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Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.

 

En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une dynamique d’adhésion.

 

Bien qu’un certain nombre de syndicats, CGT et FO en tête, se dressent contre l’adoption de la loi Travail, celle-ci serait pourtant de nature à mettre fin au paradoxe français qui tient au faible taux de syndicalisation en France rapporté à la capacité de mobilisation des fédérations.

 

Peu d’adhésions mais une forte capacité de mobilisation

 

Alors que les accords conventionnels négociés par les syndicats couvrent plus de 90% des salariés, la France est quasiment le pays où le taux de syndicalisation est le plus bas en Europe. Selon une récente étude du ministère du Travail, pas plus de 11% du total des salariés adhèrent à un syndicat (soit 8,5% dans le secteur privé et associatif et 19,4% dans le public) ; une audience qui a fondu de moitié en quarante ans.

 

On est loin des 70% enregistrés dans les pays scandinaves, 35% en Italie, 30% au Royaume Uni, 25% en Allemagne… En Europe, seules l’Estonie et la Lituanie affichent des taux aussi bas qu’en France.

 

Cette situation atypique tient à la forme particulière des négociations professionnelles, avec des organisations syndicales qui représentent l’ensemble des salariés de leur branche et non pas leurs seuls adhérents, grâce à la procédure d’extension des accords collectifs. Et pour les syndicats de salariés, le nombre de voix obtenues aux élections professionnelles (avec des taux de participation supérieurs à 40% dans le privé et 50% dans le public) compte plus que le nombre d’adhésions dont ils peuvent se prévaloir.

 

Dans ces conditions, les administrations et les grandes entreprises du public et du privé ont toujours été les cibles prioritaires des centrales pour obtenir la plus grande influence possible dans les négociations d’accords de branche.

 

En outre, les syndicats ont pâti du recul de l’industrie qui traditionnellement fournissait les plus gros bataillons syndicaux dans le secteur marchand. Enfin, ils n’ont pas en France les mêmes fonctions de service qui leur incombent dans d’autres pays européens où l’adhésion conditionne l’accès à l’assurance chômage ou à des aides sociales…

 

Des représentations au plus près du terrain

 

Mais la loi portée par la ministre du Travail Myriam El Khomri veut rebattre les cartes en affirmant la « primauté de l’accord d’entreprise » sur l’accord de branche en matière de durée du travail et de majoration des heures supplémentaires.

 

Devenant « le principe de droit commun » selon les termes de la loi, l’accord d’entreprise devient un nouvel espace stratégique que les syndicats vont devoir chercher à investir, et pas seulement dans les grandes entreprises (30% des effectifs salariés) mais aussi dans les petites et moyennes afin de pouvoir peser dans les négociations. Ce qui suppose une représentation bien plus importante qu’aujourd’hui dans les quelque 150.000 PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) qui emploient environ 50% des salariés, selon l’Insee. Et même dans les quelque 3 millions de micro-entreprises où travaillent 20% des salariés.

 

Actuellement, le taux de syndicalisation ne dépasse pas 5% dans les entreprises de moins de 50 salariés et 11% dans les unités employant entre 50 et 200 personnes. Avec la loi El Khomri et son « inversion de la hiérarchie des normes », les stratégies syndicales  ne peuvent plus se permettre de négliger ce tissu d’entreprises.

 

Cette loi Travail ne serait pas la première à impliquer une remise en question des stratégies syndicales. La loi sur la rénovation de la démocratie sociale de 2008 comporte un volet sur la représentation syndicale qui fixe des seuils planchers d’audience aux syndicats (10% dans les entreprises, 8% dans les branches) pour qu’ils soient jugés représentatifs. Et depuis 2012, les salariés des TPE (qui n’ont ni délégués du personnel ni comité d’entreprise) et les employés à domicile sont également appelés à élire leurs représentant syndicaux dans les branches professionnelles.

 

Plus récemment, c’est la négociation collective dans l’entreprise qui a été renforcée avec la loi sur la sécurisation de l’emploi de juin 2013 et laloi sur le dialogue social et l’emploi d’août 2015.

 

La loi El Khomri et son « inversion de la hiérarchie des normes », avec les recours prévus en cas d’opposition à un accord d’entreprise, s’inscrit donc dans une évolution déjà balisée pour porter la négociation collective au plus près du terrain, dans l’entreprise. Ce qui ne peut que modifier la nature du dialogue social, aussi bien côté patronal (pas pour les grandes entreprises déjà rompu à l’exercice mais pour les PME et ETI) que pour les représentants des salariés.

 

Réformistes et contestataires

 

Toutefois, cette loi n’est pas un saut dans l’inconnu pour les syndicats qui signent des milliers d’accords d’entreprise chaque année. En 2014, le ministère du Travail a recensé 36.500 accords négociés par des délégués syndicaux ou salariés mandatés ! On relève que la CFDT a signé ces accords dans 56% des cas, contre 48% par la CGT, 35% par FO, 32% par la CFE-CGC et  20% par la CFTC. Apparemment, sur le terrain, le pragmatisme l’emporte.

