Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

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Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

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Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.   En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une ...

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Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

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La gymnastique comptable permet d’inscrire une partie de la dette dans les fonds propres.   Mais l’endettement réel est plus important qu’il n’apparaît.   Selon le rapport financier semestriel du 30 juin 2015, ...

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Une carrière fulgurante, des résultats mitigés. Maintenant, Emmanuel Macron va devoir convaincre qu’il peut être un leader politique autrement qu’avec des petites phrases douces et assassines.   Macron président ? Que l’ex-ministre de ...

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Depuis le temps que les Etats disent vouloir s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, le shadow banking n’a cessé de se développer, offrant de nouvelles opportunités de fraude et ...

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Après la révélation d’un nouveau fichier d’exilés fiscaux français, belges et allemands au Luxembourg, des questions se posent sur la politique du Grand Duché avant qu’il ait consenti à la ...

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Face au risque de dislocation de l’Union européenne après le Brexit, les objectifs de la Communauté originelle refont surface.   Le chef de l’Etat relance l’idée d’une harmonisation fiscale, bien plus ...

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Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

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Economiquement, une sortie de la Grande Bretagne de l’Europe pourrait ne pas créer de bouleversement sur le long terme.   Mais au-delà du débat britannique, l’Europe est placée au pied du mur ...

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Même si la courbe du chômage s’inverse, le recul de l’attractivité de la France pénalise la création d’emplois.   Dommage. C’est lorsque l’Insee fait état de statistiques plutôt encourageantes pour l’économie française ...

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Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme de « co-développement » économique comme l’a qualifié François Hollande.

 

Mais le périmètre de cette taxe ne cesse de se rétrécir.

 

Avant toute analyse, un rappel : 5.300 milliards de dollars, c’est le volume moyen quotidien des transactions financières sur les marchés de change dans le monde, établi par la Banque des règlements internationaux. Le genre de  transactions sur lesquelles pourrait être appliquée une taxe.

 

Ainsi, un infime prélèvement de 0,1% génèrerait un produit de plus de 5 milliards de dollars par jour, et plus de 400 milliards par an. Un rendement énorme pour une taxe microscopique et indolore qui n’appauvrirait personne, résume Philippe Douste-Blazy en tant secrétaire général adjoint de l’ONU. Et qui pourrait faire partie du débat sur l’immigration dans le monde. Immigration qui est l’un des plus grands défis auxquels le monde entier en ce début de siècle est confronté.

 

Une réponse au besoin d’émigrer

 

Pourquoi ce rappel ? La problématique de l’immigration pour les pays les plus riches commence par la possibilité donnée aux migrants de vivre dans leur pays d’origine.

 

Lorsque les réfugiés fuient le terrorisme, une guerre civile ou une dictature comme c’est le cas pour les Syriens, Irakiens, Afghans, Erythréens et d’autres encore, le problème est différent (quoique si les pays en question avaient pu profiter d’un décollage économique, le terrorisme ne se serait pas incrusté et des régimes autoritaires n’auraient peut-être pas eu accès au pouvoir).

 

Mais pour les autres migrants qui ne sont pas des réfugiés politiques et qui fuient la misère, une aide économique qui leur  permettrait de se fixer dans leur pays est la meilleure réponse au problème. Pour les pays d’accueil pris au dépourvu comme pour les pays pauvres, il s’agirait d’un processus de « co-développement », comme l’a qualifié François Hollande à l’occasion de sa conférence de presse du 7 septembre. A condition, toutefois, que la corruption ne détourne pas cette aide de son objectif. Mais il existe des propositions, formulées notamment par l’ONG Transparency International, pour faire échec aux détournements.

 

Certes, il existe déjà une aide aux pays en développement, qui atteint déjà le montant de 135 milliards de dollars par an. Mais son calibrage a été étudié avant que le phénomène migratoire atteigne les proportions actuelles. Aujourd’hui, elle n’est plus une réponse adaptée, d’autant que l’aide aux pays les plus pauvres diminue. Il faut revoir les canaux de diffusion, et envisager une augmentation.

 

Pour les pays riches, un supplément d’aide qui permettrait aux populations les plus démunies de se construire  un avenir chez eux, serait un effort bien plus supportable que la prise en charge de flux de migrants de plus en plus denses, que jamais des murs ne refouleront et sur lesquels il est humainement intolérable de fermer les yeux.

 

Dans ces moments-là, on se demande à quoi servent les hommes politiques s’ils ne parviennent pas à anticiper des situations connues de tous, et à imposer des règles qui profiteraient à tous. Comme la taxe sur les transactions financières. Une taxe à plus de 400 milliards de dollars par an ; trois fois plus que l’ensemble de l’aide versée par les pays riches aux pays en développement. De quoi faire changer d’échelle la solidarité internationale.

 

Un rapport de Pascal Canfin et Alain Grandjean remis en juin dernier à François Hollande, insiste sur le potentiel de ressources financières issues de la taxe sur les transactions financières. En l’occurrence, les auteurs préconise ce mode de financement innovant pour lutter contre les effets du réchauffement climatique.

 

Mais précisément, il existe aussi des réfugiés climatiques, qui se confondent souvent avec les réfugiés économiques, et ils seront de plus en plus nombreux avec la progression du réchauffement. D’où la nécessité, selon les auteurs, « de mobiliser davantage de fonds publics et de massifier des flux d’investissement privés vers une économie bas carbone ». Rappelons que, à la conférence de Copenhague et pour la seule lutte contre les effets du réchauffement climatique, les pays développés s’étaient engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an au bénéfice des pays pauvres. On en discute toujours.

