Temps de travail : pas touche à mes RTT 

Temps de travail : pas touche à mes RTT 

Les salariés considèrent les jours de RTT comme un droit acquis, mais ils sont une des conséquences des lois Aubry sur la réduction du temps de travail.   Qu’en advient-il en ...

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Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Taxe sur les transactions financières : un outil pour réduire l’immigration

Plutôt que d’en retarder sans cesse la mise en œuvre, une taxe sur les transactions financières permettrait d’aider les pays les plus pauvres à retenir les migrants, dans une forme ...

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Cavanna, entre coups de gueule et tendresse

Cavanna, entre coups de gueule et tendresse

François Cavanna réinventa avec Hara Kiri l’information satirique et vint à l’écriture presque par hasard. Il en reste un magazine culte et une œuvre de quelque soixante dix titres.   Amoureux ...

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Loi Travail, le contre-exemple d’une concertation bien menée

Loi Travail, le contre-exemple d’une concertation bien menée

François Hollande voulait réformer sur la base de la concertation.   Avec le projet de loi Travail, la négociation a eu lieu après la présentation du projet et la menace par ...

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Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Chômage : sur le quinquennat de Hollande, la progression sera indélébile

Pour revenir à la situation de mi-2012, il faudrait que le nombre de chômeurs baisse d’un quart en un an. Impossible, même avec un plan massif pour l’emploi, bien tardif mais ...

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Migrations : la xénophobie profite de l’inertie de l’Europe

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Les flux migratoires augmentent, mais le véritable problème provient de l’immobilisme européen pour mettre en place des solutions d’intégration adaptées à l’immigration moderne.   Les réponses nationales ne sont plus à ...

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Face aux fanatismes religieux, la panne d’ascenseur social coûte cher aux démocraties

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Lorsque la mobilité sociale ne fonctionne plus, c’est la démocratie qui est en danger.   Ce blocage favorise la fermentation de la radicalisation.   Les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés  pour ...

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Insertion sociale : briser la solitude des vieux

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On vit de plus en plus vieux, mais on vieillit de plus en plus seul.   La société doit s’adapter pour offrir une plus grande autonomie aux personnes âgées et entretenir ...

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Croissance mondiale: il existe un prix politique du baril, plus élevé qu’aujourd’hui

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Des cours trop bas du pétrole ne sont pas, à terme, un moteur pour la croissance mondiale.   Les enjeux géopolitiques peuvent prendre le pas sur les logiques économiques. Combien de ...

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« Panama papers » : un camouflet pour les services fiscaux

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Pourquoi les experts des services fiscaux échouent-ils face à une fraude que la presse internationale révèle ?   La presse internationale est-elle devenue plus efficace que tous les experts des services fiscaux des ...

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Chômeurs de longue durée, l’inaccessible formation

Chômeurs de longue durée, l’inaccessible formation

Le gouvernement veut individualiser l’aide à la formation pour lutter contre le chômage de longue durée. Mais les précédents systèmes fondés sur les mêmes principes n’ont pas atteint leurs objectifs.   ...

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Emploi: le CDI n’est pas le principal frein à l’embauche

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Un CDI sur trois ne dépasse pas un an, un sur deux n’atteint pas trois ans.   Sa rigidité a déjà été entamée, d’autant que les entreprises qui ne veulent s’engager ...

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Leny Escudero, un poète en résistance

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Entre son premier disque qui fut un succès et son dernier Olympia qui en fut un autre, Leny Escudero mena une carrière qui dura 45 ans. Une longue amourette avec ...

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Wolinski, pour ne pas mourir idiot

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L’humoriste et caricaturiste de presse qui fut peut-être le plus populaire de sa génération en France, a péri dans l’attentat contre Charlie Hebdo.   Lui qui se méfiait des certitudes et ...

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Face aux enjeux au Moyen Orient, les contradictions économiques de l’Occident

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Le poids du fait religieux au Moyen Orient a longtemps été minoré par l’Occident qui a surtout vu des intérêts économiques dans les enjeux géopolitiques régionaux.   Aujourd’hui, l’insécurité créée localement ...

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Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, commente la loi Sapin 2 au moment où les autorités anti-corruption du monde entier sont réunies à Paris.

 

« Nous sommes allés au bout de tout ce que nous voulions faire à ce stade », estime-t-il.

