Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Avec l’harmonisation fiscale, François Hollande veut réveiller un mythe oublié de l’idéal européen

Face au risque de dislocation de l’Union européenne après le Brexit, les objectifs de la Communauté originelle refont surface.   Le chef de l’Etat relance l’idée d’une harmonisation fiscale, bien plus ...

SUITE

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

SUITE

L’Europe a-t-elle un problème avec le Grand Duché ?

L’Europe a-t-elle un problème avec le Grand Duché ?

Après la révélation d’un nouveau fichier d’exilés fiscaux français, belges et allemands au Luxembourg, des questions se posent sur la politique du Grand Duché avant qu’il ait consenti à la ...

SUITE

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.   Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.   Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour ...

SUITE

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

La loi Travail, un remède au paradoxe du syndicalisme en France ?

Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.   En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une ...

SUITE

Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Pour revenir à la situation de mi-2012, il faudrait que le nombre de chômeurs baisse d’un quart en un an. Impossible, même avec un plan massif pour l’emploi, bien tardif mais ...

SUITE

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

Brexit : un grand malentendu pour les Britanniques, une mise en garde pour les autres Européens

En votant contre l’Europe, les électeurs britanniques ont avant tout exprimé leur ras-le-bol de la politique d’austérité. Mais la responsabilité en revient à Londres, pas à l’Union européenne.   Ailleurs dans l’Union, l’Europe est ...

SUITE

Emmanuel Macron : un bilan encore virtuel pour un ministre de passage

Emmanuel Macron : un bilan encore virtuel pour un ministre de passage

Une carrière fulgurante, des résultats mitigés. Maintenant, Emmanuel Macron va devoir convaincre qu’il peut être un leader politique autrement qu’avec des petites phrases douces et assassines.   Macron président ? Que l’ex-ministre de ...

SUITE

Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Un Brexit à double tranchant pour l’Europe

Economiquement, une sortie de la Grande Bretagne de l’Europe pourrait ne pas créer de bouleversement sur le long terme.   Mais au-delà du débat britannique, l’Europe est placée au pied du mur ...

SUITE

Economie : et la confiance, bordel ?

Economie : et la confiance, bordel ?

Au moment où la mécanique économique semble pouvoir être relancée, la France se crispe sur de vieux antagonismes entre les salariés et les entreprises qui ont pourtant partie liée.   Le ...

SUITE

La face cachée de la dette d’EDF

La face cachée de la dette d’EDF

La gymnastique comptable permet d’inscrire une partie de la dette dans les fonds propres.   Mais l’endettement réel est plus important qu’il n’apparaît.   Selon le rapport financier semestriel du 30 juin 2015, ...

SUITE

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme ...

SUITE

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Comment contrôler les réseaux financiers parallèles qui favorisent l’évasion fiscale ?

Depuis le temps que les Etats disent vouloir s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, le shadow banking n’a cessé de se développer, offrant de nouvelles opportunités de fraude et ...

SUITE

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Quand l’attractivité décroche, c’est l’emploi qui trinque

Même si la courbe du chômage s’inverse, le recul de l’attractivité de la France pénalise la création d’emplois.   Dommage. C’est lorsque l’Insee fait état de statistiques plutôt encourageantes pour l’économie française ...

SUITE

La SNCF commercialise les billets TGV des nouvelles lignes à grande vitesse sur Bordeaux et Rennes qui seront exploitées à partir de juillet prochain.

 

Avec des hausses de tarifs importantes, mais des possibilités de prix cassés.

 

La vitesse a un coût, donc un prix. Et lorsque la vitesse augmente, les tarifs suivent. Il était donc prévisible que la mise en service en juillet prochain des TGV de la ligne Océane sur Bordeaux et de la ligne Armorique sur Rennes, vingt huit ans après le TGV Atlantique, se traduise par une augmentation des tarifs sur ces destinations.

