Economie : et la confiance, bordel ?

Economie : et la confiance, bordel ?

Au moment où la mécanique économique semble pouvoir être relancée, la France se crispe sur de vieux antagonismes entre les salariés et les entreprises qui ont pourtant partie liée.   Le ...

SUITE

Retraites Macron : pas de grand soir avant 2022

Retraites Macron : pas de grand soir avant 2022

Emmanuel Macron promet une grande réforme des régimes de retraite. Mais le projet qui devra être proposé au Parlement après concertation, ne devrait s’appliquer qu’au cours de la législature suivante… après ...

SUITE

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme ...

SUITE

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.   Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.   Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour ...

SUITE

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.   Ailleurs dans l’Union, l’Europe est ...

SUITE

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.   En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une ...

SUITE

Indemnisation des chômeurs : questions sur la radicalité de la réforme Macron

Indemnisation des chômeurs : questions sur la radicalité de la réforme Macron

En souhaitant bouleverser le système de l’indemnisation chômage, Emmanuel Macron risque de conforter les sceptiques sur les effets de son libéralisme.   A l’inverse, Marine Le Pen préfère ignorer les difficultés ...

SUITE

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Même si la courbe du chômage s’inverse, le recul de l’attractivité de la France pénalise la création d’emplois.   Dommage. C’est lorsque l’Insee fait état de statistiques plutôt encourageantes pour l’économie française ...

SUITE

Désindustrialisation,  la faute originelle de la mondialisation en Occident

Désindustrialisation, la faute originelle de la mondialisation en Occident

La désindustrialisation est à l’origine de la tentation protectionniste dans les pays anglo-saxons qui ont initié le libre-échange et la mondialisation.   Après le Brexit au Royaume-Uni et l’élection de Donald ...

SUITE

Dessine-moi une Europe à géométrie variable

Dessine-moi une Europe à géométrie variable

Pour  relancer la construction européenne en panne soixante ans après le traité de Rome, le choix d’une Europe à plusieurs vitesses semble s’imposer.   Le principe des coopérations renforcées existe. Dans ...

SUITE

Quand Séguin fustigeait les manquements à la morale en politique

Quand Séguin fustigeait les manquements à la morale en politique

Il y a plus de vingt ans, Philippe Séguin présidait un groupe de travail sur « Politique et argent ». Il dressa une liste de dispositions à prendre contre l’opacité dans le monde ...

SUITE

Acculés par le scandale, les parlementaires doivent accepter la transparence

Acculés par le scandale, les parlementaires doivent accepter la transparence

Quelle que soit l’issue judiciaire de l’affaire Fillon, députés et sénateurs vont devoir introduire plus de transparence dans l’exécution de leur mission s’ils veulent reconquérir la confiance des électeurs et ...

SUITE

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Depuis le temps que les Etats disent vouloir s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, le shadow banking n’a cessé de se développer, offrant de nouvelles opportunités de fraude et ...

SUITE

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

SUITE

Pour revenir à la situation de mi-2012, il faudrait que le nombre de chômeurs baisse d’un quart en un an. Impossible, même avec un plan massif pour l’emploi, bien tardif mais néanmoins nécessaire.

 

Les prévisions de croissance sont trop faibles, seule une légère inversion est possible pour 2016… avec trois ans de retard.

 

A quinze mois de l’élection présidentielle de 2017, le plan d’urgence pour l’emploi – aussi massif soit-il – voulu par François Hollande a bien peu de chance de permettre au chef de l’Etat de tenir ses promesses sur l’emploi sur l’ensemble du quinquennat. Car il arrive bien tard.

 

Fin 2015, selon le ministère du Travail, le nombre de chômeurs sans aucun emploi ou travailleurs précaires en activité réduite (près de 5,4 millions de personnes pour les catégories A, B et C de Pôle emploi) a augmenté de 24% par rapport au tout début du quinquennat. Et pour retrouver le niveau de juin 2012, il faudrait recréer 1 million d’emplois en quinze mois. C’est mission impossible.

 

Ces cinq années de François Hollande à l’Elysée resteront marquées par une progression du chômage en France. Et surtout du chômage de longue durée, puisque le nombre de chômeurs totalisant plus d’un an à Pôle emploi a augmenté de 45% entre mi-2012 et fin 2015 – avec un échec encore plus cuisant sur les chômeurs de très longue durée (trois ans et plus) dont le nombre a progressé de 76% sur cette période (encore ne s’agit-il que des statistiques de Pôle emploi, ce nombre étant bien plus important si on inclut tous les chômeurs qui, n’étant plus indemnisés, ne pointent plus à Pôle emploi et ne sont donc plus comptabilisés).