 

Les lanceurs d’alerte vont-ils être vraiment mieux protégés ? C’est l’objectif d’un des volets du projet de loi Sapin 2, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale et dont le Sénat doit se saisir début juillet. Mais bien que le texte instaure un dispositif d’accompagnement et de protection, il est critiqué par les ONG qui considèrent que, en l’état, il ne protège pas tous les lanceurs d’alerte, et notamment ceux qui dénoncent une menace ou un préjudice… SUITE

Le taux de syndicalisation en France est quasiment le plus faible des pays européens.

 

En travaillant au plus près du terrain sur les accords d’entreprises, les syndicats pourraient recréer une dynamique d’adhésion.

 

Bien qu’un certain nombre de syndicats, CGT et FO en tête, se dressent contre l’adoption de la loi Travail, celle-ci serait pourtant de nature à mettre fin au paradoxe français qui tient au faible taux de syndicalisation en France rapporté à la capacité de mobilisation des fédérations.

 

Peu d’adhésions mais une forte capacité de mobilisation

 

Alors que les accords conventionnels négociés par les syndicats couvrent plus de 90% des salariés, la France est quasiment le pays où le taux de syndicalisation est le plus… SUITE

Même si la courbe du chômage s’inverse, le recul de l’attractivité de la France pénalise la création d’emplois.

 

Dommage. C’est lorsque l’Insee fait état de statistiques plutôt encourageantes pour l’économie française que les mouvements sociaux risquent de porter un coup d’arrêt au mouvement ainsi amorcé.

 

Des indicateurs qui virent au vert pâle

 

Pas de surprise, toutefois : selon les comptes de la nation pour 2015, la croissance du PIB est confirmée à 1,3% seulement (deux fois plus qu’en 2014 néanmoins). Mais le pouvoir d’achat des ménages a augmenté l’an dernier alors qu’il reculait depuis plusieurs années, confirmant s’il en était besoin que lorsque les entreprises produisent plus, les ménages en touchent les dividendes.

 

Plus intéressantes, les… SUITE

En contournant Guillaume Pépy pour négocier une sortie de crise avec les syndicats, le gouvernement torpille l’autorité du président de la SNCF pour préparer la libéralisation du chemin de fer à laquelle ces syndicats s’opposent.

Guillaume Pépy peut-il rester à la tête de la SNCF ? De quelle autorité peut-il encore se prévaloir pour faire évoluer l’entreprise après les propos tenus par Manuel Valls, amplifiés par ceux d’Alain Vidalies, secrétaire d’Etat aux transports ?

« M. Pépy ne peut pas avoir de problème avec le gouvernement », a rétorqué le Premier ministre à ceux qui s’étonnaient que le secrétaire d’Etat ait pu concéder aux syndicats de cheminots des dispositions contraires à celles que le patron de la SNCF voulait introduire dans le projet de… SUITE

Alors que les jeunes profitent le plus de la tendance à l’inversion du chômage, la population des seniors sans emploi commence aussi à en ressentir faiblement les effets.

 

Même timidement, la lutte contre le chômage finit par porter ses fruits. Les jeunes en sont les principaux bénéficiaires, avec un recul de 7,6%sur un an du nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans.

 

Mais avec une érosion de seulement  0,6% du nombre total d’inscrits à Pôle emploi en avril dernier par rapport à mars, l’inversion de la courbe du chômage légèrement perceptible depuis le début 2016 reste encore très fragile : par rapport à avril 2015, le reflux du nombre de chômeurs sur un an n’est encore que… SUITE

La loi Travail, même réécrite avec la CFDT, est devenue un marqueur pour les radicaux de la CGT qui veulent exhumer l’esprit de la lutte des classes.

 

Un mois de juin à haut risque se profile pour le gouvernement.

 

Quelle est la stratégie de la CGT avec le blocage de l’économie ? Passons sur le fait que certains responsables de la centrale affirment, pour ne pas se mettre à dos l’opinion publique, qu’ils ne cherchent pas à créer de la gêne pour les Français. Comprendra qui pourra… ! Mais en l’occurrence, le blocage n’est qu’un moyen. Quelle est en réalité l’objectif poursuivi par la confédération ? Le retrait sans condition de la loi Travail, affirme-t-elle après l’avoir décryptée. Mais… SUITE

Même si les préavis de grèves n’ont pas tous le même objet, ils font courir un risque de blocage de l’économie.

 

L’heure n’est plus à la pédagogie, mais à la recherche d’une solution d’apaisement.

