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Le taux d’emploi des Bac+5 et plus à la sortie des études, qui se dégradait depuis 2010, s’est stabilisé cette année.

 

Si l’accès au monde du travail reste toujours plus difficile qu’il y a dix ans pour ces jeunes, ils sont moins touchés par la crise que les moins diplômés.

 

Selon une étude de l’Apec (agence pour l’emploi des cadres) publiée en octobre et réalisée auprès de 4500 personnes sorties l’an dernier de l’enseignement supérieur, le taux d’emploi de ces surper-diplômés serait en 2014 de 63%.

 

C’est à dire au même niveau pour la promotion 2013 que pour la promotion 2012.

 

Certes, on est encore loin du taux d’emploi de 72% de la promotion 2010 enregistré en 2011 un an après la fin des études. Ce n’était pourtant pas la panacée : selon le Céreq (centre d’études et de recherches sur les qualifications) en septembre dernier, les jeunes super-diplômés sortis de l’enseignement supérieur en 2010 étaient déjà plus souvent au chômage et un peu moins rémunérés que leurs prédécesseurs sortis en 2004.

 

C’est dire si en dix ans de 2004 à 2013, la situation s’est dégradée ! Le marché du travail reste toujours beaucoup trop fermé, incapable de tenir la promesse d’employabilité pour près de quatre jeunes diplômés sur dix un an après la fin de leurs études. Mais si, en 2014 pour la promotion 2013, le recul est enrayé et la stabilisation consolidée, c’est peut être une première étape vers une évolution plus favorable.

 

Les jeunes d’ailleurs ne s’y trompent pas. Pour l’Apec, « six sur dix se déclarent optimistes quant à leur recherche d’emploi ». Car malgré tout, comme soulignait le Cereq en avril dernier, la détérioration de la situation pour les Bac +5 reste limitée et l’accès rapide à l’emploi est globalement plus fréquent que pour les autres moins diplômés. S’il ne constitue pas une assurance, le diplôme reste le meilleur sauf-conduit pour entrer avec succès sur le marché du travail.

 

Docteurs et ingénieurs, les plus recherchés

 

Néanmoins, tous les jeunes diplômés ne sont pas logés à la même enseigne. C’est dans l’informatique et la pharmacie mais aussi dans les sciences de l’éducation que les taux d’emploi des jeunes diplômés sont les plus élevés : 83%, selon l’Apec. Le secteur commercial, à 77%, offre aussi des débouchés, de même que les fonctions d’ingénieur dans la mécanique et l’électronique (73%). Plus inattendu, le secteur de la psychologie est également bien placé.

 

Dans la gestion et la comptabilité, comme dans l’alimentaire, les taux d’emploi se situent un peu au-dessous de 70%. Dans le droit, le marketing, l’information/communication et le BTP, ils sont légèrement au-dessus de 60%

 

Mais dans les sciences politiques et en économie, dans l’édition, l’urbanisme et l’environnement, les débouchés sont restreints et les taux d’emploi un an après l’obtention du diplôme tournent plutôt autour de 50%, voire moins pour la chimie ou la biologie. Ainsi, un jeune diplômé en informatique a deux fois plus de chance d’être en emploi qu’un jeune diplômé en biologie, un an après leur entrée sur le marché du travail.

 

Encore faudrait-il introduire des nuances selon le profil de ces jeunes. Par exemple, relève l’Apec, les titulaires d’un doctorat en poste un an après l’obtention de leur diplôme bénéficient pour 87% d’un statut de cadre. Et si 83% des jeunes ingénieurs sont dans la même situation, seulement 61% des diplômés d’une école de commerce en profitent d’entrée de jeu. Ce qui va un peu à l’encontre des idées reçues.

 

Autre distinction, les femmes de la cible considérée sont par exemple proportionnellement plus souvent en emploi, mais moins en CDI et moins rémunérées, souligne l’Afij (association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés) qui toutefois ne limite pas son approche des jeunes diplômés aux Bac+5.

 

D’une façon plus générale, l’association note également que  « le contraste demeure entre la relative bonne insertion à court terme et le taux beaucoup plus faible à partir d’un an ». Autrement dit, ces taux d’emploi risquent de se dégrader au-delà de la première année sur le marché du travail.

 

Des jeunes diplômés en emploi majoritairement satisfaits

 

Cette perspective n’entame pas la satisfaction des Bac+5 en emploi qui, pour 88% d’entre eux dans l’enquête de l’Apec, se déclarent satisfaits (et même 37% très satisfaits) du poste qu’ils occupent.

 

C’est surtout l’autonomie dans le travail, l’ambiance et l’intérêt de la fonction qui suscitent la plus grande satisfaction, alors qu’elle est plus modérée concernant la charge de travail, les perspectives d’évolution et la rémunération. D’autant que, s’agissant des rémunérations, « la moitié des diplômés en emploi ont dû, pour être embauchés, accepter un salaire inférieur à ce qu’ils auraient souhaité ».

 

Malgré tout, conscients de la conjoncture, sept sur dix de ces jeunes se déclarent très satisfaits ou plutôt satisfaits de leur rémunération, une proportion en légère progression par rapport à la promotion précédente. Il est vrai que les salaires ont un peu progressé, avec une médiane à 29.400 euros bruts annuels en hausse de 2% sur un an après trois années de stagnation.

 

Toutefois, l’éventail est large. Ainsi, entre le secteur public et le secteur privé, l’écart peut atteindre 13% pour un diplôme d’ingénieur, 20% pour un doctorat et 27% pour un diplôme d’école de commerce.

 

Et suivant la discipline, les rémunérations peuvent aussi fortement varier : selon les niveaux relevés par l’Apec qui se concentre sur les Bac+5 et plus, un diplômé en sciences technologiques touche environ 7% de plus qu’un diplômé du commercial, 34% de plus qu’un diplômé de la santé, et 58% de plus qu’un diplômé en sciences humaines.

 

Pour les jeunes très diplômés, qu’il s’agisse d’accès à l’emploi ou de rémunération, les situations sont donc loin d’être homogènes. Toutefois, cette disparité traduit la situation de l’offre et de la demande. Le véritable défi est ailleurs, dans le redressement du taux d’emploi toutes catégories confondues.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur http://www.emploiparlonsnet.pole-emploi.org/ )

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guerillero

PATRIOTES ? Les électeurs frontistes souhaitent le rétablissement des frontières et des taxes à l'importation. Mais les mêmes, comme consommateurs, choisissent-ils d'eux-mêmes des produits made in France lorsqu'ils ont le choix ? Pas sûr! On pourrait regarder s'ils ne possèdent tous que des voitures françaises, par exemple. Avant de rétablir des taxes qui augmenteront les prix des produits importés et qui, en retour, pénaliseront les exportations, que ces consommateurs qui se disent patriotes commencent par privilégier les marques françaises, sans forcément cadenasser l'Europe ni verrouiller le libre échange.

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.
Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.
Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.
Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.
En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.
Mais il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…
Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

quadri

EUROPE: TROIS ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.
Dans l’intervalle, les élections nationales seront des tests déterminants : « En France, l’élection présidentielle sera un référendum sur l’Europe », a commenté l’ex-ministre français de l’Economie en faisant allusion à la percée du Front national dans les sondages.
Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.
Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

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LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) , a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions a atteint 1,9% cette année-là pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
L'économie française subit l’une des plus fortes corrections alors que croissance est trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieure de 30% pour l’Allemagne.
On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. Pire: lorsqu’on s’intéresse au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la Banque mondiale. Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.
Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.
Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.
Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).
Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.
Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !
Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

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