La CGT et le retour de la lutte des classes

La CGT et le retour de la lutte des classes

La loi Travail, même réécrite avec la CFDT, est devenue un marqueur pour les radicaux de la CGT qui veulent exhumer l’esprit de la lutte des classes.   Un mois de ...

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Emploi: le CDI n’est pas le principal frein à l’embauche

Emploi: le CDI n’est pas le principal frein à l’embauche

Un CDI sur trois ne dépasse pas un an, un sur deux n’atteint pas trois ans.   Sa rigidité a déjà été entamée, d’autant que les entreprises qui ne veulent s’engager ...

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Insertion sociale : briser la solitude des vieux

Insertion sociale : briser la solitude des vieux

On vit de plus en plus vieux, mais on vieillit de plus en plus seul.   La société doit s’adapter pour offrir une plus grande autonomie aux personnes âgées et entretenir ...

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Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.   Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.   Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour ...

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« Panama papers » : un camouflet pour les services fiscaux

Panama papers : un camouflet pour les services fiscaux

Pourquoi les experts des services fiscaux échouent-ils face à une fraude que la presse internationale révèle ?   La presse internationale est-elle devenue plus efficace que tous les experts des services fiscaux des ...

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Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Pour revenir à la situation de mi-2012, il faudrait que le nombre de chômeurs baisse d’un quart en un an. Impossible, même avec un plan massif pour l’emploi, bien tardif mais ...

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Loi Travail, le contre-exemple d’une concertation bien menée

Loi Travail, le contre-exemple d’une concertation bien menée

François Hollande voulait réformer sur la base de la concertation.   Avec le projet de loi Travail, la négociation a eu lieu après la présentation du projet et la menace par ...

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Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme ...

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Economie : et la confiance, bordel ?

Economie : et la confiance, bordel ?

Au moment où la mécanique économique semble pouvoir être relancée, la France se crispe sur de vieux antagonismes entre les salariés et les entreprises qui ont pourtant partie liée.   Le ...

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Fermeture de Fessenheim : plus lourde sera la facture

Fermeture de Fessenheim : plus lourde sera la facture

EDF veut être indemnisé pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.   Une négociation est en cours. Elle créera un précédent pour d’autres fermetures à venir.   Le flou entretenu par le ...

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La face cachée de la dette d’EDF

La face cachée de la dette d’EDF

La gymnastique comptable permet d’inscrire une partie de la dette dans les fonds propres.   Mais l’endettement réel est plus important qu’il n’apparaît.   Selon le rapport financier semestriel du 30 juin 2015, ...

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Code du Travail : adieu, le choc de simplification !

Code du Travail : adieu, le choc de simplification !

Le passage en force de la loi Travail permet à Manuel Valls d’éviter de vider le texte de sa substance, qu’il assume.   Mais la simplification du code, à l’origine du ...

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Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Depuis le temps que les Etats disent vouloir s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, le shadow banking n’a cessé de se développer, offrant de nouvelles opportunités de fraude et ...

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Davantage de seniors au travail, mais aussi au chômage

Davantage de seniors au travail, mais aussi au chômage

Alors que les jeunes profitent le plus de la tendance à l’inversion du chômage, la population des seniors sans emploi commence aussi à en ressentir faiblement les effets.   Même timidement, la lutte ...

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Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

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En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.

 

Ailleurs dans l’Union, l’Europe est aussi un bouc émissaire.

 

C’est bien connu, dans un référendum, on répond rarement à la question posée. En France… comme en Grande-Bretagne. Aussi, on peut s’interroger: et si le Brexit n’était rien d’autre qu’un immense malentendu ?

 

A l’occasion du référendum du 23 juin sur le maintien ou non du Royaume Uni  dans l’Union européenne, près de 52% des électeurs  britanniques ont choisi d’en sortir. L’Europe n’a pas su les convaincre des avantages qu’elle peut leur procurer alors que, dans le camp de ses adversaires, on… SUITE

Une carrière fulgurante, des résultats mitigés. Maintenant, Emmanuel Macron va devoir convaincre qu’il peut être un leader politique autrement qu’avec des petites phrases douces et assassines.

