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Au moment où la mécanique économique semble pouvoir être relancée, la France se crispe sur de vieux antagonismes entre les salariés et les entreprises qui ont pourtant partie liée.

 

Le doute se répand, pénalisant l’investissement sur lequel repose la croissance.

 

La confiance est certainement ce qui fait le plus défaut en France pour relancer l’économie et donner un peu de chair aux propos jugés hors sol de François Hollande lorsqu’il déclare le 14 avril sur France 2  que « La France va mieux ». Car même un peu encourageantes, ce ne sont pas les statistiques du chômage et sur la croissance française qui peuvent expliquer cet optimisme jugé bien excessif.

 

Une amélioration encore fragile

 

Certes, l’Insee a indiqué pour le premier trimestre une estimation de croissance de 0,5% supérieure de 0,1 point à la prévision. Mais on a fait beaucoup de gorges chaudes de ce minuscule dixième de point alors que le rebond de l’économie française demeure en-deçà de l’essor de la zone euro évalué à 0,6% sur le trimestre par Eurostat. La France reste collée dans le peloton des élèves médiocres de la zone.

 

Même chose pour le nombre de demandeurs d’emploi : le nombre d’inscrits à Pôle emploi fin mars a baissé de 60.000 sur un mois et de près de 50.000 sur trois mois (durée plus pertinente). Mais les statistiques font apparaître une augmentation des entrées en stage qui fausse la vision d’une reprise solide du marché du travail. En outre, si le nombre de chômeurs sans aucun travail a reculé, le nombre de chômeurs n’ayant qu’une activité réduite a augmenté, ce qui introduit des réserves sur la qualité des emplois proposés. La précarité ne recule pas.

 

Des tendances de fond pourtant favorables

 

Malgré tout, une fois ces nuances apportées au concert de satisfactions déclenché par la publication de ces statistiques, il reste des tendances de fond favorables et qui devraient se traduire par des résultats plus probants qu’aujourd’hui.

 

Par exemple, au premier trimestre, l’activité s’est redressée dans le bâtiment avec une hausse de 7,5% des permis de construire et de 3% des mises en chantier par rapport au début 2015. Après quinze trimestres de baisse continue, l’artisanat du bâtiment respire enfin. Et quand le bâtiment va… De même dans l’automobile, les ventes ont augmenté de 7,7% dans l’Hexagone sur les quatre premiers mois de 2016.

 

On retrouve illustrée, à travers les statistiques de ces deux secteurs, l’explication donnée par l’Insee sur les causes du rebond de début d’année, soutenu en grande partie par la consommation des ménages.

 

Or si le contexte est porteur, les entreprises devraient relancer les investissements, ce qui conforterait la reprise et amorcerait la spirale vertueuse de la croissance. Mais ce sont précisément ces investissements qui font aujourd’hui défaut. A cause du manque de vision sur l’activité à venir, et sur la pérennité de la reprise.

 

Pourtant, grâce au crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) au pacte de responsabilité et à d’autres mesures comme par l’allongement de la durée d’amortissement, les trésoreries des PME ne sont plus aussi tendues. Bpifrance le notait déjà en début d’année : « le stress sur les trésoreries des entreprises observé de 2012 à 2014 semble s’être globalement estompé en 2015 », indiquait-elle dans son enquête de conjoncture. De bon augure, en théorie, pour 2016.

 

Mais si la banque soulignait une tendance à une relance de l’investissement, force est de constater que la situation n’est toujours pas revenue à son étiage : « 44 % des PME ont prévu d’investir au cours du prochain exercice, contre 41 % seulement fin 2014 ». Une proportion encore bien trop faible.

 

D’ailleurs, en volume d’investissements, les anticipations restaient en-dessous de leur moyenne de long terme, concédait Bpifrance qui qualifiait la reprise de « modeste ». Pourquoi la frilosité des entreprises perdure-t-elle alors que le climat des affaires semble se réchauffer ?

 

Des entreprises dans le doute

 

La réponse tient au psychodrame dans lequel la société française s’enracine, et qui n’est pas de nature à inciter les entrepreneurs à prendre des risques.

 

D’abord, alors que les résultats de la lutte contre le chômage ne cessent d’être repoussés malgré les primes à l’embauche (plébiscitées par 60% des très petites entreprises) et les réductions de charges, trois PME sur quatre estiment qu’il est aujourd’hui difficile d’embaucher lorsqu’on est une petite entreprise – la principale difficulté pour plus d’une entreprise sur deux consistant à trouver les bons salariés sur les postes à pourvoir, selon le dernier baromètre de petite-entreprise.net. Problèmes de formation, mais aussi de désaffection pour certaines branches. C’est une première contradiction, qui freine la résorption du chômage.

