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L’économie sociale et solidaire a le vent en poupe, mais l’emploi a stagné dans les associations l’an dernier.

 

Une loi cadre devrait leur faciliter l’accès aux fonds de la future banque publique d’investissement (BPI).

 

La promesse figure dans le premier des soixante engagements de François Hollande, celui qui concerne la relance de la production, l’emploi et la croissance : « Une partie des financements sera orientée vers l’économie sociale et solidaire (ESS) ».

 

Pour les coopératives, mutuelles, fondations et associations qui, ensemble, emploient 2,35 millions de salariés (soit un salarié sur huit du secteur privé), c’est une forme de reconnaissance.

 

D’autant que la crise du capitalisme financier  a créé, en contrepoint, un contexte favorable à la relance des valeurs fondamentales de l’économie solidaire, qui « refoule progressivement et systématiquement l’ère économique déterminée par le seul profit », commente le sociologue Edgar Morin. Au point qu’une loi cadre concernant ce secteur devrait voir le jour cette année.

 

Certes, l’économie solidaire et sociale (ESS) n’est pas, en soi, une découverte. Les valeurs dont elle se réclame remontent au milieu du XIXe siècle lorsque naquirent les premières coopératives. Et, en France, le Conseil supérieur de l’économie sociale fut créé par l’ancien Premier ministre Michel Rocard alors qu’il était au Plan dans les années 70.

 

Malgré tout, cette loi cadre en officialiserait les spécificités et devrait permettre aux entreprises du secteur d’accéder plus facilement aux moyens qui pourront être proposés par la future Banque publique d’investissement (BPI). Pour dynamiser le secteur.

 

Déjà en 2011, avec le gouvernement Fillon, les instances représentatives des mutuelles et coopératives avaient fait progresser l’idée d’un cadre législatif spécifique. Prévue pour 2012, il est toujours d’actualité et figure effectivement au programme du gouvernement, a confirmé Benoît Hamon.

 

L’emploi a plafonné l’an dernier dans les associations

 

L’économie sociale et solidaire a en réalité besoin d’un coup de pouce. « La crise systémique que nous subissons, la fragilisation des banques et donc de l’économie des entreprises et des ménages, accélèrent l’obligation à prendre des décisions d’importances », insiste le Labo de l’Economie sociale et solidaire qui organisa l’an dernier les premiers Etats généraux de l’ESS.

 

Même si les effectifs des entreprises du secteur ont progressé de 23% entre 2000 et 2010 contre 7% pour l’ensemble du privé, 2011 a marqué un coup d’arrêt : seulement 0,1% de salariés en plus, contre 1,1% pour le secteur privé. La faute à la crise, qui se traduit par une désaffection de fonds à destination du secteur associatif, le plus important dans l’économie solidaire.

 

Or, à elles seules, les associations emploient 1,8 million de personnes, contre 322.000 pour les coopératives, 153.000 pour les mutuelles et 69.000 pour les fondations. Ainsi, lorsque les associations fléchissent, c’est tout le secteur qui est touché… même si en l’occurrence l’an dernier, les autres composantes de l’ESS ont connu des situations plus satisfaisantes.

 

Un « tiers secteur » plutôt divisé

 

Les quelque 200.000 structures – coopératives, mutuelles, associations ou fondations – ont des problématiques communes. Toutefois, le « tiers secteur » comme on l’appelle parfois pour le distinguer des secteurs public et privé, est loin d’être homogène. 

 

Par exemple, le seul secteur coopératif ne revendique que 21.000 entreprises, selon Coop FR. Mais les 100 plus grosses entités – soit 0,5% du total – réalisent à elles seules les deux tiers du chiffre d’affaires du mouvement, ce qui correspond à 3,5 fois l’industrie automobile.

 

On trouve parmi elles des groupes bancaires de tout premier plan comme BPCE (où sont réunis les Banques populaires, les Caisses d’épargne et le Crédit coopératif), le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel qui, ensemble, représentent 60% de l’activité de la banque de détail en France. Soit plus de 360.000 salariés (avec les filiales) pour ces seuls trois groupes bancaires coopératifs.

 

Quant aux coopératives du secteur agricole, fort également de très grosses structures, elles représentent 40% de l’agroalimentaire en France.

 

Rien à voir avec les Scop (sociétés coopératives et participatives) et autres coopératives d’artisans. Ni avec les entrepreneurs sociaux, dont la réalité est plus éloignée des grosses structures coopératives et mutualistes que celles-ci ne le sont de leurs concurrentes du secteur capitalistes.

 

C’est ce manque d’homogénéité et ces intérêts divergents qui, jusqu’à présent, ont empêché toute approche globalisante de l’économie sociale et solidaire. Le problème va se poser de la même façon pour Benoît Hamon.

 

Car si le secteur coopératif applaudit aux futures interventions de la Banque publique d’investissement (BPI), promise par François Hollande et qui  « investira dans les coopératives, par le biais de prêts et de garanties et au capital des entreprises », c’est d’une autre forme de soutien, plus simple et proche du terrain, à laquelle aspirent les associations.