 

Macron président ? Que l’ex-ministre de l’Economie se projette à l’Elysée, c’est son droit. C’est d’ailleurs assez répandu chez les ministres qui, parvenus à ce niveau de responsabilité, rêvent tous de franchir la dernière marche du pouvoir. Mais qui est Emmanuel Macron, et sur quels résultats peut-on juger l’homme politique ?

 

Ministre en herbe, les Français ne le connaissaient pas avant sa nomination à Bercy en août 2014, héritant du portefeuille de l’Economie et de l’Industrie en remplacement d’Arnaud Montebourg, limogé. L’Economie… sans les Finances. Et a fortiori, sans le Budget non plus. C’est-à-dire… SUITE

Le projet de remise en cause des RTT chez Bouygues Télécom pourrait avoir valeur de test pour d’autres entreprises.

 

Pour les salariés, ce sont 23 jours de congés par an qui sont en jeu.

 

L’ouverture de négociations chez Bouygues Télécom pour la remise en cause des RTT pose maintes questions, à la fois propres à l’entreprise mais aussi plus largement sur l’évolution du temps de travail en France. Le sujet est récurrent jusqu’au sein du gouvernement lorsque le Premier ministre Manuel Valls estime  qu’une dérogation aux 35 heures « n’est plus une transgression » et que le ministre de l’Economie Emmanuel Macron juge que la réforme du temps de travail signe de facto la fin des 35 heures.

 

Cette… SUITE

L’inflexion de la courbe du chômage qui se profile semble toujours bien fragile lorsqu’on élargit l’analyse des statistiques.

 

Après quatre années marquées par l’espoir longtemps déçu d’une inversion de la courbe du chômage, la promesse semble  se réaliser. Mais c’est avec une loupe qu’on peut aujourd’hui remarquer cette inflexion à travers les statistiques de Pôle emploi.

La tendance a encore besoin d’être confirmée puisque, si la photographie du mois de juillet est plutôt bonne (-0,5% de chômeurs en catégorie A – sans aucune activité – en juillet par rapport à juin), les mauvais chiffres de mai et juin incitent encore à la prudence. Ainsi, sur trois mois, les statistiques sont finalement tout juste stables, avec un recul de seulement… SUITE

Après la révélation d’un nouveau fichier d’exilés fiscaux français, belges et allemands au Luxembourg, des questions se posent sur la politique du Grand Duché avant qu’il ait consenti à la levée de son secret bancaire.

 

C’est plutôt une bonne nouvelle : lorsque Berlin transmet à Paris un fichier contenant les coordonnées de plus de 42.000 contribuables français soupçonnés d’évasion fiscale au Luxembourg, c’est le signe que l’échange automatique de données fiscales qui doit entrer en vigueur à partir de 2017 devrait fonctionner. Le paquet de mesures prises par l’Union européenne en janvier dernier, reprenant les recommandations édictées en 2014 par l’OCDE pour lutter contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS), commencerait donc à porter ses… SUITE

Si vous êtes mensualisé, le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu prévu pour 2018 n’aura que des conséquences limitées sur votre quotidien.

 

Même si la philosophie du système aura complètement changé.

 

Vous êtes déjà mensualisé comme une grande majorité de contribuables qui acquittent l’impôt sur le revenu, et vous vous interrogez sur les effets du tsunami fiscal dont tous les medias parlent avec l’introduction programmée au 1er janvier 2018 du prélèvement à la source. En pratique, acquittant déjà un impôt réparti sur l’année, vous ne vivrez pas de grand bouleversement. Mais une réflexion s’impose, avec l’introduction d’un troisième acteur entre le fisc et vous.