 

Ensuite, le débat parlementaire sur la loi Travail: il a commencé dans la douleur face à la stratégie d’obstruction menée par les opposants de droite comme de gauche, et s’est terminé en queue de poisson par une adoption sans vote. Toute cette séquence a alimenté la perplexité des entrepreneurs. A priori, la réforme telle qu’elle a été engagée n’était pas une priorité pour eux. Pour la moitié des PME, les embauches en CDI sont toujours privilégiées, et le plafonnement des indemnités de licenciement n’aurait été susceptible de favoriser des recrutements que pour 20% d’entre elles.

 

Dans les entreprises plus grandes, une enquête du cabinet Robert Half montre que, selon les directeurs administratifs et financiers, les freins à l’embauche proviennent surtout de la situation économique, des performances et des budgets pour recruter, le code du Travail et la réglementation relative à l’emploi n’arrivant qu’en quatrième position.

 

Ainsi, la société française s’est crispée sur un dossier qui ne constituait pas une priorité. Mais le débat a surtout révélé des problèmes de méthode de la part du gouvernement sur un sujet aussi sensible que le code du Travail.

 

Comble de maladresse, cette crispation a réveillé de vieux antagonismes qui minent la société française, comme celui qui consiste à opposer systématiquement les entreprises et les salariés, caricaturant les relations sociales dans les PME (qui emploient en France six salariés sur dix). Ainsi, au moment où la mécanique économique pourrait passer à une vitesse supérieure, l’incertitude sur la santé à venir de l’économie française reprend le dessus.

 

Panne de confiance

 

Face à une explosion de violence dont les ressorts sont souvent fort éloignés d’un projet de loi  détourné par ses opposants, les chefs d’entreprise choisissent l’attentisme. En avril, « la confiance en l’économie française marque un net coup d’arrêt par rapport à début mars », souligne l’observatoire de la banque Palatine sur les PME-ETI. Conséquences de cette panne de confiance : les prévisions d’investissement et d’embauche sont impactées à la baisse.  La réforme, dans l’immédiat, a un effet inverse à celui recherché.

 

Et comble de malchance, les rémunérations ahurissantes de certains patrons de grands groupes – chez Renault et Sanofi – viennent polluer un peu plus l’atmosphère autour de la réforme du code du Travail. Les adversaires de la réforme qui dénoncent une part trop belle faite aux entreprises se sentent confortés dans leur opposition, alors que le problème soulevé qui concerne des multinationales n’a pourtant rien à voir avec la réalité des relations sociales dans  les PME et le contenu du projet.

 

Dans ces conditions, la panne de confiance – même irrationnelle – ne peut que se répandre, illustrée non seulement par la contestation syndicale dans la rue et par l’attentisme des chefs d’entreprise, mais aussi par la baisse de popularité de l’exécutif.

 

Et après les reculs du gouvernement sur des dossiers tels que l’écotaxe ou les taxis, on peut s’attendre à ce que les opposants fassent le choix du jusqu’au-boutisme, comptant sur la radicalisation pour faire plier Matignon et l’Elysée. Ce qui n’incitera pas les acteurs de l’économie à s’engager, tant que la visibilité sur la reprise ne s’améliorera pas.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

 

 

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Fessée électorale

FESSEE ELECTORALE - Lors de la réforme constitutionnelle qui instaura le quinquennat avec dans la foulée des élections législatives pour faire concorder les calendriers, les commentateurs politiques soulignaient que les présidents élus pourraient ainsi s'appuyer sur de véritables majorités pour gouverner, la logique électorale devant permettre aux secondes de confirmer le résultat de la première. Pourquoi s'étonner que le phénomène se produise aujourd'hui? Les vieux partis de gouvernement ont fait perdre le goût de la politique aux citoyens, qui ne se mobilisent plus que dans un contexte de dramatisation. D'où la forte abstention, phénomène qu'on relève dans d'autres démocraties. Quant aux citoyens qui remplissent leur devoir civique, ils sanctionnent ces vieux partis, pour les mêmes raisons que les abstentionnistes. Les Français ont mené une révolution dans les urnes. Ceux qui ne l'avaient pas vu venir n'ont pas vocation à diriger un pays avec lequel ils ont perdu le contact. Reste maintenant à rendre aux électeurs le goût de la politique, pour ne pas laisser la démocratie dépérir.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

trou sécu

SECU: SI PROFOND, CE TROU ?

Les Français sont des gros consommateurs de produits et services de santé, mais ils soutiennent la comparaison avec d’autres. Les dépenses de santé calculées par la Banque Mondiale en 2014 ont représenté en France 11,5% du produit intérieur brut (PIB), moins qu’aux Etats Unis et quasiment au même niveau qu’en Allemagne .

Par habitant, les dépenses des Français ont été évaluées cette même année à 4.959 dollars, loin derrière les Suisses, les Norvégiens, les Américains, les Suédois, les Danois, les Néerlandais ou les Allemands. L’énumération est fastidieuse, mais pas inutile : Les Français ne sont pas hors normes, loin s’en faut.

