Face à l’austérité annoncée, les utilisateurs du train acceptent mal que la SNCF augmente ses tarifs. D’autant que le train est souvent synonyme de stress. Mais celle-ci pâtit de la décision du gouvernement de lui verser un fort dividende alors que la fiscalité va s’accroître.

 

Il faut croire que le public a accumulé bien du ressentiment à l’égard de la SNCF pour que la hausse de 3,2% au 3 janvier déclenche cette volée de bois vert unanime.

 

Pourtant, à y regarder de plus près, cette hausse n’a rien d’exceptionnelle. Elle intègre très arithmétiquement la prévision d’inflation de 1,7% en 2012 et l’augmentation de la TVA de 5,5 à 7% annoncée par François Fillon dans le cadre de son programme d’austérité.

 

Or, l’inflation est tous les ans répercutée sur les tarifs. Quant à la politique d’austérité, il faut s’attendre à la voir se manifester dans bien d’autres secteurs encore. La mécanique tarifaire s’applique sans surprise. Mais est-elle politiquement correcte ?

 

Une hausse mécanique est-elle politiquement correcte ? 

 

On note que les TER faisant l’objet de contrats entre la SNCF et les Régions, cette augmentation ne touche pas les transports domicile-travail les plus courants. Seuls les TGV sont concernés, ainsi que les trains interrégionaux Téoz et Lunéa. Et la SNCF répète que les tarifs des TGV,  étudiés pour que la grande vitesse soit accessible au plus grand nombre et serve un modèle économique de consommation de masse,  restent parmi les plus  faibles d’Europe à prestations comparables.  L’augmentation avait été plus élevée en 2009 à 3,5%, et même celles de 2010 (1,9%) et 2011 (2,85% en février) étaient finalement plus lourdes si on n’exclut l’effet TVA.

 

Mais rien n’y fait : c’est la hausse de trop, celle dont les utilisateurs du train s’emparent pour déverser le trop-plein de critiques sur les conditions d’accueil, de stress occasionné par les retards, d’angoisses nées des annulations, d’inconfort causé par l’entassement… sans qu’ils aient le sentiment que la situation s’améliore.

 

Qu’importe que Réseau ferré de France (RFF), le gestionnaire du réseau ferroviaire,  considère que 90 % des trains de voyageurs sont à l’heure en France et que la régularité s’est améliorée de 2 % en un an. Le client du TGV retiendra plutôt que trois trains à grande vitesse sur trois arrivent à l’heure… c’est-à-dire qu’une fois sur quatre il arrivera en retard.

 

Et bizarrement, il a toujours l’impression que, le concernant, la proportion des retards est plus élevée ! Tout cela dans des voitures qui vieillissent, manquent d’entretien, pour des trajets qui, finalement et quoi qu’en dise la direction de la SNCF, coûtent cher. Surtout quand on n’a plus le choix avec d’autres trains moins rapides mais plus économiques.

 

Une aubaine pour les partis d’opposition en période pré-électorale, qui ne pouvait laisser passer une telle caisse de résonnance sans s’en saisir.

 

L’Etat prend son dividende, l’usager subit l’austérité

 

Il est vrai que rien n’obligeait la SNCF à répercuter la hausse de TVA. Elle pourrait fort bien en absorber une partie.  En 2010, le groupe a réalisé un résultat net de 697 millions d’euros sur un chiffre d’affaire de 30,5 milliards d’euros. Et au premier semestre 2011, grâce à des ventes en progression de 9,5% par rapport à l’année précédente, le résultat net semestriel a atteint 558 millions d’euros au lieu de… 80 millions sur la même période de 2010. Une confortable amélioration ! Rien n’empêchait donc, en théorie, qu’une partie de ce bénéfice serve à amortir le choc de l’austérité.

 

Mais l’actionnaire en a décidé autrement, en demandant à la société de verser 230 millions d’euros de dividendes à l’Etat au titre de l’exercice 2011. Ce qui la prive d’une grande partie de ses marges de manœuvre financières. L’annonce du versement de ce dividende le 21 décembre dernier et celle, tout juste une semaine plus tard, de la hausse des tarifs se télescopent.

 

Bien sûr, le PS comme les Verts et le Front national en ont profité pour dénoncer la politique du gouvernement, accusé de racler les fonds de tiroir sur le dos des utilisateurs du train. « Le gouvernement est le premier responsable de la hausse des tarifs », accuse le syndicat SUD Rail. Il est vrai que rien n’imposait le versement d’un dividende à ce niveau… sauf la crise qui a vidé les poches de l’Etat.

 

Les bons comptes de la SNCF dans la crise

 

En outre, cette crise touche aussi la SNCF. Dans le fret, elle doit forcément s’attendre à une année 2012 difficile, suivant en cela l’activité de ses clients. Elle doit aussi compter avec la concurrence d’opérateurs concurrents qui lui disputent des marchés et l’emportent parfois, comme dans le transport d’automobiles. Dans le transport de voyageurs, elle doit tenir compte de la désorganisation du trafic sur certaines lignes en cours de rénovation, qui pourrait causer des transferts de clientèle du train vers l’automobile. Elle doit aussi supporter la hausse des péages perçus par RFF: même si l’augmentation prévue pour 2012 est limitée à 1,5% (après 7,4% en 2010 et 11% en 2011), la charge existe.