 

En outre, les syndicats ont commencé à s’intéresser  aux PME dès le début des années 2000. A l’occasion de son virage réformiste, la CGT en avait fait un axe de diversification ; le retour à la radicalisation d’antan l’éloigne de ce projet, dans la mesure où les salariés des PME plus proches de leurs directions sont moins enclins à adopter des lignes dures dangereuses pour la pérennité des entreprises, et donc de leurs emplois.

 

Quant à la CFDT, elle a fait de son implantation dans le tissu des PME un objectif prioritaire, réaffirmé à son congrès de 2010. Ce qui explique qu’elle ait choisi d’assumer le choix de l’inversion de la hiérarchie des normes pour rester cohérente avec ses options stratégiques. Elle soutient donc le projet de loi… qu’elle a contribué à réécrire. A l’opposé de FO qui s’accroche à la primauté de la loi sur les accords d’entreprise.

 

De son côté, l’Unsa qui réclame un rééquilibrage du texte s’oppose surtout à la logique du référendum d’entreprise pour valider un accord minoritaire. Plutôt réformiste, cette fédération progresse parmi les salariés. La CFE-CGC, également contre le référendum qui contourne les syndicats, n’a pas réclamé le retrait de la loi mais travaille à des aménagements qui préservent les accords de branche pour garantir une égalité de traitement aux salariés d’un même secteur. Plus nuancée, la CFTC plutôt en phase avec le projet de loi souhaite que les branches conservent un droit de regard sur les accords d’entreprise.

 

Revitaliser les stratégies syndicales 

 

Ainsi, le texte de loi devient-il l’otage d’un bras de fer entre deux conceptions différentes sur l’avenir du syndicalisme en France, symbolisé par le face à face entre une CGT contestataire et radicalisée et une CFDT qui est restée ouverte au dialogue avec le gouvernement.

 

Si la loi El Khomri est adoptée avec la fameuse inversion qui fonde sa philosophie, tous ces syndicats – quelle que soit leur position aujourd’hui – devront adapter leur stratégie. Ceci devrait contribuer, par un travail de terrain plus intense, à accroître les effectifs limités à 1,5 million de salariés dans le secteur marchand et associatif, alors que la fonction publique rassemble 2,6 millions de syndiqués.

 

Cela pourrait être aussi l’occasion pour les syndicats de susciter un plus grand intérêt auprès des jeunes, alors qu’aujourd’hui le taux de syndicalisation est inférieur à 4% chez les moins de 30 ans contre 9% pour les trentenaires, 14% pour les quadras et plus de 16% pour les quinquas.

 

Une situation qui doit amener les fédérations à se poser des questions sur leur audience dans l’avenir, tout comme la baisse de 9 points en six ans (de 36 à 27%) du niveau de confiance des Français dans les syndicats, selon le baromètre établi en janvier dernier par le Cevipov de Sciences Po.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

 

 

 

 

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Fessée électorale

FESSEE ELECTORALE - Lors de la réforme constitutionnelle qui instaura le quinquennat avec dans la foulée des élections législatives pour faire concorder les calendriers, les commentateurs politiques soulignaient que les présidents élus pourraient ainsi s'appuyer sur de véritables majorités pour gouverner, la logique électorale devant permettre aux secondes de confirmer le résultat de la première. Pourquoi s'étonner que le phénomène se produise aujourd'hui? Les vieux partis de gouvernement ont fait perdre le goût de la politique aux citoyens, qui ne se mobilisent plus que dans un contexte de dramatisation. D'où la forte abstention, phénomène qu'on relève dans d'autres démocraties. Quant aux citoyens qui remplissent leur devoir civique, ils sanctionnent ces vieux partis, pour les mêmes raisons que les abstentionnistes. Les Français ont mené une révolution dans les urnes. Ceux qui ne l'avaient pas vu venir n'ont pas vocation à diriger un pays avec lequel ils ont perdu le contact. Reste maintenant à rendre aux électeurs le goût de la politique, pour ne pas laisser la démocratie dépérir.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

trou sécu

SECU: SI PROFOND, CE TROU ?

Les Français sont des gros consommateurs de produits et services de santé, mais ils soutiennent la comparaison avec d’autres. Les dépenses de santé calculées par la Banque Mondiale en 2014 ont représenté en France 11,5% du produit intérieur brut (PIB), moins qu’aux Etats Unis et quasiment au même niveau qu’en Allemagne .

Par habitant, les dépenses des Français ont été évaluées cette même année à 4.959 dollars, loin derrière les Suisses, les Norvégiens, les Américains, les Suédois, les Danois, les Néerlandais ou les Allemands. L’énumération est fastidieuse, mais pas inutile : Les Français ne sont pas hors normes, loin s’en faut.