S’il existe une spécificité française, elle se situe au niveau du financement des dépenses de santé. La Cour des Comptes a dressé en septembre dernier un tableau précis pour 2015, en établissant que l’Assurance maladie a couvert 76,8% des 194,6 milliards d’euros des dépenses de soins et de biens médicaux, et les organismes complémentaires intervenant pour 14,1%. Le reste à charge direct des Français n’est plus que de 8,4%. Notons toutefois que les assurances et mutuelles complémentaires étant financées par les assurés eux-mêmes, les ménages prennent en réalité en charge 22,7% des dépenses de santé, hors Sécurité sociale.

Mais leur contribution ne s’arrête pas là. Car parmi les sources de financement de Sécurité sociale dont l’Assurance maladie est un des volets, les cotisations qui ont représenté 63% du total en 2015, sont assurées à 20% par les salariés et à 7% par les non salariés (les employeurs ayant la charge des 72% restant), selon un rapport de la Sécurité sociale de septembre 2016.

C’est donc au total quelque 40% des dépenses de santé qui, par ces différents canaux de financement, incombent aux assurés, sans parler de la part des recettes de CSG qui viennent alimenter les caisses de la Sécu.

Des économies doivent toujours être réalisées, pour alléger les charges aussi bien des entreprises que des ménages. La tendance est amorcée: après avoir atteint 24 milliards en 2010, le déficit du régime général a été réduit à 13,3 milliards d’euros en 2012 et limité à 6,4 milliards en 2015. Certes, les gymnastiques comptables des experts compliquent les comparaisons toujours difficiles à établir dans le labyrinthe des comptes de la Sécu, notamment avec la mise en place en 2016 de la protection universelle maladie.

Malgré tout, si l’on s’en tient aux grandes masses affichées, ce déficit devrait être contenu à 3,4 milliards d’euros en 2016, avant de repasser à 6,3 milliards en 2017. Un déficit auquel il convient d’ajouter le résultat du fonds de solidarité vieillesse, déficitaire lui-même de l’ordre de 3,9 milliards d’euros cette année.

Mais ces déficits doivent être rapportés à l’ensemble des recettes du régime général (471 milliards d’euros en 2016) et des dépenses (477 milliards), hors fonds de solidarité vieillesse (FSV). Ainsi, les pertes pour l’ensemble du régime général devraient être inférieures à 1% des dépenses cette année, et porter sur moins de 1,5% en 2017 comme en 2015 (au lieu de 2,8% en 2013). En intégrant le FSV, les déficits passeraient à 1,5% des dépenses en 2016 et un peu plus de 2% en 2017. Bien sûr, des pertes sont toujours trop lourdes. Mais à ce niveau, des solutions doivent pouvoir être mises en œuvre par des actes de gestion et pas forcément par un bouleversement du système.

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.

Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.

Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.

Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.

En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.

Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

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EUROPE: DEUX ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.

Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.

Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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CHOMAGE: DES SUCCES TROP TARDIFS POUR GOMMER L'ECHEC DU QUINQUENNAT

Au vu du nombre de demandeurs d’emplois enregistrés par Pôle emploi à la fin de l’année 2016 (3,47 millions de personnes sans aucun travail, 5,47 millions en ajoutant les précaires en temps partiels), François Hollande n’aura pas de regret d’avoir renoncé à briguer un deuxième mandat. La promesse n’a pas été tenue. Depuis juin 2012, début du mandat de François Hollande, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucun travail a progressé de 17%, et même de 24% si l’on ajoute les demandeurs précaires qui ne travaillent qu’à temps partiel. En outre, si on entre dans le détail, on s’aperçoit que le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a augmenté de 40% (à cause, entre autres, du recul de l’âge de départ en retraite), et que les demandeurs d’emplois inscrits depuis plus d’un an sont plus nombreux de 43% sur la mandature (et même de… 82% pour les chômeurs de plus de 3 ans, à cause là-aussi du recul de l’âge de départ en retraite). Il est logique dans ces conditions que la durée moyenne d’inscription à Pôle emploi soit passée de 468 jours en juin 2012 à 581 jours à la fin 2016. Tout le contraire d’une réussite.

Pour un président qui avait annoncé que la lutte pour l’emploi serait sa priorité, et considéré que l’inversion de la courbe du chômage serait un marqueur de sa politique, il aurait été très compliqué de briguer à nouveau les suffrages des électeurs, avec la publication de ces résultats en pleine primaires de la gauche et à quelques semaines du début de la campagne officielle.

Certes, l'ex Premier ministre Manuel Valls qui a assumé le bilan de l’action gouvernementale, peut tenter de pointer la baisse du taux de chômage (au sens du Bureau international du travail) redescendu au-dessous des 10%, et même à 9,7% pour la France métropolitaine au troisième trimestre 2016. Car l’économie française crée des emplois (environ 159.000 en 2015 par exemple selon l’Insee) ; mais elle accueille aussi un nombre de jeunes sur le marché travail supérieur au nombre des départs en retraite. Ce qui entraîne une augmentation de la population active. Aussi, même si le nombre d’inscrits à Pôle emploi a connu une hausse en valeur absolue, la proportion par rapport au nombre de personnes au travail a pu reculer un peu.

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