 

Des contribuables diversement concernés

 

Après les réformes fiscales… SUITE

La décision de supprimer 5000 postes chez SFR illustre la perte de valeur ajoutée dans un secteur où une concurrence exacerbée oblige à réduire encore les coûts.

 

La question de la responsabilité de l’Etat est posée.

 

Une réduction d’un tiers des effectifs! Le couperet est tombé sur SFR avec une brutalité qui ne doit pas étonner puisque Patrick Drahi, qui a acquis le deuxième opérateur français en 2014 via sa société Numéricable, l’avait annoncé à demi-mots. « C’est un peu comme chez Darty quand vous avez une garantie de trois ans. Au bout de trois ans, la machine à laver tombe en panne, on fait comment ? On paie. Ils (les salariés) savent qu’on est en sureffectifs »,… SUITE

La polémique autour du drame du 14 juillet à Nice est d’autant plus violente que c’est la crédibilité d’élus de droite sur le volet sécuritaire qui est en jeu dans une ville qui était une vitrine.

 

« Je ne demande que le silence que les morts appellent », avait hurlé Robert Badinter, ex Gardes des Sceaux, en réponse aux huées lancées à l’encontre de François Mitterrand à la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv en 1992. Jean-Jacques Urvoas, son successeur au ministère de la Justice, s’en est souvenu lorsque Manuel Valls fut sifflé à l’occasion de la minute de silence du 18 juillet à Nice en hommage aux victimes du tueur de la Promenade des Anglais. Le 24 juillet,… SUITE

Face au risque de dislocation de l’Union européenne après le Brexit, les objectifs de la Communauté originelle refont surface.

 

Le chef de l’Etat relance l’idée d’une harmonisation fiscale, bien plus difficile à réaliser aujourd’hui qu’il y a soixante ans.

 

C’est l’une des pistes de François Hollande, dans une interview au journal Les Echos, pour relancer le processus européen fragilisé par le vote des électeurs britanniques en faveur d’une sortie de l’Union : « engager une harmonisation sociale et fiscale », « en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés ».

 

Il serait bien temps, à moins d’un an du 60e anniversaire du traité de Rome, de se souvenir que le texte fondateur de la… SUITE

L’attentat de Nice aurait pu être évité. Le tueur dont le camion roulait en infraction n’a pas été interpellé.

 

La vidéosurveillance a joué son rôle, mais les images n’ont pas été exploitées. A quoi servent les technologies ?

 

La meilleure défense, c’est l’attaque. Dans la polémique déplorable qui oppose l’opposition au gouvernement à propos de l’attentat de Nice, les attaques de Christian Estrosi, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ainsi que de la métropole Nice Côte d’Azur, semblent bien avoir eu comme premier objectif de détourner l’attention pour éviter que ne soit mis en cause le système de sécurité par vidéosurveillance qu’il avait lui-même fait installer lorsqu’il était maire de la ville.

 

Car au fur et à mesure… SUITE

Cinq recours à l’article 49-3 de la Constitution pour Manuel Valls, vingt huit pour Michel Rocard.

 

Et c’est le premier qui est accusé de déni de démocratie.

 

Si Usbek et Rica, les deux Persans de  Montesquieu, revenaient en France pour y observer les mœurs politiques d’aujourd’hui, ils trouveraient matière à s’étonner au spectacle des ténors politiques vouant aux gémonies l’actuel Premier ministre deux jours après les hommages rendus à Michel Rocard, l’un de ses prédécesseurs à Matignon et qui fut par ailleurs le mentor du premier en politique.

 

Ces Persans peu rompus à l’art du politique dans les démocraties modernes n’auraient pas manqué de relever la différence de traitement faite aux deux hommes politiques à propos… SUITE

Grâce au football, l’Europe découvre l’Islande qui a soif de reconnaissance et cherche à développer son tourisme.