 

La contestation sociale s’emballe. Après les grèves tous azimuts lancées à partir de cette semaine dans les transports par la CGT, FO et SUD-Rail, la CFDT et l’UNSA ont décidé à leur tour de déposer des préavis de grève reconductible à partir du 31 mai.

 

Dans le détail, les motifs sont distincts : les deux derniers syndicats cherchent seulement à exercer une pression sur les négociations qui se tiennent actuellement à propos de la future convention collective des cheminots qui concernera aussi bien la… SUITE

EDF veut être indemnisé pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.

 

Une négociation est en cours. Elle créera un précédent pour d’autres fermetures à venir.

 

Le flou entretenu par le gouvernement ne favorise pas une gestion rationnelle.

 

A quelle hauteur l’Etat devra-t-il indemniser EDF pour l’arrêt définitif des deux réacteurs de Fessenheim et la fermeture de la centrale en service depuis 1977 ? La réponse constitue un passage obligé avant d’engager le processus de fermeture du site. Suite à une question de Bruno Sido, sénateur de la Haute Marne, le 27 avril dernier, Jean-Bernard Lévy, président d’EDF, a clairement indiqué que l’entreprise allait subir un « préjudice indiscutable ».

 

Le montant devra être chiffré avant… SUITE

La CGT prend la tête d’un mouvement contestataire pour marquer son retour à une ligne dure et défier la CFDT réformiste.

 

Les grèves dans les transports, d’une forte capacité de nuisance avec l’Euro et les prochaines vacances, peuvent être la première étape d’une stratégie à tiroirs.

 

C’est par les transports que certains syndicats, CGT en tête, comptent  allumer la mèche d’un mouvement de grève nationale, dans lequel seraient brassés divers types de revendications et en utilisant la toile de fond de l’Euro de football et des futurs départs en vacances pour accentuer la pression sur le gouvernement. Avec, comme éléments détonateurs, la loi Travail et le court-circuitage du débat parlementaire par le gouvernement pour l’adopter.

 

A neuf… SUITE

Le passage en force de la loi Travail permet à Manuel Valls d’éviter de vider le texte de sa substance, qu’il assume.

 

Mais la simplification du code, à l’origine du travail de réforme, est totalement hypothétique compte tenu d’un calendrier inadapté à un tel chantier en fin de mandat.

 

Voulait-on alléger le code du Travail ? Alors, c’est raté ! Et peut-être pour longtemps. Pourtant, tous les rapports remis en 2015 pour ouvrir des pistes de réforme partaient du même constat.

 

Avec ses 8.000 articles (dix fois plus qu’en 1974 !) et ses quelque 3200 pages (quatre fois plus qu’en Italie et deux fois plus qu’en Espagne), l’hypertrophie du code constitue une entrave à la fluidité du marché du travail… SUITE

Au moment où la mécanique économique semble pouvoir être relancée, la France se crispe sur de vieux antagonismes entre les salariés et les entreprises qui ont pourtant partie liée.

 

Le doute se répand, pénalisant l’investissement sur lequel repose la croissance.

 

La confiance est certainement ce qui fait le plus défaut en France pour relancer l’économie et donner un peu de chair aux propos jugés hors sol de François Hollande lorsqu’il déclare le 14 avril sur France 2  que « La France va mieux ». Car même un peu encourageantes, ce ne sont pas les statistiques du chômage et sur la croissance française qui peuvent expliquer cet optimisme jugé bien excessif.

 

Une amélioration encore fragile

 

Certes, l’Insee a indiqué… SUITE

Depuis le temps que les Etats disent vouloir s’engager dans la lutte contre l’évasion fiscale, le shadow banking n’a cessé de se développer, offrant de nouvelles opportunités de fraude et d’optimisation.

 

Au jeu des gendarmes et des voleurs, les grands brigands ont toujours une technologie d’avance sur la maréchaussée.

 

La délinquance financière en fait à nouveau la démonstration. Car elle n’a cessé de prospérer depuis quinze ans, malgré les discours récurrents des brigades financières et autres gendarmes des marchés financiers longtemps impuissants à enrayer l’évasion fiscale et à réguler les pratiques de la banque parallèle.

 

Il faut dire que les Etats eux-mêmes qui juraient la main sur le cœur vouloir lutter contre ce type de délinquance, furent… SUITE

Le PIB français a décroché par rapport à la moyenne de l’OCDE.

 

Faute de réformes, la croissance ne repart pas. Les citoyens perdent confiance, ont peur de l’avenir et bloquent les évolutions.