 

Pour un gain de temps de 35 minutes entre Paris et Rennes et de 70 minutes entre Paris et Bordeaux, la… SUITE

Pour  relancer la construction européenne en panne soixante ans après le traité de Rome, le choix d’une Europe à plusieurs vitesses semble s’imposer.

 

Le principe des coopérations renforcées existe. Dans quels secteurs l’appliquer ?

 

A quoi ressemblerait une Europe à plusieurs vitesses ? En privilégiant cette hypothèse au sommet de Versailles du 6 mars dernier pour tenter  d’insuffler une nouvelle dynamique à la construction européenne,  les dirigeants de quatre pays de l’Union (dont trois des fondateurs de la Communauté européenne) n’ont pas encore relancé le processus, au point mort soixante ans après la signature du traité de Rome.

 

Car cette Europe « différenciée », selon le terme retenu à Versailles, existe déjà ! L’euro auquel participent 19 pays sur 27 (hors Royaume… SUITE

Il y a plus de vingt ans, Philippe Séguin présidait un groupe de travail sur « Politique et argent ».

Il dressa une liste de dispositions à prendre contre l’opacité dans le monde politique, dont l’application fut passablement édulcorée par le Parlement.

 

« D’affaires en scandales, du monde politique aux milieux économiques, la chronique est longue de ces manquements à la loi et de ces renoncements à la morale qui font les gros tirages des gazettes en même temps qu’ils alimentent le scepticisme des Français vis-à-vis de leurs élites.

 

Face à cette montée de la corruption, véritable cancer dont les effets ravageurs se diffusent à tout le tissu social, certaines mesures d’urgence ont été prises, notamment par le Parlement, qui a… SUITE

Bien que la croissance française déçoive, la Bourse de Paris se fait remarquer par le montant des dividendes versés aux actionnaires. Les meilleurs d’Europe, dans un pays qui n’a pas encore effacé la crise.

 

C’est le paradoxe de la Bourse : bien que la croissance économique en France s’est traînée autour de 1,1% en 2016 alors que le gouvernement attendait 1,4%, les entreprises cotées du CAC 40 ont été particulièrement généreuses avec leurs actionnaires. Avec plus de 54 milliards d’euros de dividendes versés selon la société Henderson Global Investors, la place de Paris flirterait même avec ses records,  alors qu’aux Etats Unis, au Royaume Uni, en Australie et dans les pays émergents, on a au contraire observé un ralentissement… SUITE

Pourquoi ce concept fourre-tout fait-il florès dans les déclarations des candidats à l’élection présidentielle ? 

 

Il révèle un rejet qu’on peu analyser sur un quart de siècle et qui s’est amplifié à cause de promesses économiques non tenues. Avec au final une stagnation du niveau de vie pour de nombreux électeurs .

 

Dans le domaine économique, les promesses non tenues sont le terreau dans lequel s’enracine l’anti-système. Les inégalités persistent ou se creusent, avec des riches plus riches et des pauvres qui tombent dans l’exclusion. L’ascenseur social est bloqué. Avec le temps, les désillusions se sont accumulées chez les électeurs déçus par les partis de gouvernement, toutes étiquettes confondues.

 

L’emploi, par exemple, n’a pas été au rendez-vous du quinquennat… SUITE

Quelle que soit l’issue judiciaire de l’affaire Fillon, députés et sénateurs vont devoir introduire plus de transparence dans l’exécution de leur mission s’ils veulent reconquérir la confiance des électeurs et revivifier la démocratie.

 

Messieurs les députés, osez la transparence ! Vous ne pouvez plus vous y soustraire. Ne serait-ce que pour démontrer à vos concitoyens votre attachement à défendre la démocratie plutôt qu’à lui planter des couteaux dans le dos. Car l’affaire Fillon n’a pu que dégrader l’impression des citoyens qui, selon le dernier baromètre politique du Cevipof de janvier dernier, ne sont plus que 45% à avoir confiance en leur député et plus que 11% à se fier encore aux partis alors que la politique leur inspire de la… SUITE

Malgré quelques améliorations au cours du dernier trimestre, l’année 2016 s’est terminée avec 17% de plus de chômeurs qu’en juin 2012, au début du mandat de François Hollande.