 

Il est question aussi des investissements pour l’entretien du réseau. Or, ceux-ci incombent en réalité à RFF (3,2 milliards en 2010, plus de 5 milliards en 2011…), qui délègue la réalisation des travaux à la SNCF. Mais cette dernière doit prendre à son compte la modernisation des gares.

 

Surtout, devenue société anonyme, la SNCF n’a plus vocation à enregistrer des déficits comme cela fut le cas par le passé. Avec une dette de 27 milliards d’euros logée dans RFF, le système ferroviaire français ne veut plus se permettre de dérapage. La SNCF répercute donc les surcoûts imposés par le gouvernement plutôt qu’elle ne les absorbe.

 

On pourrait lui opposer qu’une entreprise ayant une mission de service public a vocation à procéder à d’autres choix. Mais précisément, le service public aujourd’hui ne s’entend plus que pour les transports régionaux. Pour les TGV et trains interrégionaux, cette notion a disparu du vocabulaire depuis que la SNCF a pour obligation d’équilibrer ses comptes. Faudrait-il remettre au goût du jour l’ancienne conception du « service public » ? Le sujet mériterait un bien un débat,  justement en période électorale.

 

Un avertissement sans frais

 

Mais dans l’imaginaire collectif, la gymnastique financière et les subtilités de statut n’ont pas cours. La SNCF reste une entreprise particulière qui, dans cet imaginaire, appartient au public. Alors, lorsqu’elle annonce qu’elle va contribuer à accroître la pression financière annoncée avec l’austérité, c’est comme si elle se dissociait du sort de ses clients. Ils se sentent floués, et réagissent au quart de tour. Pour le gouvernement, c’est aussi un avertissement à prendre en considération pour les politiques restrictives à venir, et les choix à opérer !

 

Gilles BRIDIER

(publié sur www.slate.fr)

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UNE CRISE, PAS UNE DEROUTE

L’histoire de la dette française est celle des 30 dernières années. Mais le dérapage est récent. De 20% du PIB en 1981 à l’arrivée de la gauche, cette dette avait atteint 55% lorsque Jacques Chirac fut élu président. Avec Lionel Jospin à Matignon, la dette fut globalement stationnaire à 60%. Elle était quasiment au même niveau (64% pour un peu plus de 1200 milliards d’euros) lorsque Nicolas Sarkozy accéda à l’Elysée en 2007. Mais aujourd’hui, la France supporte une dette publique de plus de 1700 milliards d’euros, soit un peu plus de 85% du PIB: une augmentation de 20 points de PIB en quatre ans.
Cette dette, de 26.300 euros pour chacun des 65 millions de Français, n’est pas la plus lourde parmi les économies développées. Celle du Japon représente environ 200% du PIB nippon, celle des Etats-Unis 99% du PIB. Neuf pays européens sur vingt-sept ont une dette supérieure à 80% de leur PIB, dont l’Allemagne (83%) et le Royaume Uni (80%).
La France pointait l’an dernier au cinquième rang des puissances économiques mondiales. L’Union européenne demeure la région la plus riche du monde avec un PIB global de 16.100 milliards de dollars contre 14.600 milliards pour les Etats-Unis.

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LES GRANDS FONDS MARINS SONT-ILS VOUES A LA DEVASTATION?

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La consommation d’eau augmente deux fois plus vite que la démographie. Au milieu du siècle, 40% de la population mondiale – qui aura atteint 9 milliards de personnes – seront confrontés à des problèmes de ressources en eau. Le cycle de l’eau est immuable: il ne permet pas de générer de nouvelles ressources, et l’eau douce ne représente que 3% des réserves sur la planète. La proportion d’eau destinée à la consommation domestique et qui constitue un enjeu vital pour un homme sur quatre, ne représente que 8% du total. Car 22% de l’eau utilisée dans le monde est captée par l’industrie et 70% est destinée à l’agriculture pour ses besoins en irrigation. En plus, seulement 2% des eaux usées, collectées et retraitées sont réutilisées. Dans l’attente qu’un système de solidarité internationale se mette en place, le principe de « l’eau pour tous » reste un vœu pieu dès aujourd’hui pour le quart de la planète.

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LES PEAGES FLAMBENT

Se déplacer en voiture revient de plus en plus cher. Par exemple, pour un Paris-Nantes sur autoroute, compter entre 40 et 50 euros de carburant selon qu’on utilise une automobile de gamme moyenne consommant du gazole ou du super 95, plus 34 euros de péage. Pour un Paris-Lyon ou un Paris-Strasbourg, entre 50 et 60 euros de carburant et de 31 à 35 euros de péage. En dix ans, le prix du litre de super a augmenté de 50%, et celui du gazole de 70% ! Viennent s’ajouter les hausses des péages (1,5 fois l’inflation en 2011, et toujours plus que l'inflation en 2012) qui ignorent les critiques de la Cour des comptes. Le résultat est là : les péages autoroutiers représentent aujourd’hui 70 à 80% des dépenses de carburant sur autoroute.

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