 

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. S’agissant de la France, il confirme notamment de réels blocages qui, au final, pénalisent chaque citoyen dans sa vie quotidienne. Ce qui mérite de s’y arrêter.

 

L’espoir se ternit pour 2016

 

De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la… SUITE

La gymnastique comptable permet d’inscrire une partie de la dette dans les fonds propres.

 

Mais l’endettement réel est plus important qu’il n’apparaît.

 

Selon le rapport financier semestriel du 30 juin 2015, l’endettement financier net d’EDF atteint 37,5 milliards d’euros. C’est, dans une interview au Journal du Dimanche, le montant repris – à 500 millions d’euros près – par Emmanuel Macron, ministre de l’Econome, pour justifier l’augmentation de capital de 4 milliards d’euros qui vient d’être décidée pour le groupe et à laquelle l’Etat participera pour 3 milliards d’euros.

 

Face à la fragilité financière du groupe maintes fois soulignée notamment par la Cour des comptes, l’Etat a même bien trop tardé à tenir son rôle… SUITE

Le volet nucléaire de la programmation énergétique n’est toujours pas finalisé.

 

L’objectif de François Hollande pour réduire la dépendance à l’atome était devenu matériellement inaccessible. Les décisions sont reportées, la promesse ne sera pas tenue.

 

L’annonce, le 6 avril par la ministre de l’Energie Ségolène Royal, du report de la partie de la programmation pluriannuelle de l’énergie consacrée au nucléaire, a confirmé l’analyse de tous ceux qui jugeaient inaccessible l’objectif de 50% d’électricité d’origine nucléaire en 2025, voulu par François Hollande pour se rapprocher des écologistes. En reportant les arbitrages, l’ambition de départ se dégonfle.

 

Certes, cet objectif est inscrit dans la loi de transition énergétique d’août 2015. Mais pour l’instant, dans le cas d’ici là… SUITE

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G&L

REPERES

- Population France : 66,3 millions d'habitants début 2015
(Union européenne à 28: 508,2 millions)
- Population active: 28,6 millions de personnes en 2015
- Chômeurs: 3,57 millions de personnes (5,44 millions en demande d'emploi et recherche active) fin 2015
- Produit intérieur brut (PIB) France: 2.132 milliards d'euros courants en 2014 (Union européenne: 13.944 milliards d'euros, zone euro: 9.618 milliards d'euros)
- PIB par habitant: 28.360 euros en 2014 (Union européenne: 27.340 euros, zone euro: 29.050)
- Smic mensuel brut: 1.466 euros
- Salaire moyen net: 2.154 euros
- Salaire médian : 1.730 euros
- Dette publique France : 2.105 milliards d'euros fin juin 2015, soit 97,6% du PIB
- Dette par habitant: 30.727 euros
- Déficit commercial: 57,6 milliards d'euros en 2014

L’ubérisation de l’économie, vecteur de précarisation

L'UBERISATION DE L'ECONOMIE, VECTEUR DE PRECARITE

Les chauffeurs Uber en colère en font l’expérience : le modèle économique développé par l’entreprise californienne n’est pas fondé sur le partage, mais sur la précarisation.

Pour concurrencer les taxis en utilisant la plateforme technologique qui permet aux clients de se mettre en relation avec les chauffeurs de VTC, ceux-ci acceptent qu’Uber prélève une commission de 20% sur le prix de leurs courses… sans avoir la liberté de fixer leurs tarifs et en héritant de toutes les contraintes.

Même si l’entreprise présente abusivement les chauffeurs comme des partenaires, elle développe un modèle dans lequel elle se libère de la prise en charge des coûts d’exploitation des véhicules et de toutes les charges sociales des conducteurs, décidant de la politique commerciale sans en subir les effets. En quelque sorte, l’équivalent d’une entreprise sans usine avec seulement un centre de recherche et un service marketing, utilisant uniquement des sous-traitants captifs : un vieux rêve d’exploitation capitaliste, aux antipodes d’un système collaboratif.

Le soi-disant miracle économique de « l’uberisation » n’est rien d’autre, dans ce cas précis, qu’une dérive bien connue accommodée à la sauce numérique.