 

Au vu du nombre de demandeurs d’emplois enregistrés par Pôle emploi  à la fin de l’année 2016 (3,47 millions de personnes sans aucun travail, 5,47 millions en ajoutant les précaires en temps partiels), François Hollande n’aura pas de regret d’avoir renoncé à briguer un deuxième mandat. La promesse n’a pas été tenue.

 

Quant à l’ex-Premier ministre et candidat Manuel Valls, il va avoir bien du mal à revendiquer un bilan auquel il est forcément associé dans la lutte contre le chômage. Depuis juin 2012, début du mandat de François Hollande,… SUITE

La désindustrialisation est à l’origine de la tentation protectionniste dans les pays anglo-saxons qui ont initié le libre-échange et la mondialisation.

 

Après le Brexit au Royaume-Uni et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, la France est à son tour questionnée.

 

Qu’est-ce que la France partage avec  les Etats-Unis et le Royaume-Uni ? La désindustrialisation.

 

Brexit et Trumpisme

 

Aux Etats-Unis, « l’industrie manufacturière ne représentait plus que 12,2% du PIB américain en 2015, et 8 millions d’emplois ont été détruits depuis la fin des années 1970, remarque la Fabrique de l’industrie. Depuis 2000, environ un tiers des emplois industriels ont disparu dans le Michigan, la Pennsylvanie et l’Ohio ». Or, ces Etats figurent parmi les fameux Swing States… SUITE

Avec l’accumulation des transferts de compétences aux collectivités locales, le débat politique sur la hausse des effectifs de fonctionnaires territoriaux est tronqué.

 

Les fonctionnaires et le poids de la fonction publique en France sont au cœur de ce début de campagne électorale. Mais avant de pointer un doigt inquisiteur sur le nombre de fonctionnaires territoriaux qui sont un élément du débat, il conviendrait que les responsables politiques replacent l’évolution de ces effectifs dans le cadre de la décentralisation, et des transferts de compétences. Car ceux-ci impliquent pour les autorités locales d’adapter le nombre de leurs fonctionnaires aux nouvelles missions assignées aux collectivités territoriales.

 

Tout d’abord, évacuons des éléments à charge qui font florès à droite, qui sont souvent… SUITE

En coupant les ponts avec l’Union européenne, le Premier ministre britannique Theresa May risque de renvoyer son pays 45 ans en arrière.

 

Même si le Royaume Uni a manifesté le désir de rompre son ancrage à l’Union européenne, Londres ne peut contester avoir fait son beurre de son adhésion à la Communauté européenne en 1973. Sur un strict plan commercial, le rapprochement avait même été engagé bien avant cette date, du fait du tarissement des échanges avec les pays du Commonwealth qui, devenant indépendants, rompaient les amarres avec leur ancien colonisateur.

 

Alors que l’ancien empire britannique absorbait la moitié des exportations de la Grande Bretagne en 1950, il n’en représentait plus que le cinquième à la fin des années… SUITE

Les périodes pré-électorales sont propices à l’émergence de revendications que les futurs candidats auront à cœur de satisfaire.

 

Bien que leurs dossiers n’interpellent pas directement le gouvernement, les chauffeurs de VTC qui bloquent les aéroports et les autocaristes dans leur récente opération escargot, ouvrent le bal.

 

A l’occasion des fins de mandat, les groupes de pression réfléchissent toujours à réactiver leurs revendications, dans l’espoir que l’équipe sortante au pouvoir sera bienveillante à leur égard pour éviter des conflits qui nuiraient au résultat de leur écurie à la prochaine élection. C’est l’époque des concessions qui n’ont pas été accordées auparavant, des chèques en blanc dont la future équipe supportera le poids, des cadeaux fiscaux qui ponctionnent les caisses de… SUITE

La réforme des retraites des fonctionnaires fait partie des programmes de certains candidats à l’élection présidentielle, mais elle a été engagée dès 2003 et fut ensuite poursuivie.