 

Une Europe désunie

 

Voilà déjà longtemps que les chefs d’Etat se sont penchés sur cette taxe. Nicolas Sarkozy l’avait inscrite au programme du G20 de 2011 qu’il présidait. Sans succès. La même année, la Commission européenne présentait une proposition destinée à mettre en place une taxe qui « serait prélevée sur toutes les transactions sur instruments financiers entre institutions financières lorsqu’au moins une des parties à la transaction est située dans l’UE ». Avec un taux de 0,1 % sur l’échange d’actions et d’obligations et de 01% sur les contrats dérivés, les recettes s’élèveraient à environ 57 milliards d’euros par an pour la seule Union européenne.

 

Le Parlement européen se prononça en faveur de cette proposition. Mais en 2012, face à l’opposition manifestée par certains pays membres, seuls onze pays de l’UE (France, Allemagne, Italie, Espagne, Autriche, Belgique, Portugal, Grèce, Slovaquie, Estonie et Slovénie) décidèrent de poursuivre l’expérience. Quitte à devoir se satisfaire d’un rendement moins important, évalué à l’époque à 35 milliards d’euros par an.

 

Mais les lobbies bancaire entrèrent en action, soulignant les risques que feraient courir cette taxe « sur des pans entiers de l’industrie financière française », alertait la Banque de France. En cause : la concurrence que se livreraient à l’intérieur même de l’Europe les places financières qui seraient touchées par cette taxe, et les autres comme Londres qui, déjà, les domine. « « Il n’y a pas de solution pour une taxe dans la zone euro si Londres s’en affranchit », déclarait Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire général de l’Elysée et ami du Président, fin 2012 alors que, un an plus tôt, il en était partisan.

 

Pourtant, François Hollande lui-même avait à plusieurs reprises – dans son discours du Bourget comme à Rio ou à l’Assemblée générale de l’ONU – pris position en faveur de cette taxe et la voyait même entrer en vigueur dès 2013. Mais la France a fait marche arrière. D’ « historique », la mesure était qualifiée d’ « excessive » par Pierre Moscovici lorsqu’il était ministre de l’Economie. La France prenait le parti d’en restreindre le périmètre, et finalement fut à l’origine du piétinement des dix autres pays volontaires. L’hypothèse d’une mise en place pour la fin 2014 fut avancée. Mais la crise grecque gela la mécanique.

 

Michel Sapin, devenu ministre des Finances publiques déclara préférer une mesure efficace plutôt que trop ambitieuse, et annonça cette taxe pour début 2016. Las ! Devenu commissaire européen, Pierre Moscovici a annoncé en juillet que la date butoir était reportée à début 2017.

Et pendant ce temps, les réfugiés – qu’ils soient politiques, économiques ou climatiques – convergent de plus en plus nombreux vers l’Europe, elle-même divisée quant à l’accueil à leur proposer à l’image du contraste saisissant entre la France et l’Allemagne.

 

60 millions de réfugiés par an

 

Mais il n’y a pas que l’Europe. Le monde entier est concerné par les phénomènes migratoires. L’an dernier, le Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU a évalué à 60 millions le nombre de personnes déplacées dans le monde. Cette année, on en comptera encore plus et, en dix ans, leur nombre aura plus que doublé.

 

Les flux de migrants vont continuer à grossir, irrémédiablement à cause du réchauffement climatique, et pendant ce temps, les moyens manquent pour permettre à une partie d’entre eux de se maintenir dans leur pays d’origine. Alors que des « financements innovants » existent, mais que personne ne les met en œuvre. Quitte à se contenter d’un rendement moins performant, la Commission européenne planche sur un projet de taxe avec une assiette plus large mais des taux bas pour être plus réaliste, explique Pierre Moscovici.

 

Quoi qu’il en soit, en Europe et ailleurs, on ne peut se contenter de construire des murs pour contenir les flux d’immigrants. Une réaction humainement dégradante et de toute façon totalement inefficace, surtout sur le long terme. Le chef de l’Etat français propose d’organiser une conférence internationale sur les réfugiés pour que les grands pays du monde s’organisent collectivement face à un phénomène qui ne peut que se développer.

 

Il promet de nouvelles mesures qui devraient être annoncée à l’occasion de la conférence de Paris sur le climat, la COP21, à la fin de l’année. La taxe sur les transactions financières, portée par onze pays européens, reviendra à cette occasion dans l’actualité. Pour un engagement enfin définitif qui pourrait ensuite faire tache d’huile pour éviter, selon François Hollande, « une crise humanitaire gigantesque », tant pour des raisons économiques que climatiques.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

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guerillero

PATRIOTES ? Les électeurs frontistes souhaitent le rétablissement des frontières et des taxes à l'importation. Mais les mêmes, comme consommateurs, choisissent-ils d'eux-mêmes des produits made in France lorsqu'ils ont le choix ? Pas sûr! On pourrait regarder s'ils ne possèdent tous que des voitures françaises, par exemple. Avant de rétablir des taxes qui augmenteront les prix des produits importés et qui, en retour, pénaliseront les exportations, que ces consommateurs qui se disent patriotes commencent par privilégier les marques françaises, sans forcément cadenasser l'Europe ni verrouiller le libre échange.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.
Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.
Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.
Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.
En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.
Mais il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…
Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

quadri

EUROPE: TROIS ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.
Dans l’intervalle, les élections nationales seront des tests déterminants : « En France, l’élection présidentielle sera un référendum sur l’Europe », a commenté l’ex-ministre français de l’Economie en faisant allusion à la percée du Front national dans les sondages.
Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.
Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) , a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions a atteint 1,9% cette année-là pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
L'économie française subit l’une des plus fortes corrections alors que croissance est trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieure de 30% pour l’Allemagne.
On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. Pire: lorsqu’on s’intéresse au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la Banque mondiale. Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.
Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.
Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.
Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).
Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.
Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !
Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

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