La problématique posée par l’uberisation de l’économie implique de profondes remises en question. Sous l’effet de la révolution numérique, la multiplication de plateformes collaboratives grâce auxquelles le consommateur devient aussi fournisseur de services, est à l’origine d’une d’économie nouvelle. Depuis le covoiturage jusqu’au financement participatif pour des projets de toutes tailles, en passant par la location de logements de particuliers ou la vente de produits agricoles. Toute une économie qui échappe en partie aux prélèvements fiscaux et aux cotisations sociales.

En bout de course avec l’extension du phénomène, la révolution numérique mise au service de l’économie du partage débouchent sur un manque à gagner pour l’Etat, fragilisant l’équilibre des systèmes actuels de redistribution et de protection sociale déjà malmenés.

Et tout cela sans forcément créer de l’emploi, au contraire.

D’autres professions sont aussi confrontées à cette réalité, comme l’hôtellerie dont les tarifs ne peuvent rivaliser avec ceux de particuliers qui s’organisent pour proposer des hébergements. Les chiffres d’affaires en pâtissent, avec des conséquences immédiates sur les créations d’emplois. Avec des formules du type Airbnb, les consommateurs profitent de nouvelles opportunités à moindre coût et les loueurs y puisent un complément de revenu; il n’est pas certain que l’économie d’un pays y gagne à tous les coups.

En outre, il n’existe pas de remèdes miracles pour réduire les coûts. On le voit dans le cas des taxis : les baisses de tarifs dont profitent les clients ne deviennent possibles que par le biais d’une plus grande flexibilité du travail associée à une plus grande précarisation des chauffeurs contraints d’accepter des baisses de revenus. Les argumentaires peuvent vouloir démontrer le contraire, il n’en demeure pas moins vrai que, une fois compressés les coûts de structure et les charges sociales, c’est sur les rémunérations que des économies sont trouvées…

Cette mutation vers une économie collaborative apparaît ainsi inéluctable. Le rôle des pouvoirs publics consiste à l’intégrer en douceur pour que le système, ébranlé, puisse s’adapter progressivement, afin d'éviter des déchirures dans le tissu social. Le défi n’est plus technologique, mais culturel.

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LE DECROCHAGE DE L'ECONOMIE FRANCAISE EST-IL IRREVERSIBLE?

Certes, un PIB ne fait pas rêver. Mais il peut faire réfléchir, car son évolution est aussi une photographie d’une économie. De 2.134 milliards d’euros en 2014 selon l’Insee, la totalité des biens et services produits sur le territoire français a progressé de 1,1% en 2015. C’est moins que pour l’ensemble de la zone euro qui, selon le Fonds monétaire international (FMI) dans ses perspectives de l’économie mondiale rendues public le 12 avril, a connu une croissance de 1,6%. Si on considère que la hausse des productions l’an dernier a atteint 1,9% pour le peloton des pays avancés, la France est décrochée.
On pourrait considérer qu’il s’agit là d’un trou d’air dans lequel l’Italie et le Japon sont aussi emportés. Mais ce n’est pas le cas. Alors que le Royaume Uni doit conserver en 2016 une croissance de 1,9% et l’Allemagne de 1,5%, la France ne devrait pas décoller. Il est vrai que, dans ses prévisions d’avril, le FMI a revu en baisse ses prévisions pour tous les pays.
Mais par rapport à octobre 2015, la France est un des pays qui subit l’une des plus fortes corrections alors que les projections pour 2016 demeurent trois fois plus élevées pour la Suède, près de deux fois pour la Grande Bretagne et supérieures de 30% pour l’Allemagne.
Tous ces pourcentages décortiqués au dixième de point près restent bien abstraits. Pourquoi leur conférer une telle importance ? Quelle importance que le Royaume-Uni conforte sa place de cinquième puissance mondiale devant la France ? Quelle importance, même si la France pointait encore au quatrième rang à la fin du siècle dernier ? On peut établir une relation directe entre ces agrégats et les niveaux de vie. C’est d’ailleurs pour permettre des comparaisons qui tiennent mieux compte des conditions d’existence des individus que le FMI et la Banque mondiale ont mis au point une autre forme d’évaluation des PIB « corrigés des parités de pouvoir d’achat » (PPA), ce qui contribue à neutraliser l’effet des taux de change dans ces comparaisons.
Selon cette approche, la France n’apparait plus qu’au huitième rang, selon la Banque mondiale dans ses évaluations pour 2014. Et lorsqu’on s’intéresse, cette fois au PIB par habitant exprimé en PPA, la France ne pointait plus qu’au 24e rang en 2014 selon les statistiques établies par la même institution.
Et si on se focalise sur l’Europe, la Banque de France montre que le PIB français par habitant en PPA est à peine au niveau de la moyenne de la zone euro, et n’arrivait qu’au 11e rang en 2014 de l’ensemble des membres de l’Union européenne.
Ce n’est pas une surprise : le ministère de l’Economie constate que le PIB français décroche depuis 40 ans avec une progression par habitant inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE. Les statistiques et les classements montrent que la progression de la production de richesses en France est moins soutenue que dans nombre d’autres pays. Ce qui impacte très directement l’évolution des conditions de vie des Français.

retraité ou chômeur

PRIVILEGIES, LES RETRAITES?