 

Les illusions perdues

 

Certes, on aimerait que ces projections soient prises en défaut, et que le nouveau plan préparé par la ministre du Travail Myriam El Khomri permette de ramener vers l’emploi en un an autant de chômeurs de longue durée qu’il y en eut en plus durant ces trois dernières années.

 

Toutefois, si des solutions pouvaient être aujourd’hui mises en place pour aboutir à une si grande efficacité, on ne comprendrait pas alors que les gouvernements Ayrault et Valls ne les aient pas déployées plus tôt, par exemple lorsque François Hollande composait sa fameuse « boîte à outils » destinée à colmater les brèches sur le marché de l’emploi. C’était à l’époque où le chef de l’Etat prédisait une « inversion de la courbe du chômage ». La promesse en avait été faite en septembre 2012, et sa réalisation devait intervenir un an plus tard.

 

Mais fin 2013, on devait déchanter. Pas d’inversion à l’horizon, le chômage avait continué de grimper et la croissance économique était trop faible pour laisser espérer le retournement promis. Il n’y eut malheureusement pas de surprise : le nombre de demandeurs d’emplois a continué de grossir, de 11% entre fin 2013 et fin 2015 pour les catégories A, B et C. Avec un échec qui s’est prolongé sur les chômeurs de longue durée (+20% en deux ans pour les chômeurs de plus d’un an, +37% pour les plus de trois ans).

 

Ainsi, même si on ne peut espérer un effacement en un an de l’augmentation du chômage enregistrée depuis mi-2012, il sera aussi très difficile de revenir dans ce délai à la situation de fin 2013, lorsque l’inversion promise de la courbe du chômage aurait dû intervenir. Car pour effacer ces deux années dans les chiffres du chômage, il faudrait que Pôle emploi compte environ 500.000 chômeurs de moins en un an,  dont 200.000 de plus de trois ans.

 

Les objectifs avancés pour l’apprentissage et la formation professionnelle – qui ne furent jamais atteints jusqu’à présent – affichent des ambitions à cette hauteur. Mais même si les structures pouvaient le permettre et au-delà du traitement statistique du chômage, le marché de l’emploi est-il lui-même suffisamment dynamique pour faire face ?

 

Une croissance trop anémique de l’économie

 

La croissance, fin 2015, n’est pas aussi soutenue qu’on aurait pu l’espérer. Pourtant, les fenêtres d’opportunités étaient toutes bien orientées, qu’il s’agisse de la baisse du coût de l’énergie, du recul de l’euro face au dollar, des taux de crédit particulièrement bas et de la réduction du coût du travail sous l’effet du pacte de responsabilité. Malgré tous ces paramètres favorables, la croissance n’aura été que de 1,1% l’an dernier, plombant l’élan pour 2016. De sorte que l’Insee ne prévoit qu’une légère amélioration de 0,4% au premier trimestre, et pas plus au deuxième trimestre.

 

Constatant que, pour intégrer les nouveaux entrants sur le marché du travail plus nombreux que les départs en retraite, l’économie française doit créer plus de 150.000 emplois avant que ne baisse le nombre de demandeurs d’emploi, Myriam El Khomri a même reconnu le 9 janvier qu’une croissance de 1,5% cette année ne permettrait pas de faire reculer le chômage… avant de revenir sur ses propos trois jours plus tard pour affirmer que la courbe du chômage s’inversera en 2016.

 

Tout dépend du moment où cette inversion de la courbe se manifestera : si le renversement intervient dans la deuxième partie de l’année voire à la fin, il y aura bien inversion mais pas forcément recul massif.

 

L’Insee est plus optimiste qui, dans sa note de conjoncture de décembre 2015, anticipe une légère baisse du taux de chômage en 2016. L’Unedic, qui table sur quelque 50.000 chômeurs de moins fin 2016, est sur la même ligne. Mais au regard des commentaires de l’institut de la statistique, pas question de crier victoire : « Le taux de chômage s’élèverait à 10,4 % mi-2016 (10,0% en France métropolitaine) et retrouverait ainsi son niveau du deuxième trimestre 2015. » Ainsi, globalement, on n’effacerait en 2016 que l’augmentation du chômage de 2015… Une inversion, peut-être. Mais pas de retour à la situation de mi-2012.

 

De nombreuses mesures, pas assez efficaces

 

Tout dépendra des effets du plan « massif » pour l’emploi annoncé par François Hollande à l’occasion de ses vœux et présenté le 18 janvier, et de la façon dont les entreprises réagiront. Jusqu’à présent, les 40 milliards d’euros ducrédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et du pacte de responsabilité auxquels sont venus s’ajouter la capacité de « suramortir » les investissements pour les rendre plus attractifs, ainsi qu’une aide pour les TPE qui embaucheraient leur premier salarié et une réduction des charges sur les bas et moyens salaires… n’ont pas débouché sur les créations de postes massives espérées. Pas plus que les accords tels celui sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi destiné à introduire plus de souplesse dans la gestion des capacités de travail.

