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Pour revenir à la situation de mi-2012, il faudrait que le nombre de chômeurs baisse d’un quart en un an. Impossible, même avec un plan massif pour l’emploi, bien tardif mais néanmoins nécessaire.

 

Les prévisions de croissance sont trop faibles, seule une légère inversion est possible pour 2016… avec trois ans de retard.

 

A quinze mois de l’élection présidentielle de 2017, le plan d’urgence pour l’emploi – aussi massif soit-il – voulu par François Hollande a bien peu de chance de permettre au chef de l’Etat de tenir ses promesses sur l’emploi sur l’ensemble du quinquennat. Car il arrive bien tard.

 

Fin 2015, selon le ministère du Travail, le nombre de chômeurs sans aucun emploi ou travailleurs précaires en activité réduite (près de 5,4 millions de personnes pour les catégories A, B et C de Pôle emploi) a augmenté de 24% par rapport au tout début du quinquennat. Et pour retrouver le niveau de juin 2012, il faudrait recréer 1 million d’emplois en quinze mois. C’est mission impossible.

 

Ces cinq années de François Hollande à l’Elysée resteront marquées par une progression du chômage en France. Et surtout du chômage de longue durée, puisque le nombre de chômeurs totalisant plus d’un an à Pôle emploi a augmenté de 45% entre mi-2012 et fin 2015 – avec un échec encore plus cuisant sur les chômeurs de très longue durée (trois ans et plus) dont le nombre a progressé de 76% sur cette période (encore ne s’agit-il que des statistiques de Pôle emploi, ce nombre étant bien plus important si on inclut tous les chômeurs qui, n’étant plus indemnisés, ne pointent plus à Pôle emploi et ne sont donc plus comptabilisés).

 

Les illusions perdues

 

Certes, on aimerait que ces projections soient prises en défaut, et que le nouveau plan préparé par la ministre du Travail Myriam El Khomri permette de ramener vers l’emploi en un an autant de chômeurs de longue durée qu’il y en eut en plus durant ces trois dernières années.

 

Toutefois, si des solutions pouvaient être aujourd’hui mises en place pour aboutir à une si grande efficacité, on ne comprendrait pas alors que les gouvernements Ayrault et Valls ne les aient pas déployées plus tôt, par exemple lorsque François Hollande composait sa fameuse « boîte à outils » destinée à colmater les brèches sur le marché de l’emploi. C’était à l’époque où le chef de l’Etat prédisait une « inversion de la courbe du chômage ». La promesse en avait été faite en septembre 2012, et sa réalisation devait intervenir un an plus tard.

 

Mais fin 2013, on devait déchanter. Pas d’inversion à l’horizon, le chômage avait continué de grimper et la croissance économique était trop faible pour laisser espérer le retournement promis. Il n’y eut malheureusement pas de surprise : le nombre de demandeurs d’emplois a continué de grossir, de 11% entre fin 2013 et fin 2015 pour les catégories A, B et C. Avec un échec qui s’est prolongé sur les chômeurs de longue durée (+20% en deux ans pour les chômeurs de plus d’un an, +37% pour les plus de trois ans).

 

Ainsi, même si on ne peut espérer un effacement en un an de l’augmentation du chômage enregistrée depuis mi-2012, il sera aussi très difficile de revenir dans ce délai à la situation de fin 2013, lorsque l’inversion promise de la courbe du chômage aurait dû intervenir. Car pour effacer ces deux années dans les chiffres du chômage, il faudrait que Pôle emploi compte environ 500.000 chômeurs de moins en un an,  dont 200.000 de plus de trois ans.

 

Les objectifs avancés pour l’apprentissage et la formation professionnelle – qui ne furent jamais atteints jusqu’à présent – affichent des ambitions à cette hauteur. Mais même si les structures pouvaient le permettre et au-delà du traitement statistique du chômage, le marché de l’emploi est-il lui-même suffisamment dynamique pour faire face ?

 

Une croissance trop anémique de l’économie

 

La croissance, fin 2015, n’est pas aussi soutenue qu’on aurait pu l’espérer. Pourtant, les fenêtres d’opportunités étaient toutes bien orientées, qu’il s’agisse de la baisse du coût de l’énergie, du recul de l’euro face au dollar, des taux de crédit particulièrement bas et de la réduction du coût du travail sous l’effet du pacte de responsabilité. Malgré tous ces paramètres favorables, la croissance n’aura été que de 1,1% l’an dernier, plombant l’élan pour 2016. De sorte que l’Insee ne prévoit qu’une légère amélioration de 0,4% au premier trimestre, et pas plus au deuxième trimestre.

 

Constatant que, pour intégrer les nouveaux entrants sur le marché du travail plus nombreux que les départs en retraite, l’économie française doit créer plus de 150.000 emplois avant que ne baisse le nombre de demandeurs d’emploi, Myriam El Khomri a même reconnu le 9 janvier qu’une croissance de 1,5% cette année ne permettrait pas de faire reculer le chômage… avant de revenir sur ses propos trois jours plus tard pour affirmer que la courbe du chômage s’inversera en 2016.