 

Si, comme l’a démontré la primaire de la droite, l’objectif pour le prochain locataire de l’Elysée consiste à alléger le poids de la fonction publique dans la gestion de l’Etat, la réduction du nombre de postes de fonctionnaires est l’une des pistes privilégiées.

 

On l’a vu avec François Fillon, vainqueur de cette primaire : il fixe un objectif de 500.000 postes en moins sur un quinquennat, soit près de 10% des 5,4 millions d’agents publics, fonctionnaires ou titulaires, qui représentent 20% de l’emploi total en France (soit, selon l’OCDE sur la… SUITE

Enjeu politique à l’approche de l’élection présidentielle, le déficit de la Sécurité sociale pose avant tout un problème économique auquel il convient de restituer sa réelle dimension. 

 

En 2016, les pertes de la Sécu ne représentent que 1 à 1,5% des dépenses, selon le périmètre considéré.

 

Que penser d’une communication politique qui, un jour, prône des remises en question radicales pour manifester un engagement sans faille auprès des militants les plus engagés, avant le lendemain d’édulcorer le projet afin de ratisser plus large et rassembler des électeurs bien au-delà d’un noyau dur ? Ce fut celle de François Fillon qui, après avoir voulu se démarquer de ses adversaires à la primaire de la droite sur la base d’une réforme… SUITE

Le recrutement de l’ancien président de la Commission européenne par une banque d’affaires à la réputation transgressive ne peut qu’accroître la défiance des citoyens envers les institutions de l’Union.

 

Avant même que l’arrivée de José Manuel Barroso au sein de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs ne fut rendue publique début juillet, l’ancien président de la Commission européenne était affublée d’une image peu flatteuse.

 

Ex-Premier ministre portugais, il était peu connu lorsqu’il brigua un premier mandat en 2004. On le présentait déjà comme « un candidat par défaut ». Pour réenchanter l’Europe, c’était plutôt mal parti. Les craintes se confirmèrent notamment lorsque la crise économique éclata. La première Commission de José Manuel Barroso fut alors jugée particulièrement atone et absent.… SUITE

Avec les deux points supplémentaires de TVA, François Fillon remet à plat le financement de la protection sociale en l’adossant à une large assiette fiscale pour réduire les charges sur le travail.

 

Et revoilà la TVA sociale ! Même si elle ne dit pas son nom, l’augmentation de deux points de la taxe sur la valeur ajoutée, qui passe de 20 à 22% dans le programme économique de François Fillon, vise clairement à compenser une baisse des charges sociales acquittées aussi bien par les entreprises que par les salariés.

 

Au total, sur la base des recettes de TVA de 198 milliards d’euros en 2015 (soit 51% des recettes fiscales de l’Etat) et considérant que l’augmentation ne porterait que sur … SUITE

guerillero

FILLON, LA SUITE. Le candidat Les Républicains se maintient. Nul doute que s'il accède à l'Elysée, personne ne s'insurgera lorsqu'il s'attaquera aux emplois fictifs, menacera de sanctions les fraudeurs du fisc ou dénoncera le travail au noir. Bien sûr, tout le monde acceptera qu'il y ait deux poids, deux mesures. Surtout ceux qui l'ont soutenu au Trocadéro, et qui auront voté pour lui. On ne les entendra jamais se plaindre d'un traitement à deux vitesses, entre un élu qui s'arrange avec ses obligations et des citoyens à qui on demande d'être irréprochables. Ou alors, ces soutiens seraient incohérents. Mais ne serait-ce pas plutôt au chef de se montrer irréprochable pour être cohérent?

