduite – juridiquement non contraignant – devant permettre de faire converger les fiscalités nationales…. On ne parlait alors même plus de coordination, mais de convergence, et non obligatoire. La concurrence pouvait, en creux, s’exprimer pleinement. Une ouverture dans laquelle l’Irlande, le Luxembourg, le Royaume Uni, l’Autriche, les Pays Bas puis nombre des nouveaux membres entrés dans l’Union après l’élargissement, se sont engouffrés pour séduire les investisseurs et emporter les décisions d’implantation des entreprises. Une compétition au moins-disant fiscal.

 

Aujourd’hui globalement, même si la taxation sur le travail reste la principale source de recettes fiscales dans presque tous les Etats membres, les prélèvements obligatoires pèsent par exemple 50% plus lourd en France, au Danemark ou en Belgique qu’en Irlande, en Pologne ou en Bulgarie. Et il y a longtemps que l’Europe élargie ne parle plus de convergence.

 

On connait la suite. L’évasion fiscale à l’intérieur de l’Union sous prétexte d’optimisation comme en Irlande (avec un impôt sur les sociétés à 12,5%), ou les négociations des entreprises au Luxembourg pour obtenir des allègements à la carte, sont autant de poisons pour la démocratie et l’esprit communautaire. Les délocalisations au sein même de l’Europe ont répandu auprès de certaines populations (comme en Grande Bretagne) le sentiment que l’Union se construisait contre elles. Selon François Hollande, il est maintenant urgent, pour que l’édifice européen ne se disloque pas, de revenir à des fondamentaux qui n’expriment rien de plus que la nécessaire démarche de solidarité sans laquelle aucune communauté ne peut organiser d’avenir commun.

 

Mais après soixante ans d’immobilisme ou presque, il va être beaucoup plus difficile d’entraîner 27 membres passablement désabusés qui jouent plus ou moins des cartes nationales, que lorsque la Communauté comptait six ou sept membres qui rêvaient de construire la paix en Europe. Car pour toutes les questions touchant à la fiscalité, la règle de l’unanimité s’applique. Dans ces conditions, trouver un accord à six ou sept était déjà fort compliqué. A vingt sept, c’est mission impossible.

 

Le long chemin d’une coopération renforcée

 

Il existe, toutefois, une solution : « S’il y a des blocages, nous passerons à une coopération renforcée », a déjà envisagé l’an dernier Pierre Moscovici, commissaire européen en charge de la fiscalité. Ce qui consiste pour certains pays membres à se doter de certaines règles malgré les réticences des autres, en composant une union restreinte.

 

Le concept d’une Europe à plusieurs vitesses, déjà amorcé avec l’euro et l’espace Schengen, se renforcerait.  Mais pourrait-on envisager une coopération renforcée à laquelle ne participeraient pas tous les membres fondateurs de la Communauté ?

 

Certains pays champions de la compétition fiscale n’ont aucune envie d’entrer dans cette logique, comme le montrèrent les débats qui accouchèrent en 2003 d’une directive sur les revenus de l’épargne après trois années d’empoignade à cause de l’opposition de la Grande Bretagne, mais aussi de la Belgique et du Luxembourg (à l’époque dirigé par Jean-Claude Juncker, l’actuel président de la Commission européenne). On peut parier que l’Autriche, qui fut toujours hostile à une harmonisation, et l’Irlande qui pratique le dumping fiscal, rejoindront le camp du non, sans parler des nouveaux membres qui touchent les dividendes de fiscalités plus basses pour attirer des investisseurs et développer leurs industries.

 

En outre, si l’harmonisation est restée lettre morte, c’est qu’aucun des pays membres n’a voulu sacrifier ses objectifs de politique intérieure au nom d’un idéal européen, ni accepter de perdre la main sur la maîtrise de son budget au nom d’un alignement de sa politique fiscale. Ce sont bien les gouvernements qui ont pris cette responsabilité, et non la Commission européenne trop facilement accablée de tous les maux. Il est bon de rappeler par exemple que lorsque la Commission a proposé, pour certains dossiers fiscaux, de soumettre les propositions au vote à la majorité qualifiée pour sortir du verrouillage de l’unanimité, ce sont les Etats qui ont refusé. L’alerte sur un risque d’implosion de l’Europe sonne-t-elle si fort que les pays de l’Union se résoudraient aujourd’hui à renoncer à un pan de leur souveraineté et à envisager ce qui n’était pas négociable hier ?