 

Le 3 juillet à Reykjavik, à l’occasion du quart de finale de l’euro qui opposera l’Islande à la France, la petite fan-zone aménagée à quelques encablures du port, sur une petite place à proximité du quartier branché de la capitale, ne pourra pas contenir tous les Islandais qui, avec l’Euro, se découvrent une passion pour le football.

 

Une mini fan-zone dépassée par le succès

 

Une douzaine de bancs devant un écran ne mesurant guère plus de cinq mètres sur trois, et un espace ouvert sur lequel, entre les rues Austurstræti, Aðalstræti et Hafnarstræti, pourront se masser trois à quatre cents… SUITE

Economiquement, une sortie de la Grande Bretagne de l’Europe pourrait ne pas créer de bouleversement sur le long terme.

 

Mais au-delà du débat britannique, l’Europe est placée au pied du mur pour trouver un nouvel élan sous peine de se désagréger.

 

La Grande Bretagne, avec ses 65 millions d’habitants, devait choisir soit de rester membre de l’Union européenne avec ses 508 millions de citoyens, ou de la quitter. C’est très précisément la question à laquelle les électeurs britanniques ont dû répondre le 23 juin… sachant qu’ils ne sont jamais totalement entrés dans l’Union. C’est le paradoxe de cette consultation. Mais aussi le résultat logique de la politique menée par le Royaume-Uni avec toujours un pied dans l’Union… SUITE

Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, commente la loi Sapin 2 au moment où les autorités anti-corruption du monde entier sont réunies à Paris.

 

« Nous sommes allés au bout de tout ce que nous voulions faire à ce stade », estime-t-il.

 

Les lanceurs d’alerte vont-ils être vraiment mieux protégés ? C’est l’objectif d’un des volets du projet de loi Sapin 2, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale et dont le Sénat doit se saisir début juillet. Mais bien que le texte instaure un dispositif d’accompagnement et de protection, il est critiqué par les ONG qui considèrent que, en l’état, il ne protège pas tous les lanceurs d’alerte, et notamment ceux qui dénoncent une menace ou un préjudice… SUITE

Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.

 

En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une dynamique d’adhésion.

 

Bien qu’un certain nombre de syndicats, CGT et FO en tête, se dressent contre l’adoption de la loi Travail, celle-ci serait pourtant de nature à mettre fin au paradoxe français qui tient au faible taux de syndicalisation en France rapporté à la capacité de mobilisation des fédérations.

 

Peu d’adhésions mais une forte capacité de mobilisation

 

Alors que les accords conventionnels négociés par les syndicats couvrent plus de 90% des salariés, la France est quasiment le pays où le taux de syndicalisation est le plus… SUITE

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G&L

REPERES

- Population France : 66,3 millions d'habitants début 2015
(Union européenne à 28: 508,2 millions)
- Population active: 28,6 millions de personnes en 2015
- Chômeurs: 3,57 millions de personnes (5,44 millions en demande d'emploi et recherche active) fin 2015
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.132 milliards d'euros courants en 2014 (Union européenne: 13.944 milliards d'euros, zone euro: 9.618 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 28.360 euros en 2014 (Union européenne: 27.340 euros, zone euro: 29.050)
- Smic mensuel brut: 1.466 euros
- Salaire moyen net: 2.154 euros
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.105 milliards d'euros fin juin 2015, soit 97,6% du PIB
- Dette par habitant: 30.727 euros
- Déficit commercial: 57,6 milliards d'euros en 2014

L’ubérisation de l’économie, vecteur de précarisation

L'UBERISATION DE L'ECONOMIE, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.

Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci acceptent qu’Uber prélève une commission de 20% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.

Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.

Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.

La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.

En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.

Et tout cela sans forcément créer de l’emploi, au contraire.