G&L

REPERES

- Population France : 66,6 millions d'habitants début 2016
(Union européenne à 28: 510,1 millions)
- Population active: 28,7 millions de personnes en 2016
- Chômeurs: 2,8 millions de personnes au sens du BIT (plus 1,5 million dans le halo du chômage) mi-2016, soit 9,9% de la population active
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.181 milliards d'euros courants en 2015 (Union européenne: 13.920 milliards d'euros, zone euro: 10.111 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 32.795 euros en 2015
- Smic mensuel brut: 1.466 euros (1.144 euros net) en 2016
- Salaire moyen brut: 2.912 euros (2.202 euros net) secteur privé
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.170 milliards d'euros fin juin 2016, soit 98,4% du PIB
- Dette par habitant: 34.476 euros
- Déficit commercial: 45,7 milliards d'euros en 2015

L’ubérisation, vecteur de précarisation

UBER, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.
Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci doivent rétrocéder à Uber une commission de 25% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.
Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.
Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.
La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.
En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.
Mais il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…
Cette mutation vers une économie numérique apparaît pourtant inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

quadri

EUROPE: TROIS ANS POUR REUSSIR LA COORDINATION FISCALE

Pierre Moscovici, Commissaire aux affaires économiques et financières et à la fiscalité, en convient : l’actuelle commission est « celle de la dernière chance pour l’Europe », concède-t-il. Or, l’équipe animée à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, président, dispose de moins de trois ans avant les prochaines élections européennes pour mettre en échec les partis eurosceptiques qui gagnent du terrain dans de nombreux pays comme en Grande Bretagne. Un compte à rebours très serré.
Dans l’intervalle, les élections nationales seront des tests déterminants : « En France, l’élection présidentielle sera un référendum sur l’Europe », a commenté l’ex-ministre français de l’Economie en faisant allusion à la percée du Front national dans les sondages.
Dans ces conditions, la coordination fiscale en Europe devient un enjeu capital. Ce fut une des pistes privilégiées par François Hollande au lendemain du référendum britannique pour repousser le risque d’une dislocation de l’Union. « Il s’agit d’abord d’en finir avec des distorsions de concurrence en commençant par l’impôt sur les sociétés », avait-il déclaré. Si l’Union ne doit être qu’une auberge espagnole dans laquelle chaque membre tire la couverture à lui en s’affranchissant des règles collectives, c’est tout le principe de la construction européenne qui est remis en question.
La Commission est coupable d’avoir laissé en déshérence le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). A défaut d’une harmonisation des taux, ce mécanisme pourrait s’avérer efficace pour lutter contre le transfert de bénéfices et les pratiques fiscales abusives utilisées par les entreprises au sein de l’Union.
La Commission en avait émis le principe dès 2001. Et depuis, on n’avait assisté qu’à des tergiversations notamment de la part des Etats membres pour utiliser les travaux du groupe de travail devant plancher sur le sujet. Malgré tout en 2011 – soit dix ans plus tard – la Commission présentait un projet. Qui, lui aussi, dut finir au fond d’un tiroir.
Dans un contexte marqué par le Brexit, Pierre Moscovici se déclare déterminé à relancer le projet ACCIS sur la coordination des assiettes fiscales en Europe. La Commission va devoir progresser sur ce projet avec des Etats toujours soucieux de leur souveraineté en matière de politique budgétaire. Les écueils seront nombreux. Et surtout, elle doit avancer très vite pour que, en 2019 avant les élections au Parlement européen, les tenants de l’Union européenne puissent présenter de résultats concrets et pas seulement des montages abstraits pour tenir les eurosceptiques en échec. Afin de ne pas voir un Parlement gagné par… les adversaires de l’Union.

DSC_0367

LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) , a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions a atteint 1,9% cette année-là pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
L'économie française subit l’une des plus fortes corrections alors que croissance est trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieure de 30% pour l’Allemagne.
On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. Pire: lorsqu’on s’intéresse au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la Banque mondiale. Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.
Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.
Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.
Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).
Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.
Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !
Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

mars 2017
L Ma Me J V S D
« fév    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  
491