Il serait impossible ici d’examiner en détail les 35 régimes de retraite qui existent en France compte tenu des différences à l’origine de l’opacité du système. On s’en tiendra donc à la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, gérée par la Caisse nationale d’assurance et qui représente plus de la moitié (54%) du total des retraites servies en France. Soit, en 2012, 101,5 milliards d’euros de prestations versées à 13,2 millions de retraités, pour un déficit de 4,79 milliards d’euros de ce seul régime.

Un rappel, déjà : lorsque toutes les conditions, d’âge et de durée de cotisation, sont remplies pour toucher une retraite à taux plein, le montant de la pension au régime général du secteur privé est fixé à 50% du salaire annuel moyen calculé sur les 25 meilleures années d’une carrière. Autrement dit, dans la plupart des cas, moins de la moitié des derniers salaires.

Mais, pour la retraite de la CNAV, il existe un plafond : le salaire pris en compte dans le calcul ne peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale, soit actuellement 3.086 euros. De sorte que la retraite de base de la Sécu est elle-même plafonnée, actuellement à 1.543 euros par mois. Quel que soit le salaire de référence.

Encore s’agit-il d’un montant brut. En net, on tombe à quelque 1.350 euros. Pas de quoi bambocher, une fois déduites les dépenses contraintes de logement, d’alimentation, d’énergie et de téléphone.

Et tout le monde n’est pas à ce plafond, qui suppose un salaire supérieur à la moyenne française. Rappelons que le salaire moyen d’un actif, aujourd’hui, se monte à 2.438 euros selon la Caisse nationale des Urssaf (Acoss).

Des spécialistes préfèrent se référer au salaire médian, évalué à 1.675 euros en 2010 d’après les dernières statistiques de l’Insee sur le sujet. Dans les deux cas, on comprend qu’un grand nombre de pensions de « Français moyens » une fois en retraite sont loin d’atteindre le plafond.

Ainsi, le montant moyen des pensions au régime général, pour des carrières complètes, s’est élevé en 2012 à 1.040 euros, précise la CNAV. Soit aux deux tiers du plafond. Gare aux fins de mois !

Mais puisqu’il s’agit d’une moyenne, de nombreux retraités touchent des pensions moins élevées. Ils sont même plus de 420.000 à se situer en-dessous des 787 euros par mois du minimum vieillesse pour une personne seule et 1.222 euros pour un couple de retraités, et à toucher l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) pour revenir à ces niveaux. On est bien loin, pour toutes ces personnes, de l’image de « nantis » parfois colportée.

quadri

LE CHOMAGE DE TRES LONGUE DUREE DERAPE, L'EXCLUSION PROGRESSE

Entre août 2008 et août 2009, un an après le début de la crise bancaire, le nombre des chômeurs de très longue durée était passé de 272.000 à 282.000, soit dix mille personnes de plus recensées comme demandeurs d’emploi de plus de trois ans. Ils représentaient alors 7,6% de l’ensemble des chômeurs des catégories A, B et C (chômeurs sans aucun emploi ou en situation professionnelle précaire) en France métropolitaine.

Depuis, la situation n’a cessé de se dégrader. Entre août 2013 et août 2014, le nombre de ces chômeurs de très longue durée est passé de 560.000 à 660.000, soit 100.000 personne de plus. Non seulement cette population a plus que doublé en cinq ans, mais surtout, la progression sur un an a été multipliée par dix !

Et les dernières statistiques montrent que l’emballement se poursuit: cette population portait sur 810.000 personnes fin 2015!

De sorte que ce sont maintenant 15% des demandeurs d’emploi sans aucune activité ou avec une activité réduite, qui sont éloignés du travail depuis trois ans ou plus. Une personne sur sept incrites à Pôle Emploi!

juin 2016
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