D’autres professions sont aussi confrontées à cette réalité, comme l’hôtellerie dont les tarifs ne peuvent rivaliser avec ceux de particuliers qui s’organisent pour proposer des hébergements. Les chiffres d’affaires en pâtissent, avec des conséquences immédiates sur les créations d’emplois. Avec des formules du type Airbnb, les consommateurs profitent de nouvelles opportunités à moindre coût et les loueurs y puisent un complément de revenu; il n’est pas certain que l’économie d’un pays y gagne à tous les coups.

En outre, il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs contraints d’accepter des baisses de revenus. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…

Cette mutation vers une économie collaborative apparaît ainsi inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

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LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) dans ses perspectives de l’économie mondiale rendues public le 12 avril, a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions l’an dernier a atteint 1,9% pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
On pourrait considérer qu’il s’agit là d’un trou d’air dans lequel l’Italie et le Japon sont aussi emportés. Mais ce n’est pas le cas. Alors que le Royaume Uni doit conserver en 2016 une croissance de 1,9% et l’Allemagne de 1,5%, la France ne devrait pas décoller. Il est vrai que, dans ses prévisions d’avril, le FMI a revu en baisse ses prévisions pour tous les pays.
Mais par rapport à octobre 2015, la France est un des pays qui subit l’une des plus fortes corrections alors que les projections pour 2016 demeurent trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieures de 30% pour l’Allemagne.
Tous ces pourcentages décortiqués au dixième de point près restent bien abstraits. Pourquoi leur conférer une telle importance ? Quelle importance que le Royaume-Uni conforte sa place de cinquième puissance mondiale devant la France ? Quelle importance, même si la France pointait encore au quatrième rang à la fin du siècle dernier ? On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. C’est d’ailleurs pour permettre des comparaisons qui tiennent mieux compte des conditions d’existence des individus que le FMI et la Banque mondiale ont mis au point une autre forme d’évaluation des PIB « corrigés des parités de pouvoir d’achat » (PPA), ce qui contribue à neutraliser l’effet des taux de change dans ces comparaisons.
Selon cette approche, la France n’apparait plus qu’au huitième rang, selon la Banque mondiale dans ses évaluations pour 2014. Et lorsqu’on s’intéresse, cette fois au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la même institution.
Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Les statistiques et les classements montrent que la progression de la production de richesses en France est moins soutenue que dans nombre d’autres pays. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.

Un rappel, déjà : lorsque toutes les conditions, d’âge et de durée de cotisation, sont remplies pour toucher une retraite à taux plein, le montant de la pension au régime général du secteur privé est fixé à 50% du salaire annuel moyen calculé sur les 25 meilleures années d’une carrière. Autrement dit, dans la plupart des cas, moins de la moitié des derniers salaires.

Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.

Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.

Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).

Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.

Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !

Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

quadri

LE CHOMAGE DE TRES LONGUE DUREE DERAPE, L'EXCLUSION PROGRESSE

Entre août 2008 et août 2009, un an après le début de la crise bancaire, le nombre des chômeurs de très longue durée était passé de 272.000 à 282.000, soit dix mille personnes de plus recensées comme demandeurs d’emploi de plus de trois ans. Ils représentaient alors 7,6% de l’ensemble des chômeurs des catégories A, B et C (chômeurs sans aucun emploi ou en situation professionnelle précaire) en France métropolitaine.

Depuis, la situation n’a cessé de se dégrader. Entre août 2013 et août 2014, le nombre de ces chômeurs de très longue durée est passé de 560.000 à 660.000, soit 100.000 personne de plus. Non seulement cette population a plus que doublé en cinq ans, mais surtout, la progression sur un an a été multipliée par dix !

Et les dernières statistiques montrent que l’emballement se poursuit: cette population portait sur 810.000 personnes fin 2015!

De sorte que ce sont maintenant 15% des demandeurs d’emploi sans aucune activité ou avec une activité réduite, qui sont éloignés du travail depuis trois ans ou plus. Une personne sur sept incrites à Pôle Emploi!

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