 

Pourtant, le Premier ministre Manuel Valls et son ministre de l’Economie Emmanuel Macron ont multiplié les signaux en direction des chefs d’entreprises pour se rapprocher d’eux et manifester la compréhension de leurs besoins. Mais le véritable moteur des recrutements passe par la sécurisation et l’accroissement des portefeuilles de commandes. Or, avec des progressions anémiques de la croissance économique, le rebond de l’activité n’est pas au rendez-vous.

 

Un contexte toujours difficile

 

C’est l’économie qu’il faut dynamiser, pas seulement les conditions d’embauche. Car malheureusement, les plans sociaux se poursuivent dans l’industrie automobile et l’agroalimentaire, et d’autres ont été annoncés dans des entreprises de premier plan comme Areva ou Air France, Renault Trucks, La Halle aux vêtements,  Radio France, MoryGlobal, Gefco…

 

De nouvelles suppressions d’emplois sont à craindre chez Alcatel-Lucent repris par Nokia, Norbert Dentressangle racheté par XPO Logistics, ou chez STMicro comme chez Schneider Electric qui délocalise. Et si elle profite aux automobilistes, la dégringolade des cours du pétrole affecte le secteur de l’énergie qui licencie, tant chez Schlumberger que chez Technip et tous les sous-traitants du secteur qui souffrent de la chute des investissements des groupes pétroliers.

 

Sans parler de General Electric qui, après avoir repris les activités d’Alstom dans l’énergie, commence à tailler dans les effectifs. Et si le rachat de Bouygues Télécom par Orange devrait aboutir, on peut être certain qu’il déboucherait sur des réductions d’effectifs, notamment dans le « back office » et dans le réseau commercial où les boutiques des deux opérateurs sur le terrain sont souvent en concurrence frontale.

 

Un contexte bien médiocre à quinze mois de la fin du quinquennat de François Hollande, qui a imprudemment conditionné sa candidature à l’élection de 2017 au résultat de sa politique de l’emploi et à la crédibilité des mesures prises pour 2016. Mais le quinquennat, sur son intégralité, restera indélébilement marqué par une hausse du chômage.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

 

Print Friendly

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Fessée électorale

FESSEE ELECTORALE - Lors de la réforme constitutionnelle qui instaura le quinquennat avec dans la foulée des élections législatives pour faire concorder les calendriers, les commentateurs politiques soulignaient que les présidents élus pourraient ainsi s'appuyer sur de véritables majorités pour gouverner, la logique électorale devant permettre aux secondes de confirmer le résultat de la première. Pourquoi s'étonner que le phénomène se produise aujourd'hui? Les vieux partis de gouvernement ont fait perdre le goût de la politique aux citoyens, qui ne se mobilisent plus que dans un contexte de dramatisation. D'où la forte abstention, phénomène qu'on relève dans d'autres démocraties. Quant aux citoyens qui remplissent leur devoir civique, ils sanctionnent ces vieux partis, pour les mêmes raisons que les abstentionnistes. Les Français ont mené une révolution dans les urnes. Ceux qui ne l'avaient pas vu venir n'ont pas vocation à diriger un pays avec lequel ils ont perdu le contact. Reste maintenant à rendre aux électeurs le goût de la politique, pour ne pas laisser la démocratie dépérir.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

trou sécu

SECU: SI PROFOND, CE TROU ?

Les Français sont des gros consommateurs de produits et services de santé, mais ils soutiennent la comparaison avec d’autres. Les dépenses de santé calculées par la Banque Mondiale en 2014 ont représenté en France 11,5% du produit intérieur brut (PIB), moins qu’aux Etats Unis et quasiment au même niveau qu’en Allemagne .

Par habitant, les dépenses des Français ont été évaluées cette même année à 4.959 dollars, loin derrière les Suisses, les Norvégiens, les Américains, les Suédois, les Danois, les Néerlandais ou les Allemands. L’énumération est fastidieuse, mais pas inutile : Les Français ne sont pas hors normes, loin s’en faut.

S’il existe une spécificité française, elle se situe au niveau du financement des dépenses de santé. La Cour des Comptes a dressé en septembre dernier un tableau précis pour 2015, en établissant que l’Assurance maladie a couvert 76,8% des 194,6 milliards d’euros des dépenses de soins et de biens médicaux, et les organismes complémentaires intervenant pour 14,1%. Le reste à charge direct des Français n’est plus que de 8,4%. Notons toutefois que les assurances et mutuelles complémentaires étant financées par les assurés eux-mêmes, les ménages prennent en réalité en charge 22,7% des dépenses de santé, hors Sécurité sociale.