 

Tout dépend du moment où cette inversion de la courbe se manifestera : si le renversement intervient dans la deuxième partie de l’année voire à la fin, il y aura bien inversion mais pas forcément recul massif.

 

L’Insee est plus optimiste qui, dans sa note de conjoncture de décembre 2015, anticipe une légère baisse du taux de chômage en 2016. L’Unedic, qui table sur quelque 50.000 chômeurs de moins fin 2016, est sur la même ligne. Mais au regard des commentaires de l’institut de la statistique, pas question de crier victoire : « Le taux de chômage s’élèverait à 10,4 % mi-2016 (10,0% en France métropolitaine) et retrouverait ainsi son niveau du deuxième trimestre 2015. » Ainsi, globalement, on n’effacerait en 2016 que l’augmentation du chômage de 2015… Une inversion, peut-être. Mais pas de retour à la situation de mi-2012.

 

De nombreuses mesures, pas assez efficaces

 

Tout dépendra des effets du plan « massif » pour l’emploi annoncé par François Hollande à l’occasion de ses vœux et présenté le 18 janvier, et de la façon dont les entreprises réagiront. Jusqu’à présent, les 40 milliards d’euros ducrédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et du pacte de responsabilité auxquels sont venus s’ajouter la capacité de « suramortir » les investissements pour les rendre plus attractifs, ainsi qu’une aide pour les TPE qui embaucheraient leur premier salarié et une réduction des charges sur les bas et moyens salaires… n’ont pas débouché sur les créations de postes massives espérées. Pas plus que les accords tels celui sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi destiné à introduire plus de souplesse dans la gestion des capacités de travail.

 

Pourtant, le Premier ministre Manuel Valls et son ministre de l’Economie Emmanuel Macron ont multiplié les signaux en direction des chefs d’entreprises pour se rapprocher d’eux et manifester la compréhension de leurs besoins. Mais le véritable moteur des recrutements passe par la sécurisation et l’accroissement des portefeuilles de commandes. Or, avec des progressions anémiques de la croissance économique, le rebond de l’activité n’est pas au rendez-vous.

 

Un contexte toujours difficile

 

C’est l’économie qu’il faut dynamiser, pas seulement les conditions d’embauche. Car malheureusement, les plans sociaux se poursuivent dans l’industrie automobile et l’agroalimentaire, et d’autres ont été annoncés dans des entreprises de premier plan comme Areva ou Air France, Renault Trucks, La Halle aux vêtements,  Radio France, MoryGlobal, Gefco…

 

De nouvelles suppressions d’emplois sont à craindre chez Alcatel-Lucent repris par Nokia, Norbert Dentressangle racheté par XPO Logistics, ou chez STMicro comme chez Schneider Electric qui délocalise. Et si elle profite aux automobilistes, la dégringolade des cours du pétrole affecte le secteur de l’énergie qui licencie, tant chez Schlumberger que chez Technip et tous les sous-traitants du secteur qui souffrent de la chute des investissements des groupes pétroliers.

 

Sans parler de General Electric qui, après avoir repris les activités d’Alstom dans l’énergie, commence à tailler dans les effectifs. Et si le rachat de Bouygues Télécom par Orange devrait aboutir, on peut être certain qu’il déboucherait sur des réductions d’effectifs, notamment dans le « back office » et dans le réseau commercial où les boutiques des deux opérateurs sur le terrain sont souvent en concurrence frontale.

 

Un contexte bien médiocre à quinze mois de la fin du quinquennat de François Hollande, qui a imprudemment conditionné sa candidature à l’élection de 2017 au résultat de sa politique de l’emploi et à la crédibilité des mesures prises pour 2016. Mais le quinquennat, sur son intégralité, restera indélébilement marqué par une hausse du chômage.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

 

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guerillero

PATRIOTES ? Les électeurs frontistes souhaitent le rétablissement des frontières et des taxes à l'importation. Mais les mêmes, comme consommateurs, choisissent-ils d'eux-mêmes des produits made in France lorsqu'ils ont le choix ? Pas sûr! On pourrait regarder s'ils ne possèdent tous que des voitures françaises, par exemple. Avant de rétablir des taxes qui augmenteront les prix des produits importés et qui, en retour, pénaliseront les exportations, que ces consommateurs qui se disent patriotes commencent par privilégier les marques françaises, sans forcément cadenasser l'Europe ni verrouiller le libre échange.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.
Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.
Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.
Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.
En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.
Mais il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…
Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

quadri

EUROPE: TROIS ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.
Dans l’intervalle, les élections nationales seront des tests déterminants : « En France, l’élection présidentielle sera un référendum sur l’Europe », a commenté l’ex-ministre français de l’Economie en faisant allusion à la percée du Front national dans les sondages.
Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.
Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) , a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions a atteint 1,9% cette année-là pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
L'économie française subit l’une des plus fortes corrections alors que croissance est trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieure de 30% pour l’Allemagne.
On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. Pire: lorsqu’on s’intéresse au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la Banque mondiale. Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.
Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.
Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.
Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).
Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.
Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !
Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

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