 

Enfin, à quel niveau établir une harmonisation, et en combien de temps ? Pour les pays à forte fiscalité comme la France, tout processus allant dans cette direction impliquerait une diminution de certaines taxes, et donc une réduction des recettes de l’Etat qui supposerait une révision drastique de la politique de redistribution. Une révolution, qui serait forcément contestée et renforcerait l’europhobie, résultat contraire au but recherché !

 

A l’inverse pour les pays à faible fiscalité, tout relèvement se traduirait par une ponction du pouvoir d’achat et une perte d’attractivité susceptibles de remettre en question les équilibres économiques et les objectifs de croissance.

 

Dans tous les cas de figure, toute convergence visant une harmonisation ne peut être envisagée que sur très longue durée, ce qui risque d’engendrer frustration et déception chez les plus convaincus des europhiles.

 

Un serpent fiscal pour réduire les écarts

 

Pourtant, des hypothèses ont déjà été échafaudées, passant par la mise en place d’un serpent fiscal européen sur le modèle du serpent monétaire européen de 1972. Cette initiative servit de socle au système monétaire européen en 1976 avant de donner naissance à la « monnaie unique » dont le principe fut adopté en 1992, qui fut créée en 1999 et qui se matérialisa en 2002. Cette idée de serpent, si elle implique un engagement dans le temps, servirait le projet d’harmonisation.  Un resserrement des écarts a déjà été opéré sur la TVA au niveau européen. Il s’agirait avec un serpent fiscal plus large de créer un corpus de règles et des marges de fluctuations allant dans le sens d’une coordination de plus en plus grande.

 

Mais il faudra beaucoup de temps pour écrire cette histoire-là à partir d’une feuille blanche. Et au moins autant pour traiter le volet de l’harmonisation sociale, autre levier cité par François Hollande pour ranimer le projet européen. Car le dumping social est, pour certains pays membres, aussi efficace que le dumping fiscal pour attirer les investissements et capter les délocalisations des pays aux régimes sociaux les plus protecteurs.

 

Il est aussi à l’origine du phénomène qui permet à des entreprises d’un pays d’employer des salariés d’autres pays européens, en appliquant des cotisations sociales en vigueur dans leurs pays lorsque les taux sont moins élevés ; une disposition prise il y a dix ans sur les travailleurs détachés, et contre laquelle Manuel Valls, Premier ministre, compte s’opposer à Bruxelles. Mais il ne risque pas de rallier les 26 autres pays membres derrière lui, car les logiques nationales sont autant de freins à tout projet d’harmonisation.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

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guerillero

PATRIOTES ? Les électeurs frontistes souhaitent le rétablissement des frontières et des taxes à l'importation. Mais les mêmes, comme consommateurs, choisissent-ils d'eux-mêmes des produits made in France lorsqu'ils ont le choix ? Pas sûr! On pourrait regarder s'ils ne possèdent tous que des voitures françaises, par exemple. Avant de rétablir des taxes qui augmenteront les prix des produits importés et qui, en retour, pénaliseront les exportations, que ces consommateurs qui se disent patriotes commencent par privilégier les marques françaises, sans forcément cadenasser l'Europe ni verrouiller le libre échange.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.
Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.
Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.
Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.
En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.
Mais il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…
Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

quadri

EUROPE: TROIS ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.
Dans l’intervalle, les élections nationales seront des tests déterminants : « En France, l’élection présidentielle sera un référendum sur l’Europe », a commenté l’ex-ministre français de l’Economie en faisant allusion à la percée du Front national dans les sondages.
Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.
Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) , a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions a atteint 1,9% cette année-là pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
L'économie française subit l’une des plus fortes corrections alors que croissance est trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieure de 30% pour l’Allemagne.
On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. Pire: lorsqu’on s’intéresse au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la Banque mondiale. Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.
Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.
Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.
Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).
Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.
Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !
Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

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