S’il existe une spécificité française, elle se situe au niveau du financement des dépenses de santé. La Cour des Comptes a dressé en septembre dernier un tableau précis pour 2015, en établissant que l’Assurance maladie a couvert 76,8% des 194,6 milliards d’euros des dépenses de soins et de biens médicaux, et les organismes complémentaires intervenant pour 14,1%. Le reste à charge direct des Français n’est plus que de 8,4%. Notons toutefois que les assurances et mutuelles complémentaires étant financées par les assurés eux-mêmes, les ménages prennent en réalité en charge 22,7% des dépenses de santé, hors Sécurité sociale.

Mais leur contribution ne s’arrête pas là. Car parmi les sources de financement de Sécurité sociale dont l’Assurance maladie est un des volets, les cotisations qui ont représenté 63% du total en 2015, sont assurées à 20% par les salariés et à 7% par les non salariés (les employeurs ayant la charge des 72% restant), selon un rapport de la Sécurité sociale de septembre 2016.

C’est donc au total quelque 40% des dépenses de santé qui, par ces différents canaux de financement, incombent aux assurés, sans parler de la part des recettes de CSG qui viennent alimenter les caisses de la Sécu.

Des économies doivent toujours être réalisées, pour alléger les charges aussi bien des entreprises que des ménages. La tendance est amorcée: après avoir atteint 24 milliards en 2010, le déficit du régime général a été réduit à 13,3 milliards d’euros en 2012 et limité à 6,4 milliards en 2015. Certes, les gymnastiques comptables des experts compliquent les comparaisons toujours difficiles à établir dans le labyrinthe des comptes de la Sécu, notamment avec la mise en place en 2016 de la protection universelle maladie.

Malgré tout, si l’on s’en tient aux grandes masses affichées, ce déficit devrait être contenu à 3,4 milliards d’euros en 2016, avant de repasser à 6,3 milliards en 2017. Un déficit auquel il convient d’ajouter le résultat du fonds de solidarité vieillesse, déficitaire lui-même de l’ordre de 3,9 milliards d’euros cette année.

Mais ces déficits doivent être rapportés à l’ensemble des recettes du régime général (471 milliards d’euros en 2016) et des dépenses (477 milliards), hors fonds de solidarité vieillesse (FSV). Ainsi, les pertes pour l’ensemble du régime général devraient être inférieures à 1% des dépenses cette année, et porter sur moins de 1,5% en 2017 comme en 2015 (au lieu de 2,8% en 2013). En intégrant le FSV, les déficits passeraient à 1,5% des dépenses en 2016 et un peu plus de 2% en 2017. Bien sûr, des pertes sont toujours trop lourdes. Mais à ce niveau, des solutions doivent pouvoir être mises en œuvre par des actes de gestion et pas forcément par un bouleversement du système.

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.

Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.

Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.

Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.

En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.

Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

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EUROPE: DEUX ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.

Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.

Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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CHOMAGE: DES SUCCES TROP TARDIFS POUR GOMMER L'ECHEC DU QUINQUENNAT

Au vu du nombre de demandeurs d’emplois enregistrés par Pôle emploi à la fin de l’année 2016 (3,47 millions de personnes sans aucun travail, 5,47 millions en ajoutant les précaires en temps partiels), François Hollande n’aura pas de regret d’avoir renoncé à briguer un deuxième mandat. La promesse n’a pas été tenue. Depuis juin 2012, début du mandat de François Hollande, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucun travail a progressé de 17%, et même de 24% si l’on ajoute les demandeurs précaires qui ne travaillent qu’à temps partiel. En outre, si on entre dans le détail, on s’aperçoit que le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a augmenté de 40% (à cause, entre autres, du recul de l’âge de départ en retraite), et que les demandeurs d’emplois inscrits depuis plus d’un an sont plus nombreux de 43% sur la mandature (et même de… 82% pour les chômeurs de plus de 3 ans, à cause là-aussi du recul de l’âge de départ en retraite). Il est logique dans ces conditions que la durée moyenne d’inscription à Pôle emploi soit passée de 468 jours en juin 2012 à 581 jours à la fin 2016. Tout le contraire d’une réussite.

Pour un président qui avait annoncé que la lutte pour l’emploi serait sa priorité, et considéré que l’inversion de la courbe du chômage serait un marqueur de sa politique, il aurait été très compliqué de briguer à nouveau les suffrages des électeurs, avec la publication de ces résultats en pleine primaires de la gauche et à quelques semaines du début de la campagne officielle.

Certes, l'ex Premier ministre Manuel Valls qui a assumé le bilan de l’action gouvernementale, peut tenter de pointer la baisse du taux de chômage (au sens du Bureau international du travail) redescendu au-dessous des 10%, et même à 9,7% pour la France métropolitaine au troisième trimestre 2016. Car l’économie française crée des emplois (environ 159.000 en 2015 par exemple selon l’Insee) ; mais elle accueille aussi un nombre de jeunes sur le marché travail supérieur au nombre des départs en retraite. Ce qui entraîne une augmentation de la population active. Aussi, même si le nombre d’inscrits à Pôle emploi a connu une hausse en valeur absolue, la proportion par rapport au nombre de personnes au travail a pu reculer un peu.

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