Mais leur contribution ne s’arrête pas là. Car parmi les sources de financement de Sécurité sociale dont l’Assurance maladie est un des volets, les cotisations qui ont représenté 63% du total en 2015, sont assurées à 20% par les salariés et à 7% par les non salariés (les employeurs ayant la charge des 72% restant), selon un rapport de la Sécurité sociale de septembre 2016.

C’est donc au total quelque 40% des dépenses de santé qui, par ces différents canaux de financement, incombent aux assurés, sans parler de la part des recettes de CSG qui viennent alimenter les caisses de la Sécu.

Des économies doivent toujours être réalisées, pour alléger les charges aussi bien des entreprises que des ménages. La tendance est amorcée: après avoir atteint 24 milliards en 2010, le déficit du régime général a été réduit à 13,3 milliards d’euros en 2012 et limité à 6,4 milliards en 2015. Certes, les gymnastiques comptables des experts compliquent les comparaisons toujours difficiles à établir dans le labyrinthe des comptes de la Sécu, notamment avec la mise en place en 2016 de la protection universelle maladie.

Malgré tout, si l’on s’en tient aux grandes masses affichées, ce déficit devrait être contenu à 3,4 milliards d’euros en 2016, avant de repasser à 6,3 milliards en 2017. Un déficit auquel il convient d’ajouter le résultat du fonds de solidarité vieillesse, déficitaire lui-même de l’ordre de 3,9 milliards d’euros cette année.

Mais ces déficits doivent être rapportés à l’ensemble des recettes du régime général (471 milliards d’euros en 2016) et des dépenses (477 milliards), hors fonds de solidarité vieillesse (FSV). Ainsi, les pertes pour l’ensemble du régime général devraient être inférieures à 1% des dépenses cette année, et porter sur moins de 1,5% en 2017 comme en 2015 (au lieu de 2,8% en 2013). En intégrant le FSV, les déficits passeraient à 1,5% des dépenses en 2016 et un peu plus de 2% en 2017. Bien sûr, des pertes sont toujours trop lourdes. Mais à ce niveau, des solutions doivent pouvoir être mises en œuvre par des actes de gestion et pas forcément par un bouleversement du système.

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.

Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.

Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.

Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.

En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.

Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

quadri

EUROPE: DEUX ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.

Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.

Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

DSC_0367

CHOMAGE: DES SUCCES TROP TARDIFS POUR GOMMER L'ECHEC DU QUINQUENNAT

Au vu du nombre de demandeurs d’emplois enregistrés par Pôle emploi à la fin de l’année 2016 (3,47 millions de personnes sans aucun travail, 5,47 millions en ajoutant les précaires en temps partiels), François Hollande n’aura pas de regret d’avoir renoncé à briguer un deuxième mandat. La promesse n’a pas été tenue. Depuis juin 2012, début du mandat de François Hollande, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucun travail a progressé de 17%, et même de 24% si l’on ajoute les demandeurs précaires qui ne travaillent qu’à temps partiel. En outre, si on entre dans le détail, on s’aperçoit que le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a augmenté de 40% (à cause, entre autres, du recul de l’âge de départ en retraite), et que les demandeurs d’emplois inscrits depuis plus d’un an sont plus nombreux de 43% sur la mandature (et même de… 82% pour les chômeurs de plus de 3 ans, à cause là-aussi du recul de l’âge de départ en retraite). Il est logique dans ces conditions que la durée moyenne d’inscription à Pôle emploi soit passée de 468 jours en juin 2012 à 581 jours à la fin 2016. Tout le contraire d’une réussite.

Pour un président qui avait annoncé que la lutte pour l’emploi serait sa priorité, et considéré que l’inversion de la courbe du chômage serait un marqueur de sa politique, il aurait été très compliqué de briguer à nouveau les suffrages des électeurs, avec la publication de ces résultats en pleine primaires de la gauche et à quelques semaines du début de la campagne officielle.

Certes, l'ex Premier ministre Manuel Valls qui a assumé le bilan de l’action gouvernementale, peut tenter de pointer la baisse du taux de chômage (au sens du Bureau international du travail) redescendu au-dessous des 10%, et même à 9,7% pour la France métropolitaine au troisième trimestre 2016. Car l’économie française crée des emplois (environ 159.000 en 2015 par exemple selon l’Insee) ; mais elle accueille aussi un nombre de jeunes sur le marché travail supérieur au nombre des départs en retraite. Ce qui entraîne une augmentation de la population active. Aussi, même si le nombre d’inscrits à Pôle emploi a connu une hausse en valeur absolue, la proportion par rapport au nombre de personnes au travail a pu reculer un peu.

janvier 2016
L Ma Me J V S D
« déc   fév »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031