 

Le Conseil National des Chambres Régionales de l’Economie Sociale met ainsi l’accent sur la lutte contre les licenciements massifs en favorisant la reprise d’entreprise par les salariés et la propriété collective des outils de production,  la lutte contre les délocalisations en favorisant les emplois de proximité, le frein à la course aux profits pour privilégier l’insertion…

 

Le secteur a pu s’appuyer notamment sur l’épargne solidaire qui, selon le baromètre de l’association Finansol, a été multipliée par plus de dix en France en dix ans, permettant de financer plus de 82.000 entreprises sur la période. Mais avec la BPI, la force de frappe sera décuplée.

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.emploiparlonsnet.com)

 

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REPERES

- Population France 2013: 65,6 millions d'habitants
(Union européenne à 28: 505,7 millions)
- Population active: 28,4 millions de personnes
- Chômeurs: 3,563 millions de personnes (5,194 millions en demande d'emploi et recherche active) fin décembre 2013
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.066 milliards d'euros courants en 2013 (Union européenne: 12.970 milliards d'euros, zone euro: 9.060 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 27.860 euros en 2013 (Union européenne: 25.540 euros, zone euro: 27.610)
- Smic mensuel brut: 1.430 euros
- Salaire moyen net: 2.082 euros
- Salaire médian : 1.650 euros
- Dette publique France : 1900 milliards d'euros fin 2013, soit 92,7% du PIB
- Dette par habitant: 29.000 euros
- Déficit commercial: 61,2 milliards d'euros en 2013

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MODERNISER LA REVERSION EN REFORMANT LES RETRAITES

Tous les régimes de retraite français l’accordent : la réversion concerne 4,25 millions de personnes (soit plus d’un quart des retraités), dont 91 % de femmes – dont plus d’un million dépourvues de droits propres et pour qui cette réversion est vitale. Elle représente une masse totale d’un peu plus de 30 milliards d’euros, soit 13 % de l’ensemble des pensions de retraite.

Compte tenu de ces volumes, toute réforme d’un système de retraite ne peut faire l’impasse sur la réversion. Mais suite à l’évolution de la société, de la place de la femme, de la stabilité ou non des couples et des mécanismes actuels de solidarité, il ne serait pas illégitime de s’interroger sur les modalités de cette réversion.

Les divorces sont de plus en plus nombreux, dépassant 45% du nombre des mariages selon l’Institut national d’études démographiques (Ined). Ce qui oblige à s’interroger sur la pertinence de l’exclusion en cas de remariage par exemple.

Le nombre des unions libres progresse fortement si l’on en croit le nombre de naissances hors mariages qui atteint, selon l’Insee, 55% du total. La problématique de la réversion pour les unions hors mariage mérite donc d’être posée.

En France, la Halde a considéré en 2008 que « les droits et les devoirs des partenaires liés par un PACS sont suffisamment comparables à ceux du mariage pour rendre injustifiée toute différence de traitement en matière de bénéfice de la pension de réversion ».

En outre, l’introduction du mariage pour tous est une autre dimension à prendre en considération pour la réversion, bien que la question semble réglée par la simple extension de l’institution du mariage.

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LES SENIORS, MOTEURS DE LA CROISSANCE

Pour qu’un client consomme plus, il faut plus le solliciter. Qu’il soit jeune, ou vieux. Et lorsqu’on regarde du côté des seniors, d’aucuns y voient des bas-de-laine qu’il serait criminel d’ignorer en période de crise.

D’autant que leur pouvoir d’achat « peut être à l’origine de 0,25 point de croissance par an », avance Michèle Delaunay, ministre déléguée chargée des personnes âgées et de l’autonomie.

Dans ces conditions, le gouvernement fait feu de tout bois. Avec son collègue du Redressement productif Arnaud Montebourg, la ministre lance une série d’opérations destinées à interpeler les personnes de plus de 60 ans qui, selon l’Insee, représente aujourd’hui 23,4% de la population - près d’un Français sur quatre, presqu’autant que les moins de 20 ans. Plus particulièrement, ce sont les personnes de 75 ans et plus, soit 9% des Français, qui figurent au cœur de la cible.

Mais qu’on ne parle pas de vieux, à peine de seniors, pour ne pas laisser entendre qu’ils composeraient une catégorie à part de consommateurs alors que personne ne souhaite être assimilé à cette cible. Restons dans l’abstraction, la désincarnation, à travers une métaphore empruntée à la langue anglaise pour éviter toute connotation désagréable.

Le gouvernement s’en tiendra donc au vocable de « silver économie », sans qu’on sache très bien quelle orthographe – française ou anglaise- doit s’appliquer. Mais ce sont bien les personnes fragiles, âgées et en perte d’autonomie, dont il est question.

AUTOMOBILE DU FUTUR

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.

Un rappel, déjà : lorsque toutes les conditions, d’âge et de durée de cotisation, sont remplies pour toucher une retraite à taux plein, le montant de la pension au régime général du secteur privé est fixé à 50% du salaire annuel moyen calculé sur les 25 meilleures années d’une carrière. Autrement dit, dans la plupart des cas, moins de la moitié des derniers salaires.

Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.

Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.

Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).

Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.

Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !

Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

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